Recherche avancée       Liste groupes



      
METAL INDUS CRADE  |  STUDIO

Commentaires (2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

1992 Psalm 69
2011 99 %
2012 Double Tap
  Relapse
2018 Amerikkkant
 

- Style : Nine Inch Nails
- Membre : Zoetrope, Gwar
 

 Site Officiel (376)
 Myspace (325)
 Chaîne Youtube (387)

MINISTRY - Filth Pig (1996)
Par DARK MORUE le 12 Juillet 2012          Consultée 3256 fois

"Filth Pig" est un album mal-aimé. Qu'il va falloir tout de suite recaler dans son contexte.
Après des débuts assez... étranges lorsqu'on connaît la suite, MINISTRY avait fixé son Metal Industriel fortement teinté de Thrash à son apogée sur l'emblématique "The Mind..." et surtout l'énorme bombe cultissime "Psalm 69", condensé de violence vitriolée qui avait littéralement pulvérisé les charts en son temps. Attendus au détour, Jourgensen et sa bande ont donc finit par nous servir en ces temps reculés que sont 1996 un album... Un poil déstabilisant...

Assez habituellement descendu en flèche, ce gros porc dégueulasse n'a effectivement pas tout pour plaire au fan de MINISTRY habituel : finit la rythmique folle, les martèlements, les guitares tranchantes et les samples à foison. Ici on se recentre sur une section rythmique hypnotisante qui emprunte plus au Doom bourbeux et dégueulasse qu'au Thrash ou je ne sais quelle speederie. Les samples dans tous les sens, fini, le son de guitare est sale, on plonge totalement dans les pires abysses sociales qui soient. Seul "Reload" ouvrant le bal fait quelque peu illusion avec son tempo soutenu et son riff appuyé rappelant vite fait le travail antérieur, mais passé ces quelques 2 minutes et demi, voilà qu'on se vautre dans la totale décadence et la poussière collante d'un lendemain de cuite immonde.

On a ici troqué l'efficacité et l'ardeur contre une ambiance des plus pesantes. L'écoute de l'album seule peut nous refiler la pire gueule de bois du monde avec une migraine aiguë en prime. Le titre éponyme se vautre d'office entre deux poubelles, riffs sales en prime et nous sort une pure harmonica de clodo roumain en phase terminale qui sent les ordures et la sueur. Et voilà que ça continue avec un "Lava" bourdonnant au riff martial et hypnotique, martelé par la basse, Jourgensen n'en finissant pas de vomir sa bile de sa voix filtrée à n'en plus finir, les leads désolées appelant au secours, même si avec une quantité pareille l'overdose est sans appel. C'est clair qu'il y a de quoi être plus que pris au dépourvu. Se retrouver en face d'un album lent, rampant, répétant ses riffs lancinants encore et encore en ne laissant pas la moindre place aux machines, focalisé sur des guitares grasses au timbre immonde pour développer une atmosphère de bad trip sous un soleil de plomb, réveil au milieu d'un bidonville les poches vides avec le crâne qui martèle, ça trouble.

Bien évidement cette démarche lancinante ne va tout de même pas comme un gant au combo qui peine parfois jusqu'à en devenir plus que poussif. "Crumbs", ou encore "Dead Guy", ne prennent pas du tout. La faute à des riffs moins inspirés auxquels la répétition ne réussis pas, à une alchimie qui ne prend pas, et donc toute l'ambiance qui s'écroule. Et sans cette atmosphère particulière, "Filth Pig" se casse la gueule. La reprise de Bob Dylan en avant-dernière piste tombe également comme une pétale de rose dans une flaque de gerbe, cassant sans aucune finesse l'harmonie de la rondelle, et "Brick Window" sonne du coup tellement décalée qu'elle en est insupportable.
Mais dans ses moments forts, on tutoie les bas-fonds les plus infectes -j'allais pas dire les cieux hein- avec surtout le dyptique ultime "Game Show"/"The Fall". La première hantée par un Jourgensen à bouts de nerfs, tombant dans la dépression totale, dans une ambiance presque suicidaire, du junky descendu aux enfers qui en serait même venu à continuer de survivre rien que pour avoir sa dose...
Et "The Fall", le bijou de la rondelle. L'apocalypse. Tendu à l’extrême, lourd, reprenant les cliquetis Industriels, avec ce piano presque lumineux aussi incongru que malsain, achevant l'auditeur, lui calant une telle boule dans la gorge qu'il en arrivera même pas à vomir ses tripes pour évacuer ce trop-plein de décadence, noyé dans les sucs gastriques que le coma final l'empêche d'évacuer...

Dommage que de loin, certains points viennent entacher cette œuvre malsaine, capable de nous créer un véritable blackout pour un réveil brutal sur le trottoir de la métropole, couvert de gerbe avec des traces de fouet et une légère douleur anale, sans le sou et le visage en sang. Les vapeurs de toxines, la descente d'acide, on trouve de tout. Et des fois on trouve aussi de rien, parfois on accroche pas, et là, la répétition extrême tue tout dans l’œuf, ennui profond et rejet. Tout comme cette fin totalement ratée qui nous éjecte de l'ambiance de l'album après ses meilleures pièces, l'idée de faire voir la lumière au bout du tunnel étant juste... mauvaise.
Un album spécial, absolument pas représentatif de ses géniteurs, mais aussi une véritable expérience à vivre une fois dans sa vie. Parce qu'on pourrait facilement y devenir addict à cette merde là...

Schleuargh : une galette maladive, dépravée, sale et puante. Tout n'est pas réussi, mais les moments les plus forts sont tellement immondes que le bad trip en devient contagieux...

A lire aussi en METAL INDUS par DARK MORUE :


DIVISION ALPHA
Replika (2003)
Que Psykron brûle...




PAVILLON ROUGE
Solmeth Pervitine (2011)
Fils du vent et du soleil !


Marquez et partagez




 
   DARK MORUE

 
   DAVID

 
   (2 chroniques)



- Al Jourgensen (tout)
- Paul Barker (basse, programmation)


1. Reload
2. Filth Pig
3. Lava
4. Crumbs
5. Useless
6. Dead Guy
7. Game Show
8. The Fall
9. Lay Lady Lay (bob Dylan Cover)
10. Brick Window



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod