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HARD BLUES NEOCLASSIQUE  |  STUDIO

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Yngwie MALMSTEEN - Blue Lightning (2019)
Par DARK SCHNEIDER le 18 Avril 2019          Consultée 2181 fois

Malmsteen aime le Blues. Ce n'est pas nouveau, combien de fois le Suédois a t-il clamé que tout a commencé pour lui lorsqu'il vit Hendrix à la télé, le jour de son décès ? Son apprentissage de la guitare il l'a abordé dans un premier temps comme pratiquement tous les guitaristes électriques : par le Blues et ses fameuses gammes pentatoniques. J'ai toujours aimé le discours de Malmsteen à ce sujet, parfois interrogé par des personnes qui pensent qu'il s'est mis à débouler des notes à la vitesse du son du jour au lendemain : avant d'apprendre à courir il faut apprendre à marcher. À la guitare c'est pareil. MALMSTEEN n'a jamais oublié ses racines, le Blues s'est depuis longtemps immiscé dans son répertoire, mais toujours un Blues très Rock, très musclé, Hendrix n'ayant pas de secret pour lui. Cela fait des années qu'on le sollicite pour faire un album axé sur ce style, et ça se comprend. On se souvient notamment des tueries qu'étaient "Baroque And Roll" (sur "Attack") et "Cherokee Warrior" (sur "Unleash The Fury"), pourquoi ne pas persévérer dans ce genre ?

Surtout que le virtuose était bien à la peine ces dernières années. Sa démarche guitaristique désormais totalement axée sur l'improvisation à 100% s'est révélée vite limitée dans son style néo-classique. Il faut dire qu'improvisation et musique classique c'est quand même antinomique à la base. Ca peut fonctionner du moment que les improvisations sont posées sur des compos solides, ce qui n'est clairement plus le cas depuis longtemps. Les nombreux petits instrus qui émaillent "World On Fire" en étaient une parfaite illustration : Malmsteen donnait l'impression de s'être transformé en guitariste YouTubeur, vous savez, ces mecs qui passent leur temps à enregistrer des impros sur des backing-tracks créés par d'autres, afin de montrer leurs compétences. C'est un exercice qui peut s'avérer utile pour l'apprentissage, mais en aucun cas quelque chose que l'on attend sur un album. Mais sur une base Blues, l'exercice est beaucoup plus pertinent, puisque intrinsèque au style. Donc l'orientation de ce "Blue Lightning", je valide.

Qu'avons-nous donc au menu ? Une majorité de reprises. Impossible de ne pas penser à l'album "Inspiration" de 1996, qui était d'ailleurs tout à fait excellent. Mais l'approche est différente, "Inspiration" prenait une direction franchement Metal (produit par Chris Tsangarides à l'époque), ce qui n'est pas le cas ici, surtout que le chant est de nouveau entièrement assuré par notre guitariste en chef. Et la meilleure illustration de cette différence est logiquement la nouvelle réinterprétation de "Demon Eyes" de DEEP PURPLE. Curieux de reprendre une nouvelle fois ce titre, mais Yngwie il l'adore ce morceau (il a découvert Blackmore avec "Fireball"), et il n'était pas totalement satisfait de la version de "Inspiration", enregistrée dans une autre tonalité. Et effectivement sur cette seconde relecture on constate que le touché de guitare est plus bluesy bien sûr, le son plus vintage dans l'approche (pour ne pas dire artisanal...), et le chant y apporte un feeling vocal totalement différent. À chacun de choisir sa version préférée, mais celle présente sur ce "Blue Lightning" n'est en aucun cas ni inutile ni mauvaise. Cet album n'est pas un "Inspiration" bis, loin de là.

Évidemment, MALMSTEEN reste fidèle à lui-même. L'homme a toujours tout fait en imposant son style, sa patte caractéristique. Ainsi quand il consacre un album au Blues, on sait très bien qu'il ne faut pas s'attendre à du Blues joué à deux à l'heure, avec des notes distillées avec parcimonie, insistant bien sur les silences, car "silence is music" comme disait l'autre (foutaises !), où le "feeling" est sacro-saint (re-foutaises : toutes les musiques ont du feeling). Non, le déluge de notes est bien présent et notre disciple de PAGANINI ne se fait pas avare en plans néoclassiques balancés entre deux phrasés bluesy ou pour introduire une reprise qui n'a ensuite rien à voir. Et je dis tant mieux ! On remarquera aussi que le choix des reprises est plus surprenant qu'il n'en a l'air, notamment ce "Blue Jean Blues" de ZZ TOP, qui est quand même une ballade Blues très lente à la base : Yngwie fait preuve dessus d'une certaine retenue (toutes proportions gardées). Il l'affirme d'ailleurs lui-même : il s'agit du seul vrai morceau Blues sur cet album, avec "Sun's Up Top's Down". Et que dire de ce fameux titre des BEATLES, "While My Guitar Gently Weeps" ? les BEATLES ne sont pas vraiment connus pour leur solos de guitares, mais ce titre en contient un d'Eric Clapton, cependant on est encore très loin des exploits héroïques d'un Hendrix. Ce qui prouve bien que notre Suédois ne se focalise pas uniquement sur la virtuosité guitaristique, mais est aussi un amateur de grandes mélodies et de progressions d'accords qui font leur effet, pour ceux qui en doutaient. Cette reprise ne fera bien sûr pas que des heureux. Idem pour "Forever Man" (de CLAPTON d'ailleurs), un titre absolument pas axé lead guitar non plus à la base.

Les deux reprises d'HENDRIX sont par contre peu surprenantes. Ces titres il les joue depuis toujours, et notamment en live. Bien qu'il soit évidemment très à l'aise dessus, on aurait peut-être préféré qu'il s'attaque au registre d'un autre guitariste. Et puis la façon dont il rallonge la sauce sur "Foxey Lady" n'apporte vraiment rien... En revanche, ça passe pour "Smoke On The Water", aussi célèbre soit ce titre, son riff est bien loin d'être aussi simple à reprendre qu'il ne paraît, tant l'attaque des cordes a son importance. MALMSTEEN y impose à nouveau sa patte, rallonge le solo en l'agrémentant de quelques fioritures, tout en ne délayant pas trop son discours. "Paint It Black" des STONES est encore plus casse-gueule et ne fera pas plus l'unanimité, même si cette interprétation n'est en tout cas pas plus mauvaise ni moins pertinente que les très nombreuses versions Hard Rock déjà réalisées.

"Blue Lightning" contient aussi quatre titres originaux. Après toutes ces années de disette, il était inenvisageable de croire que MALMSTEEN retrouverait tout son talent créatif. Ainsi, les deux compositions chantées n'apportent vraiment pas grand-chose, à part un sourire en coin surtout en visionnant le clip de "Sun's Up Top's Down" durant lequel notre modeste guitariste se complaît à nous faire partager sa passion favorite : conduire sa Ferrari le long de Miami Beach.. Le problème c'est qu'on s'en fout de sa vie, surtout quand le morceau en question ne casse pas des briques. Le title track est à peine mieux sur le plan de la composition, mais il y croit tellement le père Yngwie que son enthousiame en devient communicatif. Plus heureux sont les instrus, seulement deux donc, et dans le genre Boogie Rock nerveux passé à la moulinette du shred suédois "1911 Strut" déboîte bien. "Peace, Please" renoue nettement avec le neoclassique habituel, façon ballade, mais toujours quand même avec de petites touches bluesy qui le distinguent de ce que le Suédois nous proposait ces dernières années. Pas mal, pas mal.

Une fois de plus, MALMSTEEN s'occupe de tous les instruments. Vocalement, il est très à l'aise, sa voix passe vraiment bien sur les reprises de CLAPTON ou ZZ TOP qui sont assez proches de son style. Il se montre également relativement intéressant à la basse : il a un vrai jeu de bassiste à part entière.

Le gros point noir de cet album reste cependant ce qui pénalise l'artiste depuis trop longtemps : cette manie d'enregistrer tous ses soli en une seule prise, en improvisation pure. Impossible avec un tel mode créatif d'aboutir à des soli réellement mémorables quand ils sont produits en aussi grand nombre, à la chaîne. L'inspiration n'a jamais été un puits sans fond, au bout d'un moment la source s'épuise, et elle est tarie depuis longtemps chez MALMSTEEN. Reste qu'en sortant – légèrement – de sa zone de confort, en proposant un contenu un peu différent, plus adapté à ce principe de composition, et donc loin du remplissage idiot de ses derniers opus néoclassiques, il a su parvenir à donner un regain d'intérêt à sa musique là où tout le monde se fichait éperdument de son "World On Fire".
Il a bien fait d'écouter enfin ceux qui lui disait de faire un album Blues, comme quoi, il n'est pas si sourd que ça. Mais ça reste insuffisant pour décrocher une troisième étoile.

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- Yngwie Malmsteen (guitares, basse, clavier, programmation de la boite à rythme)


1. Blue Lightning
2. Foxey Lady
3. Demon's Eye
4. 1911 Strut
5. Blue Jeans Blues
6. Purple Haze
7. While My Guitar Gently Weeps
8. Sun's Up Top's Down
9. Peace, Please
10. Paint It Black
11. Smoke On The Water
12. Forever Man



             



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