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- Style : Rebirth Of Nefast, Tchornobog

The RUINS OF BEVERAST - Rain Upon The Impure (2006)
Par ONCLEGUUD le 21 Août 2008          Consultée 5278 fois

THE RUINS OF BEVERAST... Certains sont des musiciens... D'autres des Artistes.

Ces « Ruines de Bifrost » sont connues de quelques initiés de l'Art Noir Allemand. THE RUINS OF BEVERAST pratique un Black Metal de très, très haute facture, à l'univers follement caverneux, nostalgique du passé et ancré dans une Nature profonde, mystérieuse et menaçante. Elitiste, il s'adresserait à l'élite. Mais THE RUINS OF BEVERAST est avant tout le résultat musical des hantises de son maître, Alexander von Meilenwald – qui s'exprime également dans un autre projet majestueux et personnel, KERMANIA que je vous recommande fortement. Notre batteur (ex-NAGELFAR) fait également des sessions pour ses amis. En plus d'être un tueur aux fûts, Alexander nous prouve via ses deux projets qu'il aussi est un guitariste accompli et qu'il sait composer.

Car tout le monde ne fait pas un album long de quatre-vingt minutes, parfait de bout en bout, hypnotisant et monumental comme Rain Upon the Impure ! Avec sept pistes, desquelles il faut retrancher deux interludes, Monsieur nous propose un voyage dans son enfer personnel avec des plages dont la plus courte fait 13:38... De cette façon, Alexander von Meilenwald prend tout son temps pour mieux nous évoquer son univers et nous le faire pénétrer intensément. Il avait déjà réussi à frapper les esprits en 2004, avec Unlock the Shrine, un premier album qui avait foutu un sacré coup de bambou dans la nuque des amateurs du genre. Fin 2006, notre sire a donc réitéré ses actes et poussé la barre encore plus haut, avec Rain Upon the Impure. Qui relève du domaine rare des chef-d'oeuvres d'Art Noir. On attend donc désespérément le troisième, à moins qu'il ne se concentre sur le païen KERMANIA... Mais ce Rain Upon the Impure, que dit-il ?

Je vais d'abord vous en parler globalement puis je vais tenter de vous parler en détail des cinq grosses pistes le composant. Et je vais commencer par vous dire que digérer un truc pareil est assez ardu, vu les longueurs et l'aspect monolithique de la production, proprement excellente – je veux dire adaptée, avec un mixage parfait. Que depuis que je l'écoute, je n'en ai pas encore fait le tour complètement et qu'il mérite forcément de votre part une attention particulière : il ne se livrera pas facilement. Et je viens de vous parler du son. Effectivement, il est singulier et contribue à forger l'identité du combo. Il est « nécrotique », quelque peu en retrait, étouffé. Mais il n'est en rien simpliste : les quelques samples, nappes de clavier, lignes de guitares « aquatiques » et voix « claires » émergent par dessus avec brio, preuve que cette production poussiéreuse est adaptée à la recherche d'Alexander - celle d'évoquer le passé et le « souterrain »... Ainsi, les guitares sont saturées avec justesse, rasantes, ensorcelantes; la batterie est à leur niveau, pas en retrait, mais pas en avant – et elle fracasse un max : Alex fait assurément partie des meilleurs. Les plages de synthé sont particulièrement bien posées, pas trop présentes, mais appuyant la musique sans disparaître derrière le front ou alors émergeant pour souffler soudainement un vent épique sur un passage précis... Enfin la voix, rageuse, profonde, morbide et graveleuse de notre Allemand (si vous appréciez Mortuus de MARDUK/FUNERAL MIST vous vous régalerez...) subit le mixage identique, s'intégrant tout en prenant sa place. En somme, mastering et mixage sont méticuleusement dosés. C'est impressionnant – en matière de Black Metal. THE RUINS OF BEVERAST est un petit orchestre où chacun tient sa place avec justesse.

Rain Upon the Impure s'ouvre sur "50 Forts Along the Rhine". Première baffe longue de treize minutes et demi, 50 Forts... est une œuvre dans l'œuvre, à savoir que la piste propose toute une palette d'ambiances – tendues, menaçantes et violentes; lourdes et macabres; atmosphériques, majestueuses et épiques - annonçant que l'album sera du même acabit. "50 Forts..." commence par un court sample : eau, chevaux, chaînes puis hurlement monstrueux... la Bête s'est réveillée. De nouveaux cris, plus humains - et le morceau démarre sur les chapeaux de roues à coups de blasts beats formidables. Les riffs toujours menaçants accompagnés du synthé aménagent ensuite des bouffées d'air épique et nostalgique. Puis le tempo ralentit, une atmosphère sacrée et hypnotique s'installe : Alexander commence alors ses déclamations haineuses... Génial. La rage et la vitesse reprennent ensuite le relais pour un final sublime. C'est toute la magie, le génie de von Mailenwald. "Soliloquy Of The Stigmatised Shepherd" tempère ensuite les ardeurs : doomesque sauf dans un sursaut, il impose à la fois par sa lourdeur pachydermique qui plaira aux fans de REVEREND BIZARRE, et à la fois par sa dimension spirituelle (chœurs et guitares « aquatiques »). Le macabre, la pestilence et le morbide prennent place dans vos boyaux et neurones torturés et côtoient le divin. Rompant le charme, vient l'instant fatal où l'horreur qui planait jusque là surgit tel un simple coup d'estoc, nous sautant à la gueule à la vitesse du son : ravageur !! Et la pesanteur revient ensuite avec plus de force... "Rapture" vient faire l'interlude après cette première demi-heure de musique. "Rapture" est une courte plage planante, tout droit issu des tombeaux cosmiques des Titans. Effrayant !! "Rain upon the Impure" est sacrément jouissif... Et on n'en est pas encore à la moitié.

On reprend rapidement avec le splendide "Blood Vaults (I : Thy Virginal Maladour)", track aux tempos variés, qu'il va donc m'être difficile de décrire. Les guitares nécrotiques (qui me font assez penser à DARKTHRONE) posent ici encore une fois et d'emblée une menace tangible suffocante, comme si le destin souhaitait puissamment votre destruction – et ce destin c'est Alexander qui vous le trace au poignard. Vient ensuite la fureur sonore et la magnifique voix du Maître, réverbérée... (aaaaargh, il me tue ce mec !). Sur un mid-tempo ensuite qui fout les nerfs, les chœurs, les cloches et autres morceaux de synthé sacré font certainement de cette piste la plus religieuse de Rain Upon the Impure. Les blasts font leur réapparition un court temps avant que le mid-tempo de gimmick ne vienne définitivement s'imposer... Une piste absolument terrible et qui me dépasse complètement de par sa richesse et sa densité.

"Soil of the Incestuous" est la piste la plus longue du disque. Elle est celle aussi qui me met le plus mal à l'aise : elle est plus déstructurée, fait appel à des sons peu communs et une grosse mélancolie sourde de celle-ci. Elle a également ce petit truc plus groovy que les autres et qui contraste – forcément. Le blast sub-sonique surgit également dans le morceau sans qu'on s'y attende et là, c'est le gros coup de pied au cul - on suffoque assez rapidement, pris dans la tourmente... Tout en restant propre au style de THE RUINS OF BEVERAST, "Soil of the Incestuous" propose un angle plus facilement assimilable que le reste de l'album, tout en distillant des sons inattendus. Un nouvel interlude très « horreur cosmique » fait ensuite la transition avant que ne vienne conclure l'album la title-track de Rain Upon the Impure. Evidemment : la pluie purificatrice tombe sur le paysage désolé de nos misérables vies. "Rain Upon the Impure" est quelque peu à l'image de "50 Forts Along the Rhine" : dense mais très varié, avec une tension et un désespoir flagrant, mêlés à une nostalgie toute relative... Dur dur d'en discuter en détail. Mais l'on est pris dans la tempête sacrificielle et l'averse trempe d'encre noire jusqu'à l'âme...

Cinq longues pistes qui sont autant de tableaux dans un tableau plus vaste, d'histoires dans une histoire plus globale, de joyaux scintillant d'une lumière sombre dans une couronne de nacre noire... Rain Upon the Impure, sorti le 24 décembre 2006 chez Van Record, mérite amplement la note maximale. Et il nécessite de multiples écoutes avant de pouvoir en esquisser des contours qui se révéleront sublimes. Un des meilleurs disques de cette décennie, encensé par tous ceux qui le connaissent. Le précédent en vaut autant la peine.

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- Alexander Von Meilenwald (tout)


1. 50 Forts Along The Rhine
2. Soliloquy Of The Stigmatised Shepherd
3. Rapture
4. Blood Vaults (i: Thy Virginal Malodour)
5. Soil Of The Incestuous
6. Balnaa-kheil The Bleak
7. Rain Upon The Impure



             



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