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- Style : Rebirth Of Nefast, Tchornobog

The RUINS OF BEVERAST - Exuvia (2017)
Par MEFISTO le 15 Mai 2017          Consultée 3023 fois

"Takitum Tootem" a mis la table en nous ouvrant un de ces appétits pour Noël… Une reprise de PINK FLOYD et une longue et chaude création intitulée "Takitum Tootem (Trance)", évoquant les cultures tribales et leurs mystères. Une thématique qui m'a tout de suite plu en raison de sa rareté et du fait qu'au Québec, la culture des Autochtones, appelées Premières Nations, est très près de nous. Elle nous fascine, car elle est directement inspirée de la nature, des esprits qui nous entourent et d'un faux fanatisme que l'on pourrait taxer de respect des anciens. Bref, les Autochtones vivent à contre-courant, mais c'est à se demander si ce ne sont pas eux qui ont compris comment la planète doit être traitée…

Alexander von Meilenwald, lui, agit comme un Autochtone dans la galaxie Metal en repoussant les clichés de sa hache de guerre. On l'a vite compris, l'Allemand est dans une classe à part, espèce de BEETHOVEN contemporain, qui arrive à fusionner avec génie un Black des plus poisseux avec un Doom/Sludge effrayant et une musique extrême, psychédélique, qui à chaque fois, trace de nouvelles routes vers on ne sait où. Alexander se réinvente pour mieux survivre dans un univers symbolisant tout sauf une sinécure. Alexander se secoue les puces et se débarrasse de son exuvie pour la cinquième fois depuis 2004, depuis "Unlock The Shrine", son entrée fracassante dans le monde.

Exuvie : ancienne cuticule rejetée à l'occasion de chaque mue chez les arthropodes.

Point de concept ici, contrairement à "Blood Vaults", hommage à Heinrich Kramer. "Exuvia" est auréolé de culture tribale et ça s'entend, ça se sent. Voilà tout. Le reste, c'est la magie de von Meilenwald qui s'en charge, ce grand sorcier dansant autour du feu pour convoquer les esprits les plus brillants à apparaître sur cet album jouissant de la protection d'une autre cape énigmatique. Avant même les premiers balbutiements du shaman sur la pièce-titre et ces mesures de basse qui vous font pénétrer illico dans une autre dimension, les premières envolées lyriques de cette voix féminine issue des entrailles de la terre, les premières débâcles hallucinatoires, les premières cordes saturées et les premières ambiances asphyxiantes, l'aura de "Exuvia" irradie et nous prévient : ce ne sera pas de la tarte.

Les écoutes initiales remplissent les promesses muettes. "Exuvia" est d'abord plus balèze que "Blood Vaults", ce qui est une fichue bonne nouvelle. Moins de longueurs, plus d'expérimentations, plus de couches dans tous les domaines (chant, riffs, atmosphères à cheval entre le baroque et la geôle suintante). La facture moderne dans la production demeure, mais la bête se cachant derrière l'exuvie est davantage un croisement entre "Rain Upon The Impure" et "Foulest Semen...", les deux meilleures offrandes de TROB. L'excitation est donc à son comble, on aura peur de nouveau, on frissonnera comme des proies faciles ! Et ne vous en faites pas, l'enthousiasme grandit au fil des heures, l'orfèvre von Meilenwald a plus d'un tour dans sa besace. Tentez seulement de décortiquer un morceau tel que "Maere (On A Stillbirth's Tomb)" et vous attraperez un méchant mal de crâne ! L'équation est quasiment irrésoluble, les chœurs s'en assurent en brouillant nos sens.

Personne ne sera donc surpris d'être pris au jeu par le maître au fur et à mesure que vous gobez ses incantations… Si le shaman n'est jamais loin pour nous rappeler cette pochette – que plusieurs trouveront hideuse – on oublie parfois ce géant au profit d'un Metal chamarré qui racle beaucoup plus profondément que dans les élucubrations et inflexions tribales. L'envoûtement est plus subtil, pas mal plus que sur "Blood Vaults", je le répète ; la complexité de "Exuvia" nous assaille de partout, nous plaque au mur et nous force à contempler les spirales tournoyant dans les yeux du créateur von Meilenwald. Cette hypnose, cet opium que l'on fume sans modération, nous décontenance comme le duo "Ulock The Shrine" – "Foulest Semen..." avait réussi à nous prouver qu'on peut aborder le Black autrement ; par les racines, pas juste par les branches.

Le virtuose von Meilenwald a réussi ce que plusieurs créateurs auraient jugé impossible : revenir dans le giron des cinq étoiles après le léger hoquet que constituait "Blood Vaults". "Exuvia" est une œuvre alambiquée, transcendante, le genre d'album qui se colle à votre chair comme une sangsue et ne vous lâche qu'après avoir aspiré le maximum de sucs nourriciers. "Exuvia" frappera aussi votre âme avec ses rythmiques roots, ses chants fantomatiques – limite grégoriens – et puissants, ses évaporations psychés et ses satanées cordes grasses et vrombissantes qui font déjà la renommée de l'Allemand le plus talentueux de la sphère métallique.

Plus de 65 minutes au compteur sans qu'on soupire un seul instant. C'est là un exploit auquel TROB nous a habitués et que nous sommes plus que fortunés de revivre en cette bonne vieille année 2017.

*À noter que la nouvelle version de "Takitum Tootem" est plus courte et moins fuzzée que sur le E.P, donc plus qu'excellente.

Podium : (or) "The Pythia's Pale Wolves", (argent) "Exuvia", (bronze) "Takitum Tootem! (Trance)".

Indice de violence : 3/5.

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- Alexander Von Meilenwald (tout)


1. Exuvia
2. Surtur Barbaar Maritime
3. Maere (on A Stillbirth's Tomb)
4. The Pythia's Pale Wolves
5. Towards Malakia
6. Takitum Tootem! (trance)



             



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