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METAL INDUS  |  STUDIO

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MINISTRY - The Land Of Rape And Honey (1988)
Par DARK BEAGLE le 12 Décembre 2017          Consultée 858 fois

Quand on s’intéresse au Metal Indus, MINISTRY, c’est quasiment un passage obligé. On est obligé de se pencher dessus à un moment ou à un autre dans la vie en se disant que bon, y a pas que RAMMSTEIN dans la vie (et avis perso : heureusement, bordel !). Déjà, juste parce que le groupe affiche une carrière respectable dans un domaine assez particulier et finalement, assez obscur. Ensuite, il fait figure de pionnier dans le genre, ce qui fait quand même une belle ligne de compétence sur un CV. Et ensuite, parce que "The Land Of Rape And Honey", ce n’est pas simplement une pierre angulaire dans la discographie de la formation menée par Al Jourgensen, il est également un pont, une passerelle entre la musique telle qu’elle se concevait jusque-là et telle qu’on pouvait l’imaginer dans le futur, mêlant Rock, Metal et sonorités synthétiques via des samples et des machines. D’après vous, il écoutait quoi le père Reznor quand il composait ce qui allait donner le premier album de NINE INCH NAILS ? Certainement pas du MÖTLEY CRÜE.

Pourtant, il n’a pas un aspect super engageant ce disque. La pochette est une espèce de… de… À première vue, difficile de savoir ce qu’elle représente exactement, mais il s’agit des restes d’un corps carbonisé dans un camp de la mort, à Leipzig, capté lors d’un documentaire et saturé par Jourgensen lui-même. Quant au titre, qui ressemble à un poème écrit en asile psychiatrique, c’est en fait un jeu de mots par rapport à un slogan vu sur… Un mug souvenir. Autant dédramatiser tout de suite quelque chose qui pourrait être mal interprété, surtout en nos jours troubles. "The Land Of Rape And Honey" est d’abord sorti sur Sire, un label dépendant de Warner Music, histoire de ne pas mélanger les torchons et les serviettes. Évidemment, personne au sein de la major n’avait vu venir l’effet bœuf qu’allait produire ce disque. Et surtout, MINISTRY n’avait pas la stature que pouvait avoir un VAN HALEN, il était inutile de dépenser autant de fric pour un groupe obscur qui ne risquait pas forcément de percer.

Mais pourtant, c’est ce que Al Jourgensen et Paul Barker allaient faire. Sous l’impulsion de ce dernier, la New Wave/EBM jouée jusque-là allait subir des mutations monstrueuses. Il va amplifier les basses, et va montrer à Jourgensen que les guitares sont cool et qu’on peut les utiliser pour avoir un rendu violent sans pour autant avoir à y aller comme des bourrins. Un riff bien lancinant, répété et intervenant aux bons moments, sans pour autant faire partie du squelette d’un morceau, peut se révéler en effet très efficace dans la musique proposée ici. Vous vous souvenez du Jourgensen minot qui avait pondu l’album "With Sympathy" ? Ben le corps est enterré profondément et il nourrit les vers, si ce ne sont des goules. Le jeune homme prend une toute autre dimension, que l’on pouvait déjà apprécier sur le tordu "Twitch". Ici, il se fait tout de suite plus rageur, la voix est volontiers trafiquée pour apporter une agressivité supplémentaire de bon aloi. Il n’y a pas de sentiment de « trop » ici. Ni trop too much, ni trop barré, ni trop dans la face pour être un instant désagréable, "The Land Of Rape And Honey" jouit d’un équilibre étrange, presque loufoque. Mais qui fonctionne à merveille.

Aussi, difficile de ne pas prendre son pied dès "Stigmata", le premier morceau, qui est une morsure terrible, qui célèbre le mariage des guitares et de l’électronique avec une justesse rare, que MINISTRY ne touchera peut-être jamais plus. Difficile de rester insensible face à ce titre lancinant, où le beat est aussi important que le riff (putain, ça veut rien dire, mais écoutez le morceau et vous comprendrez où je veux en venir). Le pire, c’est qu’on a même pas le temps de s’en remettre que l’on est cueilli par "The Missing", autrement plus vicieux, qui va porter la patte de Barker, cette violence Industrielle dont il a le secret et qui est représentée ici par un martèlement incessant, jouant sur peu de variations, ce qui le rend d’autant plus mémorable. L’aspect Metal est très présent, au travers d’une approche franche et violente de la musique, jouant sur le genre avec habileté, comme en témoigne "Deity", mais MINISTRY ne dit pas forcément merde aux premières amours plus Electro, qui sont encore très présentes ici ("Abortive", qui n’aurait pas tranché sur "Twitch", le title track…).

La formation nous invite à une fête où l’on assiste à la déshumanisation de la musique au profit des machines. Ce n’est pas encore Skynet, l’homme a toujours une place nécessaire dans l’accomplissement de cette grand-messe glauque et malsaine. Si aujourd’hui le travail de MINISTRY a pris quelques rides, dues à un "Psalm 69" ayant par trop radicalisé la formule, le replacer dans le paysage américain de l’année 1988 permet d’apprécier son côté avant-gardiste et de comprendre l’impact qu’il a eu chez une jeune génération de musiciens. Trent Reznor était cité plus haut, mais d’autres groupes ont cité cet album comme étant une référence absolue ou un élément déclencheur, comme FEAR FACTORY et même LINKIN PARK. À travers le brassage musical pratiqué par MINISTRY, des portes ont été ouvertes et quelques-uns ont osé les traverser.

"The Land Of Rape And Honey" est un de ces disques qui n’ont l’air de rien, mais qui ont eu leur importance dans l’Histoire de la musique. Une pierre angulaire dans une discographie, une passerelle pour d’autres, chacun se fera son opinion sur cet opus monstrueux et précurseur d’une nouvelle vague, aux USA principalement. Al Jourgensen et Paul Barker ont enfanté un monstre terrible, une bête qui évite la surenchère sonore mais dont l’ingéniosité crasse s’avère diablement fédératrice. Si "Psalm 69" reste le disque le plus connu de MINISTRY, c’est ce "Land Of Rape And Honey" qui est le réel élément déclencheur et celui qui possède certainement la personnalité la plus forte, la plus pernicieuse et, contre toute attente, la plus exquise.

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   DARK BEAGLE

 
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- Al Jourgensen (chant, guitare, programmations)
- Paul Barker (basse, claviers, programmations)


1. Stigmata
2. The Missing
3. Deity
4. Golden Dawn
5. Destruction
6. Hizbollah
7. The Land Of Rape And Honey
8. You Know What You Are
9. I Prefer
10. Flashback
11. Abortive



             



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