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HEAVY METAL  |  STUDIO

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Tobias Sammet's AVANTASIA - Moonglow (2019)
Par GEGERS le 14 Mars 2019          Consultée 1856 fois

Mine de rien, le petit plaisir solitaire de Tobias Sammet va fêter ses vingt ans d’existence, et ce qui était au départ un side-project de luxe est devenu l’occupation principale de cet artiste multi-facettes. Des tournées de plus en plus longues, dans des salles de plus en plus grandes, et voici qu’AVANTASIA est devenu une grosse machine. Le projet n’est pas encore au niveau d’un TRANS-SIBERIAN ORCHESTRA, mais il s’en rapproche, et il a permis à Tobias de construire un home-studio, dans lequel a été mis en boîte ce huitième album. Alors qu’EDGUY, à la carrière déclinante, semble de plus en plus loin des envies et des préoccupations de l’artiste allemand, AVANTASIA affiche pour sa part une forme insolente. Sascha Paeth aux manettes, ce nouvel album est semble-t-il né naturellement tandis que Tobias peaufinait les finitions de son studio, touchait à deux-trois potards par-ci, réglait un micro par-là.

On peut reprocher à AVANTASIA de ronronner, de renier son Speed Metal, de cacher son Heavy sous des tonnes d’arrangements masquant la force de frappe des riffs et des guitares, mais ce serait là réduire la portée artistique du projet. De Heavy Metal il est question, certes, mais AVANTASIA s’est défini au fil des albums comme bien plus qu’un simple défouloir musical. Après les expérimentations balbutiantes de la doublette "The Wicked Symphony" / "Angels Of Babylon", Tobias a brodé autour de son projet des ambiances classieuses, hypnotiques, fascinantes. Il y a depuis "The Mystery Of Time" des références au mouvement gothique anglais, quelque part entre Mary Shelley et Edgar Allan Poe. Dans ces scènes grises, brumeuses, évoquant un Londres fantasmé et fantasmagorique, baignant dans une atmosphère mystérieuse, Tobias dépeint les mal-foutus, les rejetés, les anomalies. Sans trame narrative précise, ce nouvel album superbement illustré par Alexander Jansson, largement inspiré par l’univers de Tim Burton, voit le chanteur narrer le parcours initiatique d’une créature à la recherche de sa place dans l’univers. L’histoire, bien entendu, n’est qu’un prétexte à proposer un Hard/Heavy opératique et bariolé.

Bariolé, c’est bien l’adjectif qui correspond à ce "Moonglow" que l’on met du temps à apprivoiser. À la première écoute, les ambiances peuvent paraître instables, l’ensemble fouillis, mais il faut laisser à l’album le temps de se décanter comme un vin arrivé à maturité. Comme "Ghostlights", "Moonglow" débute sans introduction instrumentale, et voit Tobias prendre le pouvoir dès les premières notes de "Ghost In The Moon" qui débute en piano-voix, et s’impose rapidement comme une suite épique de "Mystery Of A Blood Red Rose", dont il reprend certaines mélodies et auquel il est fait référence dans les paroles. Mais en lieu et place d’un titre Hard FM musclé, nous avons ici affaire à un Hard Rock alambiqué et théâtral, s’étalant sur près de dix minutes, et gonflé d’arrangements qui masquent un peu trop les guitares. Néanmoins, on reste séduit par la richesse des mélodies de ce titre qui s’épanouit particulièrement dans sa deuxième partie, qui voit enfin les six-cordes prendre le pouvoir avec un final particulièrement opératique. Pas un tour de force, mais un morceau d’une audace à saluer.

Il faut ainsi attendre le deuxième titre pour entendre les nouveaux venus au chant : Hansi Kürsch (BLIND GUARDIAN) et Mille Petrozza (KREATOR) livrent une prestation de grande classe sur "Book Of Shallows", titre-chorale particulièrement rapide et énergique. Encore une fois, on aurait aimé que Tobias ose proposer une musique plus tranchante, plus violente presque, tant on est bluffé par les lignes vocales de Petrozza qui transfigure le pont, mais à nouveau, ce sont les mélodies resplendissantes qui nous séduisent, et force est de reconnaître que l’immense charisme naturel de Hansi Kürsch participe à faire de ce titre une réussite à saluer. Candice Night, épouse de Ritchie Blackmore et chanteuse de BLACKMORE’S NIGHT livre pour sa part une belle prestation sur le tubesque "Moonglow" au refrain à la fois très proche de NIGHTWISH et de "Lost In Space", autre "tube" issu de l’album "The Scarecrow". Il est d’ailleurs à noter que ce nouvel album partage beaucoup de points communs avec son grand frère de 2007, à l’image du morceau-titre "The Scarecrow" qui trouve ici un écho avec "The Raven Child". Lui aussi doté d’inspirations celtiques (même si mettre une harpe ne suffit pas à créer une atmosphère celte), ce titre à tiroirs se fait une délectable joute entre Hansi Kürsch et Jørn Lande. Tandis que le premier apporte une douceur nécessaire sur les premières mesures, le second, comme en 2007, transfigure la deuxième partie du morceau grâce à son timbre rugueux et sa puissance vocale inégalée, faisant de ce titre un des plus mordants et des plus appréciables de l’album. Tobias, bénéficiant d’un savoir-faire riche de plus de vingt albums enregistrés, sait comment faire monter la tension, pousser et réduire les arrangements, renforcer les chœurs, pour proposer une pièce électrisante bénéficiant d’un final en apothéose. L’artiste ne nous avait pas fait autant vibrer depuis "The Scarecrow", c’est une certitude.

Les lignes mélodiques sont la principale force de cet album. Ainsi, le refrain de "Starlight", qui met en valeur un Ronnie Atkins (PRETTY MAIDS) jouant par ailleurs les seconds rôles de luxe, est un véritable travail d’orfèvre, de même que l’intégralité de la ballade "Invincible". Le refrain, interprété par Tobias puis par Geoff Tate (QUEENSRΫCHE), ici impérial, est d’une beauté déconcertante. On frémit comme on avait pu frémir lors de la première écoute de "Inside" ou "In Quest For". Ce titre suffit à lui seul à imposer de nouveau Tobias comme un compositeur de grande classe, après quelques années d’errance.
Plus fondamentalement Hard Rock, "Alchemy" et "Lavender" (qui permet à Tobias de faire briller son grand ami Bob Catley), sont également plus passe-partout, et se font moins marquants. Pour trouver de la flamboyance sur la deuxième partie de l’album, mieux vaut chercher du côté de "The Piper At The Gates Of Dawn", qui bénéficie d’une certaine constance malgré le grand nombre d’invités présents sur ce morceau, et rappelle à notre bon souvenir quelques sonorités Heavy/Speed, notamment sur le refrain qui peut rappeler le morceau "We Don’t Need A Hero" d’EDGUY (sur "Hellfire Club"). Bien sûr, lorsque Tobias navigue de nouveau du côté du Speed, le résultat est prévisible, mais reste efficace. "Requiem For A Dream", moment de grâce de Michael Kiske, absent du reste de l’album, n’est pas original pour un sou, mais propose (c’est vous l’aurez compris la grande richesse de cet album) des mélodies particulièrement séduisantes, notamment sur le refrain imparable. La beauté intemporelle de "Judas At The Opera" (2005) n’est pas si loin.

Ce qu’il manque à cet album ? Une fin digne de ce nom. Car reprendre "Maniac", intemporel tube de Michael SEMBELLO, aurait pu être une bonne idée si ce morceau n’avait pas été repris par la moitié des groupes Hard/Heavy ces dix dernières années (DARK SKY et FIREWIND en tête). Malgré la présence de la voix chaude d’Eric Martin (MR. BIG), cette nouvelle version "Big Rock" n’apporte rien de plus, et Tobias nous avait habitué à plus de classe au moment de clôturer ses albums. Une fin en eau de boudin.
Cela n’empêche pas "Moonglow" de s’imposer comme un bien beau nouveau chapitre dans le grand livre d’AVANTASIA. À la naïveté des débuts et aux déceptions qui ont suivi succède une bouffée d’air frais amenée par un grand savoir-faire et un sens inné de la mélodie. Plus que les ambiances ou que les riffs, ce sont elles qui construisent "Moonglow", ce sont elles qui se dévoilent au fil des écoutes et font de cet album un des plus variés et réussis dans le répertoire d’AVANTASIA. S’ajoute à cela une identité visuelle percutante, dans laquelle on a envie de se perdre, et qui participe à donner à l’album une profondeur inédite. L’ensemble sonne juste, et n’attend plus que vos oreilles pour dévoiler ses richesses.

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   GEGERS

 
   JEFF KANJI

 
   (2 chroniques)



- Tobias Sammet (chant, basse, claviers)
- Sascha Paeth (guitare, basse, claviers)
- Michael Rodenberg (orchestration, claviers)
- Felix Bohnke (batterie)
- Ronnie Atkins (chant)
- Jørn Lande (chant)
- Hansi Kürsch (chant)
- Mille Petrozza (chant)
- Candice Night (chant)
- Geoff Tate (chant)
- Eric Martin (chant)
- Bob Catley (chant)
- Michael Kiske (chant)


1. Ghost In The Moon
2. Book Of Shallows
3. Moonglow
4. The Raven Child
5. Starlight
6. Invincible
7. Alchemy
8. The Piper At The Gates Of Dawn
9. Lavender
10. Requiem For A Dream
11. Maniac



             



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