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OOMPH! - Wunschkind (1996)
Par DARK BEAGLE le 10 Octobre 2017          Consultée 500 fois

OOMPH!, en 1996, avait un statut très underground, né de la scène EBM dont il est issu. Il avait aussi la réputation d’être un brin bas du front après des albums dont les titres sont "Sperm" ou "Defekt". Il faut dire que la phase pipi-caca, c’est rigolo trois secondes, mais au bout d’un moment, c’est aussi usant qu’un spectacle de Jean-Marie Bigard époque « sans subtilité, c’est plus fou ». "Wunschkind" débarque et s’apprête cependant à changer la donne, avec une orientation et une approche un brin différentes. Et derrière cette pochette inquiétante se dissimule un disque sombre, paradoxalement sans single, mais peut-être bien le premier classique des Allemands.

"Defekt" était un disque barbare, qui oeuvrait dans une agressivité quasiment systématique, au point où il en devenait parfois étouffant. Il était parfois difficile de rester connecté au milieu de cette vision très glauque de la musique. "Wunschkind" va prendre une direction légèrement différente en forçant une facette plus mélodique de OOMPH!. En revanche, cela se fait par touches irrégulières, des soupçons déversés avec intelligence et une certaine parcimonie. Le groupe marque une seconde évolution majeure, après "Sperm" qui tranchait avec l’EBM de l’éponyme.

L’approche purement Electro des opus précédents s’estompe peu à peu, pour céder la place à des claviers plus présents, qui viennent apporter les doses de mélodies qui manquaient cruellement au groupe. Cela est perceptible dès le premier titre, "Born-Praised-Kissed". Enfin, plus précisément sur son final, où durant plus de deux minutes trente, la formation allemande va bousculer tout en finesse ses caractéristiques. Autant de finesse peut paraître décalée au premier abord, mais c’est là que réside la force de ce morceau, en basculant d’une certaine forme de brutalité à ce qui ressemble à une douce mélodie.

Parce que sur "Wunschkind", OOMPH! propose du gros riff. C’est simple, direct, efficace, ponctué par un chant qui tient souvent plus de l’aboiement qu’autre chose. Dero ne module pas sa voix, il va fréquemment au plus pressé, ce qui signifie souvent se prendre pour un Phil Anselmo du pauvre. D’ailleurs, son chant n’est pas forcément génial, d’autant moins quand il évolue en anglais. Il accomplit une performance, mais quand il est question d’arrondir les angles, il n’est pas très présent. De ce fait, malgré les efforts faits au niveau de la musique, OOMPH! semble toujours aller sur le terrain de l’agressivité la plus froide. Et là réside quasiment le seul point faible de cet opus méritoire.

Et pourtant, difficile de ne pas tirer satisfaction de ce disque. Petit à petit, le chant de Dero n’est plus un obstacle, on se laisse prendre au jeu et l’aspect très dark de "Wunschkind" nous fait rapidement ployer le genou. Parce que OOMPH! devient intéressant, il nous montre qu’il est capable de proposer quelque chose de sombre sans paraître être le fruit de gamins de cinq ans qui restent fascinés par une merde de chien écrasée sur le trottoir. Il y a quelque chose de sombre qui plane sur cet album, ce qui lui permet de se dégager de ses prédécesseurs de la tête et des épaules.

En effet, un titre comme l’instrumental "Wälsungenblut" va instaurer une ambiance glaçante et malsaine tandis que "INRI Vs Jahve" va être une véritable baffe. Ce titre est d’une froideur terrible, avec ses passages Electro des plus glauques, qui prennent littéralement aux tripes. Nous sommes loin d’un "Gott Ist Ein Popstar" dans l’esprit, mais le groupe exprime déjà tout son ressentiment envers la religion. C’est cru, puissant et cela se montre brillant. C’est l’un des morceaux parmi les plus fédérateurs de cet album, l’un de ceux qui marque le plus, même si "Wunschkind" n’en manque pas.

OOMPH! fait un pas en avant dans le domaine de la composition et de l’interprétation. Les idées sont plus structurées, et "Wunschkind" sort indéniablement du lot. Cependant, le groupe est encore loin de devenir mainstream et de sortir de son carcan underground. Il y a surtout plus de maturité dans l’ensemble, des idées mieux travaillées, mieux agencées, qui font que la formation franchit un palier, qu’elle montre qu’il faut compter sur elle à l’avenir. Le groupe a terriblement progressé depuis 1992, tout en maintenant un rythme d'enregistrement de fou de quasiment un disque par an.

"Wunschkind" ne sera pas le carton espéré, le disque, propulsé par aucun single, passera assez inaperçu à sa sortie. Cela n’enlève en rien ses qualités. Il y a quelque chose de dérangeant qui se dégage de cet ensemble, de la pochette aux compositions en passant par le livret qui fait que l’album reste gravé dans la mémoire une fois qu’on l’a écouté. Le genre de disque que l’on apprécie autant pour ce qu’il est que pour ce qu’il représente. Et rien que pour cela, il mérite que l’on s’attarde dessus.

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   DARK BEAGLE

 
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- Dero (chant, batterie, claviers, samples)
- Crap (guitare, claviers)
- Flux (guitare, basse, samples)


1. Born-praised-kissed
2. Wunschkind
3. You're Got It
4. Down In This Hole
5. Wälsungenblut
6. Krüppel
7. My Soubrette
8. Mind Over Matter
9. Filthy Playground
10. Inri Vs Jahwe
11. Song For Whoever
12. Der Alptraum Der Kindheit



             



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