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IMMOLATION - Atonement (2017)
Par POSITRON le 23 Mars 2017          Consultée 783 fois

Comme tout l'intraweb semble utiliser sa liberté d'expression pour se masturber en cercle sur le retour du vieux logo d'IMMOLATION je me sens obligé de commencer ma chronique par vous apporter mes deux francs cinquante et mes expressions aussi vintage que ce truc fait à l'arrache qui n'a ni la gloire des meilleurs logos épineux illisibles ni la classe de la typographie apparue sur "Failure For Gods". Alors tout le monde y voit trop un gros retour aux sources de la mort qui tue ce qui est, petit un 100% improbable par observation de la carrière du groupe, petit deux 100% infirmé par qui sait lire une interview, petit trois 100% infirmé par les singles. Un retour à "Majesty & Decay", oui, peut-être. Un retour à "Here In After" faut pas rêver : est-ce seulement souhaitable ?

Allons bon j'ai un peu la trouille. En plus "Destructive Currents" (premier single) n'était pas terrible mais – surprise ! – "Fostering The Divide" était bien meilleur. Le groupe conserve son savoir faire, doit encore avoir un peu d'essence dans le réservoir, je prophétise un deux si les singles sont les meilleurs titres, un trois si l'album est homogène, je downloade un leak deux jours à l'avance comme un gros sale – tout ça pour pondre la chronique à la bourre – et c'est parti.

Je m'y attendais.

Je ne vais pas vous faire l'affront de vous redéfinir complètement le style d'IMMOLATION ni de vous rediriger vers les albums deux et quatre, peut-être aussi un et cinq (oups !) mais par contre je peux vous dire que cet album est dans la droite ligne de l'évolution récente du groupe en oubliant le petit écart 2013. Revoyons cela au ralenti.

IMMOLATION décide de simplifier ses compositions progressivement après "Unholy Cult" tout en conservant les acquis en termes de riffing de ses albums phares. Certains parlent de vieillesse ou même de volonté commerciale (bof...), je serais plus indulgent. Ce n'est pas une volonté commerciale, c'est une volonté de pouvoir parler en live a un public qui ne lui est pas toujours acquis. Malgré son statut de légende de l'old-school, IMMOLATION se retrouve souvent à jouer le même soir que des groupes ayant une fan-base plus conséquente (NILE, MARDUK, CANNIBAL CORPSE, NAPALM DEATH) et pas nécessairement initiée aux mystères de ce qui fait tout la force de la musique d'IMMOLATION. Du coup pour pouvoir défoncer des culs plus aisément en live, il nous faut plus de hooks, plus de groove, plus de chair et moins de chaos, moins de labyrinthes.

Et je ne parlais pas de vieillesse mais pour reprendre leur termes dans une interview que j'ai paumé hi hi, de la "fatigue" de ne pas entendre ses idées respirer, de souhaiter les agencer plus naturellement au lieu de toujours être à 200% dans l'excès et le dépassement ce qui – retour au live – doit être fatiguant à tenir. Alors oui je me relis et j'ai l'impression de justifier un peu la déchéance artistique d'un groupe. Et pourquoi n'en ai-je rien à foutre alors que j'ai descendu un GORGUTS encensé par tous les médias métalliques car j'y voyais une similaire chute (1) ?

Parce que je pense avoir fait le deuil de ce légendaire chaos que représente le meilleur d'IMMOLATION et que je suis tout à fait prêt à accepter ce nouvel album dans ce qu'il est : une occasion de savourer au calme ce riffing majestueux comme le chaos de la présidentielle 2017. Apprécier un bon album de Death Metal bien fait, presque artisanal, posé avec mes lunettes de soleil dans mon luxueux loft parisien comme l'engeance bourgeoise que je suis et de juger avec suffisance que c'est pas mal de se faire une AOC de petit producteur authentique à la mode de NYC.

En outre il y a ce sentiment appréciable qu'IMMOLATION ne se fout pas de notre gueule après la parenthèse brutaloblasteuse "Royaume De La Conspiration", un peu reniée par la remise en avant du mid-tempo et la production moins surcompressée. Le côté suffocant de "Close To A World Below" disparu, IMMOLATION occupe agréablement cet espace ainsi libéré, gère comme il faut les variations de tension, propulsé par un Steve Shalaty qui utilise son cerveau entre deux moments artillerie lourde pour jouer intelligemment et renouer un peu avec la tradition Hernandez. Il y a aussi le jeu lead de Vigna qui semble ne jamais s'épuiser toujours aussi sifflant, et piquant, où la mélodie se tort et ressort aux endroits inattendus, cette fois un peu plus présent et parfois un chouïa black (?), fidèlement adapté aux convulsions du groupe à moins que ce ne soit l'inverse.

Il y aussi ces petits riens qui font du bien. Par exemple chaque fois que le groupe bidouille un peu niveau son, enfile une petite guitare clean c'est extrêmement badass (la fin de "Rise The Heretics") il doit y avoir matière à creuser pour satisfaire les actuelles ambitions du groupe. Ensuite une production à propos – évidemment moderne et étouffant trop la basse – loin du précédent album en plastoktoktoktok pardon les blasts me hantent encore. Et enfin un ou deux riffs assez peu IMMOLATION-esques, ni excellents ni mauvais : le slam de "The Power Of Gods", l'espèce de marche de "Atonement". Quoi que ces effets ont sûrement déjà été exploité par le groupe(2), ils permettent dans cette volonté d'aération et de compléter un objet que le fan de Death Metal s'enfilera avec plaisir et pestera contre ce chroniqueur si sévère et imbu de lui-même qu'il n'accorde pas le 4. Sans cœur va.

Entre deux fans hardcore du groupe criant au génie (3) on trouvera un ou deux extrémistes hurler qu'IMMOLATION nous sert une version édulcorée de son propos et que ça n'est rien que de la pop. Mdr de rire m'exclame-je. Et bien cher fan hardcore je vais t'expliquer mon point de vue : conceptuellement IMMOLATION a fini d'innover. Il a pourtant en temps que groupe encore des choses à sortir, des notes de bas de page sur sa propre œuvre, qui ne sont pas fondamentales mais pas non plus dénuées d'intérêt, comme par exemple ce jeu lead que je loue encore une fois et qui caresse délicatement mes tympans. Et je suis peut-être un sans cœur cruel du haut de ma forteresse de ténèbres maléfiques trop dark, mais refuser à un groupe respectable de jouir de ce plaisir qui plus est partagé, ça ne serait vraiment pas très très gentil.

Un gros trois respectueux.

* * *

(1) Toi aussi assume tes opinions de hipster trop différent comme moi.
(2) Je le dis à l'instinct j'ai pas retrouvé l'endroit exact dans leur discographie.
(3) Toi le fan qui passerait par la – tout d'abord salut, moi aussi j'aime IMMOLATION – je te demanderais avant de claquer l’éventuel cinq de te demander si ce disque est vraiment au niveau des meilleurs albums du groupe. VRAIMENT ? Tss....

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   POSITRON

 
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- Ross Dolan (basse, growl)
- Robert Vigna (guitares surréalistes)
- Steve Shalaty (batterie)


1. The Distorting Light
2. When The Jackals Come
3. Fostering The Divide
4. Rise The Heretics
5. Thrown To The Fire
6. Destructive Currents
7. Lower
8. Atonement
9. Above All
10. The Power Of God
11. Epiphany
12. Immolation (réenregistrement En Bonus)



             



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