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DEATH METAL  |  STUDIO

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SINISTER - Legacy Of Ashes (2010)
Par DARK MORUE le 5 Août 2014          Consultée 1313 fois

Voilà. SINISTER s'est relevé. Après s'être monumentalement vautré dans les années 2000 avec des opus merdiques faisant suite à une lignée de chefs d’œuvres, connus comme "le groupe de Death avec une chanteuse qui est pas ARCH ENEMY là, si tu vois" plutôt que comme le vétéran émérite à la brutalité sanguinaire qu'il est pour de vrai, on peut dire que le premier split a été salvateur. Parce qu'au fond, la nouvelle mouture du groupe est la plus efficace qu'il ait jamais eue. Aad a beau être un frontman limité, sa présence au micro est une bénédiction et donne vraiment l'impression d'une entité effrontée qui porte le groupe sur ses épaules. Et donc, après l'extrêmement mélodique et surprenant "The Silent Howling", nous voilà plantés devant cette cuvée 2010 qui n'a rien de honteux à nous présenter, bien que ce ne soit pas l'album le plus éclatant de tous. Les fans inconditionnels ont tout de même de quoi faire, et ça tombe bien parce que je fais partie de ceux qui sont acquis à la cause depuis le début.

Bon, déjà, on a encore Hrubovcak qui se charge de la pochette. Et comment dire, chez Visual Darkness, les pochettes c'est un peu toujours les mêmes : des nanas en plastiques qui se font éventrer par Photoshop. Et là ben, on commence à se retrouver avec ce qui peut se faire de pire, autant la gargouille a de la gueule, autant absolument tout le reste est foireux et a sa place sur Nanarland. M'enfin c'est du détail, si il fallait s'arrêter aux pochettes on passerait à côté de la majeure partie de la disco du combo des 20 dernières années donc bon.
En tout cas on note une innovation. Normalement, pratiquement tout album de SINISTER débute par une intro kitsch absolument nulle à en chier du sang. Eh ben là, "Herd Of Damnation" défonce bien, se fait martiale et plonge direct dans l'ambiance, et c'est pour enchaîner sur un "Into The Blind World" d'anthologie qui ravage tout sur son passage, porte la patte du combo brandie comme un étendard, fournit son lot de riffs qui déboîtent et ne faiblit jamais, d'office consacré meilleur titre de l'album et l'un des plus jouissifs de la discographie complète, carrément, tellement c'est épique à souhait (cette intro !), brutal (purée ces blasts !) et ultra catchy (ouaich les riffs ma gueule !).

Sinon, on reprend en gros là où on s'était arrêté à l'épisode précédent, mais en arrêtant de faire du Prog Mélodique qui se perd pour se recentrer sur un truc plus Old School, percutant à mort. Et ça fonctionne la plupart du temps. Genre se bouffer l'ogive "The Sin Of Sodomy" dans la face, ça donne envie de faire plein de métaphores rigolotes en rapport avec le titre du morceau. Parce que ça encule grave et qu'on aime ça. Mais toujours est-il que "Legacy Of Ashes" a quand même un peu de mal à s'imposer vraiment comme un immanquable de la discographie du combo néerlandais. Parce qu'il est en somme toute juste classique et représente l'incarnation évidente de la musique pratiquée par la mouture post-reformation, ni plus ni moins. Avec un son ultra sec et puissant mais peut-être pas assez gras, manque de gras qui se ressent aussi un peu dans la voix de Aad qui fait plus forcée que par le passé et sonne surtout très sèche et hargneuse, ce qui a son charme, la prouesse de chant guttural balancée sur "Afterburner" n'est pas réitérée.

En fait, le problème principal c'est le manque de mémorabilité des morceaux proposés. On a le premier titre qui met tout le monde à genoux, la violence débridée de "The Sin Of Sodomy" qui fait office de plus gros hit et un titre éponyme qui ralentit le tempo et se permet un refrain simpliste et fédérateur, mais sinon ça propose certes du bon riff à la pelle mais ça rentre par une oreille et ça sort par l'autre. Et le fait que la fin d'album soit un tantinet plus mélodique que le reste n'y change pas grand chose. Le break saccadé de "The Hornet's Nest" n'a de plus pas grand chose à foutre là malgré l'ambiance d'apocalypse qu'il apporte, par contre je plussoie grandement "Righteous Indignations" qui semble tirée de l'album précédent et prouve que ce genre d'exercice est jouissif à petites doses. Et au moins, ces putains de voix samplées ont été bien réduites en nombre. Enfin bref, tout ça pour dire qu'il n'y a pas de doutes possibles, "Legacy Of Ashes" botte des culs et sait ce qu'il fait, mais souffre d'un excès de classicisme qui semble n'en faire qu'un album de plus recentrant le groupe dans sa ligne de mire originelle mais n'apportant guère plus, si ce n'est une tripotée d'excellents titres qui ont de quoi faire très mal en live.

Et au fond, c'est déjà cool non ? Je veux dire, bien que quand on veuille écouter à tout prix du SINISTER c'est pratiquement jamais sur celui-là qu'on va tomber vu qu'au final c'est clairement l'un des plus oubliables, il ne faut pas non plus bouder son plaisir et se priver du très bon moment de Death Metal qui flirte de plus en plus avec le Brutal Death qui nous est proposé là. Parce qu'il y a quand même plein d'instants qui meulent grave. Parce que Aad et sa clique savent ce qu'ils font et nous proposent un opus incroyablement pro et calculé, qui nous prouve que même avec une baisse de régime la formation tient toujours et qu'on pourra compter sur eux pendant encore un paquet de temps.
Et putain, rien que ça c'est beau. De voir une telle passion, une telle débauche, une telle énergie après toutes ces années, une identité reconnaissable entre mille malgré les dizaines de copieurs qu'on voit partout. Voilà quoi, merde. Un peu de respect.

Héritage : SINISTER est toujours bien vigoureux, le poids des années n'a aucune emprise, et malgré le classicisme de cette livraison, il est impossible de ne pas la recommander avec la main sur le cœur...

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- Aad Kloosterwaard (chant)
- Alex Paul (guitare, basse)
- Edwin Can Den Eeden (batterie)


1. Herd Of Damnation
2. Into The Blind World
3. The Enemy Of My Enemy
4. Anatomy Of A Catastrophe
5. The Sin Of Sodomy
6. Legacy Of Ashes
7. The Hornet's Nest
8. Righteous Indignations
9. The Living Sacrifice



             



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