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ADX - Ultimatum (2014)
Par DARK SCHNEIDER le 7 Avril 2014          Consultée 5579 fois

Exsangue, tel un fantassin éventré par un coup de baïonnette, gisant dans un fossé, c'est sur cette impression que nous avait laissée les vaillants ADX en 2011, après un piètre "Immortel" (qui portait alors bien mal son nom) et une série de coups du sort (un label à la rue, Dog, le batteur, en proie à des problèmes de santé, peu de concerts...). Il y avait quand même de quoi s’interroger quant à l’avenir du groupe. ADX, un des plus beaux représentants de la division métallique française, le fer de lance de sa branche traditionnelle, allait-il s'en remettre ?
C’est donc cet "Ultimatum" qui a la charge de nous donner une réponse. Et d’ailleurs, à qui s'adresse donc l’ultimatum dont il est question ? Il y a fort à parier qu'il s'adresse au groupe lui-même, conscient que l’échec artistique n’est pas une option envisageable. Les Picards sont sommés de reprendre les armes et de reconquérir leur crédibilité qui s’est étiolée avec "Immortel".

Rien qu’en regardant la superbe pochette, on sent que le groupe place la barre très haute. Nos yeux sont flattés par cette œuvre à l’ancienne, qui nous change agréablement des photomontages et autres réalisations informatiques qui plombent les visuels actuels. La fameuse guillotine est plus que jamais mise en avant, on retrouvera également la sorcière à l’affût, on nous promet donc un retour vers le Heavy Speed tranchant des débuts ! Et ce n'est pas une vaine promesse car "Ultimatum" s’inscrit effectivement sans broncher dans la continuité du sublime "Suprématie", ni plus ni moins.

C’en est donc terminé des tentatives de modernisation qui animent le groupe depuis "Résurrection". "Ultimatum" est entièrement tourné vers le passé, à tous les niveaux : musique, textes, production, tout fleur bon le Speed Metal des origines.
Le Speed à l’ancienne est donc à l’honneur. Mélodiques, ciselés, incisifs : on retrouvera ici les fameux riffs techniques et directs à la "Déesse du Crime", marque de fabrique du groupe. ADX n’oublie pas non plus d’y caser quelques mid-tempi puissants, et même une power ballade ("Les Cœurs Éteints") qui est la seule innovation (légère) de cet album. Mais reprendre les recettes du passé peut souvent être synonyme de prise de risque tant le résultat risque d’être poussif et peu inspiré : les musiciens ayant vieilli, on sait que souvent dans ces cas-là l’inspiration et la hargne des débuts se sont dissipées. Mais ADX va échapper à cela, notamment grâce à une production vintage, très claire, dans la lignée de celle de "La Terreur" et de "Suprématie", les amateurs de gros son passeront leur chemin mais les fans du groupe seront ravis. Ouf ! le massacre sonore de "Immortel" nous est épargné.

On extraira trois petits chefs d’œuvre évidents de ce nouveau fait d’armes.
"Commando Suicide", un titre de Speed Metal parfaitement calibré, au refrain simplissime et immédiatement chantant, une réussite à placer aux côtés des classiques du groupe, les plus speeds et directs, qui réitère ce qu’avait réussi le morceau "Division Blindée" en son temps.
"Red Cap", morceau épique, long, à la rythmique très intense et aux paroles qui nous font voyager dans l’imaginaire du folklore britannique, le sommet de l’album, sur lequel on retrouve enfin des parties de lead guitares mélodiques qui servent les émotions.
Enfin, "Divine Menace", qui porte bien son nom, marie savamment Speed à tonalité épique et breaks suscitant le mysticisme des paroles.

Ces trois morceaux ne se contentent pas de nous rassurer sur la santé du groupe, ils s’imposent en tant que nouveaux standards. Et surtout la force de "Ultimatum", c’est d’être un album sans faiblesse. Tout y est bon (avec une mention spéciale pour le Napoléonien "Le Dernier Carré"), faisant de "Ultimatum" un disque plus homogène que "Division Blindée" et donc tout simplement leur meilleur depuis "Suprématie" !

Comment le groupe est-il parvenu à un résultat aussi positif ? En travaillant dans de bonnes conditions et en peaufinant son œuvre, tout simplement, il n’y a pas de secret. Ainsi, Betov et BY, s’ils ne parviennent tout de même pas à retrouver tout l’élan et l’inspiration de l’époque où Marquis officiait à la place de BY, semblent ici bien plus en alchimie que sur "Immortel", ou leurs soli avaient trop souvent tendance à être plaqués artificiellement. Mais c’est surtout Phil qui mérite d’être salué ! Car c’est lui qui fait sur "Ultimatum" un comeback retentissant : on sent qu’il a bossé dur pour cet album et le résultat en valait vraiment la peine. Il n’avait pas aussi bien chanté depuis "Weird Visions", et c’est donc un véritable bonheur de le réentendre à un tel niveau, faisant mentir le poids des ans. Sa performance sur "Red Cap" est à marquer d'une pierre blanche.
Une performance vocale qui se devait d’être de ce niveau afin d’être à la hauteur de textes revisitant le passé et les légendes de la France et même d’autres contrées (le formidable "Red Cap" notamment), ou abordant des thèmes intemporels ou fantastiques. C’est le retour du ADX qui se fait conteur et qui nous embarque dans ses histoires… et qui se réapproprie également une fois de plus son propre passé discographique en se fendant aussi d’une version française réenregistrée du titre "King Of Pain", paru à l’origine sur le seul album en anglais de groupe, "Weird Visions".

Les musiciens d’ADX sont désormais comme les légionnaires Triarii de l’armée romaine sous la République : des vétérans qui font figure de guerriers d’élites, que l’on envoie combattre en dernier recours, en somme, de véritables garants de la survie de tout un État. Car au vu de leur âge (dont la moyenne s’est tout de même abaissée grâce à l’arrivée d’un nouveau bassiste), de leur expérience, et de la qualité de ce nouvel opus, les gars s’imposent comme des protecteurs de toute la scène Heavy traditionnelle française (et même de la toute scène Metal française en général), et ne peuvent que susciter un immense respect, celui que l’on doit à nos aînés.

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- Phil Grelaud (chant)
- Pascal 'betov' (guitares)
- Bernard-yves 'by' Quéruel (guitares)
- Julien Rousseau (basse)
- Didier 'dog' Bouchard (batterie)


1. Ultimatum (intro)
2. Commando Suicide
3. Paracelse
4. Red Cap
5. Le Brave Des Braves
6. 1572
7. Le Dernier Carré
8. La Caresse Du Tyran
9. Les Coeurs éteints
10. Divine Menace
11. King Of Pain



             



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