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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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OPETH - Sorceress (2016)
Par LYRR le 1er Janvier 2017          Consultée 2427 fois

Se faire son opinion sur un album post-"Heritage" d'OPETH n’est pas chose aisée, surtout lorsque l'on connaissait bien les anciennes productions du groupe. On le sait à présent : chaque nouveau disque d'Åkerfeldt et compagnie sera du Prog Rock, avec à peine quelques sonorités de guitare encore un tant soit peu Metal. Mais toute la difficulté vient du devoir d'abstraction que l'on doit faire pour pouvoir juger de la qualité des mélopées que l'on entend : abstraction d'un passé musical désormais révolu, abstraction de cette attente déçue que l'on aurait droit à quelque chose de plus Metal, abstraction de tous les a priori que l'on pourrait avoir face à cette mode du revival 70's qui préfère la nostalgie à l'audace créative. Alors, qu'y a-t-il à fondamentalement retirer de ce "Sorceress" une fois que l'on est entré dans le bon état d'esprit pour tenter de l'apprécier pleinement ?

Eh bien, un peu la même chose que sur "Pale Communion". Pour faire court : c'est joli, c'est bien exécuté, mais c'est un peu chiant. Voilà, je peux terminer ma chronique ici.



Bon, je développe un peu. OPETH a une qualité indéniable : le groupe est constitué de musiciens talentueux qui maîtrisent leurs instruments à la perfection – une bonne chose pour faire du Prog. La complexité des compositions et la précision de leur exécution a toujours été un de ses plus grands atouts, et il est fort agréable de constater que cela est toujours le cas après tant d'années et tant de changements de line-up et de styles. Le chant clair de Mikael Åkerfeldt s'améliore légèrement à chaque nouvel album depuis qu'il s'y consacre pleinement, ce qui est également une excellente nouvelle : on sera moins triste de l'absence désormais définitive de sa voix gutturale si caractéristique.

Mais tout ce potentiel artistique est quelque peu gâché par un apparent manque d'imagination. Le Prog Rock d'Åkerfeldt souffre d'un excès de banalité : il n'y a que peu de personnalité dans les riffs, ça sonne comme si un groupe de Prog lambda jouait d'un bout à l'autre du disque. Or OPETH n'est pas un groupe lambda. On parle ici d'une des formations majeures du Metal moderne, un exemple de réussite et de capacité à se réinventer à travers le temps tout en conservant un succès critique qui ferait bien des envieux. Depuis "Heritage", le groupe ne se réinvente malheureusement plus beaucoup : il continue à bien jouer, mais sans offrir quoi que ce soit de nouveau. Åkerfeldt évolue dans un univers connu, maîtrisé ; il n'explore plus de nouvelles dimensions et sa palette de couleurs reste toujours dans les mêmes tonalités – quoique "Sorceress" ait une atmosphère musicale un peu plus joyeuse que "Pale Communion".

Bon, cela dit, on arrive à tirer tout de même de bonnes choses de ce disque ; rien de révolutionnaire, mais suffisamment pour passer un moment sympathique. Les deux premiers titres sont un peu ennuyeux, leurs riffs étant trop répétitifs, mais "Will O The Wisp" remonte le niveau d'un bon cran, avec une mélodie douce et teintée de mélancolie. "Chrysalis" envoie du pâté bien Rock, ce qui a le mérite de réveiller l'auditeur qui aurait commencé à somnoler. Mais la pression retombe et "Sorceress 2" nous assomme un petit coup en passant avant de nous projeter dans un univers moyen-orientalisant sur "The Seventh Sojourn", qui apporte une bouffée d'originalité bienvenue avant un retour à quelque chose de plus traditionnel Prog/Psyché sur "Strange Brew", un titre bien nommé qui part dans tous les sens, alliant dans un mélange mi-figue mi-raisin soli endiablés et passages atmosphériques excessivement longs. "A Fleeting Glance" n'est pas franchement une réussite – trop lénifiant – mais "Era", à l'instar de "Chrysalis", redonne un gain d'énergie à un album qui a trop tendance à mollir lorsque l'on croit enfin que l'ambiance décolle.

Bilan ? Eh bien, finalement cet album n'est pas si mal. On s'ennuie un peu trop souvent, mais c'est plutôt bien foutu, et il y a quelques perles qui sauvent l'album – "Will O The Wisp" et "Era" en tête. L'écouter met plutôt de bonne humeur, l'on a le sentiment de passer un agréable moment de détente, et rien que pour cela, je n'ai pas le cœur de descendre ce "Sorceress" outre mesure. Ce n'est pas parce que le vieux OPETH est mort qu'il ne faut pas profiter des avantages du nouveau : alors écoutez "Sorceress". Vous verrez, c'est parfois long, pas très innovant, mais assez sympa. Ça fait mal de le dire, mais "sympa" est le meilleur adjectif que j'ai trouvé pour décrire ce disque. Je réserve d'habitude mes superlatifs à ce type de groupes, mais il n'y a pas de quoi ici. Alors contentons-nous de ce que nous avons.

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   LYRR

 
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- Mikael Åkerfeldt (guitare, chant)
- Martín Méndez (basse)
- Martin Axenrot (batterie, percussion)
- Fredrik Åkesson (guitare)
- Joakim Svalberg (claviers, chœurs)


1. Persephone
2. Sorceress
3. The Wilde Flowers
4. Will O The Wisp
5. Chrysalis
6. Sorceress 2
7. The Seventh Sojourn
8. Strange Brew
9. A Fleeting Glance
10. Era
11. Persephone (slight Return)



             



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