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OOMPH! - Defekt (1995)
Par DARK BEAGLE le 21 Janvier 2017          Consultée 866 fois

Il y a souvent de la beauté cachée dans la laideur. Cela tire d’avantage sur l’hypnose d’ailleurs. Qui, enfant, n’a jamais été fasciné par une cicatrice hideuse sur le visage d’un adulte, par le moignon d’un vieux qui avait soit connu la guerre, soit les lames d’une scie sauteuse ? Il y a quelque chose d’attirant dans la laideur, dans les difformités, jusqu’aux plus épouvantables. Joseph Merrick en savait quelque chose. Et chez OOMPH!, il y a une espèce de monstruosité qui confine à la beauté. De la beauté, c’est tout de même un brin exagéré. "Defekt" est un disque affreusement moche. C’est vrai : il suffit de jeter un coup d’œil sur la pochette. Certainement pas le meilleur profil de Dero.

Si l’on retire l’aspect purement esthétique de la chose, on ne peut pas affirmer que OOMPH!, musicalement, soit très beau. Pas à cette époque et de toute manière, cette notion sera toujours discutable. Il y a quelque chose de très rugueux sur ce disque, à travers l’Electro-Metal distillé par le trio. Le groupe va cependant y trouver une formule très efficace, qu’il va appliquer à la lettre de titre en titre, sans toutefois faire des copier-coller systématiques.

Il y a des passages qui font tout de suite mouche. Rarement sur les intro ou les outro des compositions, qui se veulent volontairement répétitifs (le final de "Defekt", le morceau, on commence à croire que le disque est rayé et qu’il saute). Mais quand on se penche sur "Ice-Coffin", c’est tout de suite autre chose. Bâti sur un sample de "Carmina Burana" du père Orff, c’est tout de suite plus mélodique. Et là, on se rend compte du plein potentiel de ces types qui semblent tout faire pour cacher leurs capacités à travers une certaine forme de violence sonore. Ils mettront d’ailleurs un certain temps à explorer la voix plus mainstream que propose "Ice-Coffin".

Mais OOMPH! se complait avec beaucoup de réussite dans cette laideur volontaire et bien réfléchie. Les titres sont souvent très lourds, agressifs. "Defekt", c’est un album fait pour headbanger comme un fou. Le chant de Dero est rauque, évoquant parfois le phrasé de Phil Anselmo ("Your Love Is Killing Me"). On est encore très loin de ce lui qu’il adoptera plus tard, plus caméléon et surtout plus chaleureux. Ici, il est là pour être le plus dur, le plus froid possible. Une déshumanisation qui sied bien à l’ambiance dégagée par cet opus.

Abusant des répétitions, développant une aura oppressante, "Defekt" s’apprivoise sur la longueur. Et à mesure que les écoutes défilent, on commence à noter çà et là quelques défauts. Parce que oui, "Defekt" est un disque plein d’imperfections. Forcément, le côté répétitif des gimmicks est usant à la longue. C’est quelque chose qui peut être assez récurent dans le genre et quand c’est systématique, cela devient rapidement gonflant. Tout comme cette absence de nuances. Tout est irrémédiablement gris anthracite ou noir, "Ice-Coffin" n’aura était qu’un éclair bleu dans cette nuit sans étoile. Et c’est ça qui chagrine au final. OOMPH! va sacrifier quelque peu son inspiration sur l’autel de l’efficacité, assez basse du front d’ailleurs. Il suffit de jeter un coup d'œil aux paroles pour s'en rendre compte : une rage adolescente qui sent le faisandé.

Et on tient donc là un album défouloir. Qui finalement ne fait pas dans le détail malgré les quelques espoirs cristallisés dans les trois premiers morceaux. De la laideur nait la beauté et l’inverse est tout aussi vrai. "Defekt" navigue continuellement entre deux eaux, entre l’égout putride aux relents méphitiques et des rivages plus sereins mais bordés de récifs dressés, mâchoires prêtes à déchiqueter les flancs des navires. OOMPH! manque le cœur de la cible à force de vouloir trop en faire. Les musiciens œuvrent ici dans la violence sonore au détriment des racines plus EBM, qui, si elles ne sont pas complètement ignorées, sont mises trop en retrait pour être pleinement appréciées.

Troisième album studio pour OOMPH!, mais la consécration n’est toujours pas au rendez-vous, elle tarde à venir, elle ne se laisse pas attraper facilement non plus. De cet opus, on retiendra surtout la capacité du groupe à évoluer constamment, ainsi que sa manie de s’enfermer dans des carcans à certains moments et d’en perdre la clé. "Defekt" est laid, terriblement laid, mais c’est aussi pour cela qu’on l’apprécie, parce qu’à travers son faciès patibulaire se cache quelques belles promesses pour l’avenir. Il ne reste qu’à concrétiser tout cela pour enfin se rapprocher d’un succès qui semble à portée de main.

Note réelle : 2,5/5, montée à 3.

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- Dero (chant, batterie, percussions, samples)
- Crap (guitare, claviers)
- Flux (guitare, basse, samples)


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