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FAITH NO MORE - Sol Invictus (2015)
Par CANARD WC le 8 Juin 2015          Consultée 5369 fois

FAITH NO MORE (FNM), c’est un peu les oubliés du Metal de ces dernières années. Ceux qui sont les premiers montés sur les barricades pour faire la Révolution de par chez nous, pour ouvrir une nouvelle brèche vers d’autres horizons. C’était eux les premiers – vraiment – à vouloir brasser large, sortir des cheveux longs, des clous, des riffs au Spandex. Eux qui déjà fin 80’ voulaient fusionner tant de choses disparates, avaient inventé un style, leur forme d’interprétation, un song writing bien à eux, une approche si particulière de ce qui peut être mélodique ou non et se foutant comme de l’an quarante des conventions, des influences, de ce qui devait être ou pas. Ils étaient libres, d’abord et seuls contre tous. "Solitaire, solidaire" comme disait l'autre. Alors ils ont jeté les premiers pavés vers la Pop, l’Alternatif, vers le Rap caca beurk en faisant tant de liens évidents au point d’être suivis rapidement par d’autres. Alors une masse guillerette d’autres groupes sont venus leur prêter main forte (NIN, les RED HOT, RATM voire même PANTERA et d’autres encore)... Une immense vague a suivi, a recouvert alors un monde de Metal antique, atténuant l’impact, l’audace dont FNM a su faire preuve avant tout le monde. Si les meilleurs ne partent pas toujours les premiers, il arrive parfois qu’on les oublie dans la masse, tout simplement.

Donc le groupe a égrainé les albums géniaux et essentiels, une poignée : "Real", "Angel Dust" et "King for a Day". Plus un premier album prometteur et un dernier – daté – plein de qualités et de doutes. On ne va pas refaire l’historique du groupe, enfin si on vient de le faire un petit peu. FNM nous avait laissé, abandonné depuis 1997 avec un poil de déclin et du gris sur les tempes. Alors forcément, en 2015, près de vingt ans plus tard, on est curieux de savoir ce que le groupe a dans le ventre ou non. S’il est encore question de révolution ou s’il va juste se passer quelque chose. Entre temps, le Metal de l’an 2000 a continué son petit bonhomme de chemin, avec du raté, du qui tourne en rond, de l’underground souvent plus intéressant que les cadors et des nouveaux genres « mélo- » ou « -core » déjà à genoux.

Face à cette perduration et au regard de l’état de notre scène musical, FNM avait deux options :
1) redéfinir les choses (et pourquoi pas ouvrir une nouvelle voie).
2) faire comme si de rien n’était (façon « soyons désinvoltes n’ayons l’air de rien »).

Evidemment, hein, c’est l’option 2 qui vous attend, tant il est vrai qu’on ne peut pas se réinventer génialement deux fois.

On aurait pu leur en vouloir si "Sol Invictus" avait été mauvais. Sauf qu’il est très bon, qu’il repasse sur le passé admirablement, fait montre d’une belle inventivité et d’une richesse certaine. Chaque titre est audacieux, apporte sa petite pierre à l’édifice de cet album vicieux, tantôt doucereux, tantôt déjanté. Parfois crépusculaire, puis gentillet. Oui, FNM joue et se joue de vous. Il vous laisse croire, reconnaître des choses, donne un coup de piano « comme avant », use des mêmes gimmicks pour mieux vous perdre un peu plus loin. A l’image de cette ouverture calme et solennel, susurrée, plaintive qui débouche sur un "Superhero" super single, énervé option gros riffs et hurlements en option. FNM cherche à vous chahuter, encore et encore. Les titres s’enchainent, rien n’est pareil sauf que parfois si, on croit prendre des repères qui s’envolent aussitôt. Insidieux sur "Separation Anxiety", surréaliste sur "Sunny Side Up" etc. etc. Certains vont en perdre leur latin.

Il y a dans cette approche « a-mélodique » le même genre d’artisanat d’un certain QOTSA, voire même d’un PIXIES (Frank Black en fait). Les titres serpentent, laissent un air se poser dans un coin de votre crâne, votre attention est captée pendant qu’ailleurs le groupe part faire autre chose. Vous perdre pour mieux vous retrouver : toute l’histoire de "Sol Invictus". On en avait oublié depuis le plaisir de se noyer dans un album, de se laisser captiver comme un bleu.

FNM n’a donc pas fait d’autre Révolution. Il est juste revenu avec la même tambouille et trop d’années d’absence. Le groupe a fait comme si le temps s’était figé et au regard de peu d’innovations de notre scène, on ne saurait trop leur en vouloir. Reste quand même un dernier tiers d’album disparate : à compter de "Black Friday", FNM ralentit le tempo, cherche d’autres ambiances, flirte avec des choses improbables comme ce "Matador" dingue, grandiloquent, inquiétant et presque symphonique dans l’approche. Sur sa fin, "Sol Invictus" part en contre sens, quitte à casser toute homogénéité, met tout en vrac comme pour nous obliger bien plus tard à reconstituer un puzzle complexe. Si le groupe avait déroulé de A à Z comme il avait commencé, on n’aurait dû constater le retour sans pointe de folie. Mais parce qu’il y a un "Matador" qui se cache sur la fin, personne n’osera dire qu’en 2015 FNM n’a rien tenté. Parce qu’il fallait aussi ce "From the Dead" décalé, seventies quasiment, inoffensif et salutaire comme un point final énigmatique, un hymne à la paix et à l’amour sur fond de batterie martiale. Il fallait du paradoxe, de la folie aussi et un peu d’audace pour qu’on puisse parler de grand album, pour que FNM aligne un « album de l’année » de plus.

"Sol Invictus", soleil invaincu en latin. Pourquoi pas. Ils n’ont pas renoncé en tout cas, eux.

Note : 4/5.

Morceaux préférés : "Superhero", "Matador", "From the Dead"
Morceau moins préféré : "Motherfucker"

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- Mike Bordin (batterie)
- Roddy Bottum (clavier, chœurs)
- Billy Gould (basse)
- Jon Hudson (guitare)
- Mike Patton (chant)


1. Sol Invictus
2. Superhero
3. Sunny Side Up
4. Separation Anxiety
5. Cone Of Shame
6. Rise Of The Fall
7. Black Friday
8. Motherfucker
9. Matador
10. From The Dead



             



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