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DOOM / BLACK   |  STUDIO

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- Style : Rebirth Of Nefast, Tchornobog

The RUINS OF BEVERAST - Blood Vaults (the Blazing Gospel Of Heinrich Kramer) (2013)
Par MEFISTO le 27 Février 2014          Consultée 2615 fois

Chaque sortie d'un album de TROB est une messe pour les fans de Black, bien que le papillon de nuit se soit éloigné un peu de son cocon pétrolifère au fil des ans, au profit d'un Doom noir de haute volée. TROB, c'est la classe maintenant, le clé en main pour la jouissance auditive. C'est fondamentalement une musique cérébrale, qui sait tout de même se la jouer plus accessible maintenant, un Metal que plusieurs trouveront guindé, car intello. J'ai déjà comparé Alexander Von Meilenwald à de grands de la musique classique, c'est vous dire comment l'ex-NAGELFAR a du talent et est dans une classe à part…

Il est vrai que pour traverser un album de TROB, il faut non seulement une écoute attentive, mais une patience de moine, qui sera souvent récompensée par un groove d'enfer, des riffs mordants et des mélodies parfois démentes qui décoifferaient n'importe quel chauve. Certes, sur le TROB à prépondérance Doom, il y a des longueurs, des «aérations santé» dira-t-on, des répétitions pour bien écraser les nerfs, mais rarement s'ennuie-t-on. "Blood Vaults" risque toutefois de mettre notre patience à rude épreuve à plus d'une reprise et c'est là qu'il s'éloigne de la perfection, le seul pinacle qu'on pouvait logiquement attendre de cette nouvelle offrande.

Aussi long que son magnifique prédécesseur avec ses 78 minutes, "Blood Vaults" consacre son corps à Heinrich Kramer, cet homme d'église et inquisiteur du 15e siècle qui a écrit Le Marteau des sorcières, dans lequel il nous causait de sorcellerie à la demande du pape Innocent VIII. L'intro nous met tout de suite dans l'ambiance de cachot habituelle de TROB (écho compris), mais à la différence que le clavier évoque immédiatement cette ambiance occulte et religieuse dépeinte sur la pochette douteuse. Von Meilenwald, contrairement à sur "Foulest", nous projette tout de suite dans son univers, ses intentions sont claires. On verra à partir de ce moment la vie en bleu et en gris, en plus d'avoir froid, alors que sur "Foulest", on avait chaud.

"Daemon" donne le ton de brillante façon, comme "I Raised This Stone As A Ghastly Memorial" fouettait "Foulest" de son génie. D'ailleurs, le doute d'un retour en arrière sera chassé illico ; TROB s'incruste dans le Doom, à moins que ce soit le Doom qui ait trouvé refuge en sa chapelle ? Un Doom à la production immense, bien poisseux mais précis, inquiétant et offensif, rondelet et charnel. Le chant rauque et bestial de Von Meilenwald s'élève comme un sermon maléfique, alors qu'il se défoule sur ses tambours pour secouer les entrailles de la Terre. TROB est de retour après quatre saloperies d'années !

"Maleficia" s'étire ensuite sur dix minutes, lesquelles se terminent sur une lente procession bien groovy et répétitive comme les Doomeux les aiment. Du bonbon. Autant de plaisir au début du pavé suivant, "Ornaments On Malice", une pièce bizarre débutant en lièvre et s'achevant à pas de tortue. Ensuite, on a droit à une trop longue "Spires, The Wailing City", qui heureusement se termine sur un des meilleurs moments du skeud. Même stratégie que sur "Maleficia", la lourde mélodie s'empèse sur nous comme un gros brouillard. Y a pas à dire, jusqu'à maintenant, "Blood Vaults" offre son lot de bornes épiques comme sur "Foulest", autre route avalant l'horizon tempêté de TROB.

"A Failed Exorcism" offre ensuite l'attaque en règle de l'album ; les esprits s'échauffent et cassent l'immobilisme du rythme Doom commençant déjà à assommer. Serait-on en train de bâiller un peu à l'issue des cinquante premières minutes ? Serait-ce possible ? La sixième plage, parfaitement positionnée dans l'alignement, nous permet heureusement d'apprécier cette seconde moitié naissante. Autre regain d'énergie avec "Ordeal" (la sorcière se fait lapider mes amis !), juste avant la clôture de 12 minutes un chouia longuette. TROB gave, c'est l'évidence, les apprentis l'apprendront à leurs dépens. Être enfermé 78 minutes dans un cachot, ça marque.

Après avoir repassé ça dans tous les sens, encore et encore, on tient entre nos serres un digne mais pas irréprochable héritier de "Foulest". Techniquement, c'est grandiose, aux manettes, c'est cristallin (même un peu trop, on s'ennuie de la saleté des trois premiers albums) et l'atmosphère est à couper au couteau. Mais on n'a pas aussi peur, la subjugation a perdu sa couronne, volée par un léger manque d'inspiration. Et s'il y a un truc que TROB sait faire quand il arbore ses plus beaux atours, c'est foutre la poisse à quiconque. Souvenez-vous d'"Unlock The Shrine" et de "Rain Upon The Impure", comment ce duo vous a hantés des nuits durant. Souvenez-vous comment "Foulest" vous a subjugués par son évolution radicale…

Une fois encore, Von Meilenwald passionne avec cet arbre maléfique aux nombreuses ramifications. À vous maintenant de voir comment ces branches s'infiltreront en vous et si elles vous chambouleront autant qu'avant, quand TROB ruait dans les brancards les plus sombres. Même si je suis convaincu que TROB conserve sa solidité et son aura magnétique, je crains un brin pour l'avenir. Et il est trop tard pour reculer, alors Alexandre le Grand devra user de son génie jusqu'à ce que de la fumée s'en échappe pour rétablir le tir.

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   MEFISTO

 
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- Alexander Von Meilenwald (tout)


1. Apologia
2. Daemon
3. Malefica
4. Ornaments On Malice
5. Spires, The Wailing City
6. A Failed Exorcism
7. Trial
8. Ordeal
9. Monument



             



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