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DEATH PROGRESSIF ONIRIQUE  |  STUDIO

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The CHASM - Conjuration Of The Spectral Empire (2002)
Par DARK MORUE le 12 Janvier 2014          Consultée 2544 fois

The CHASM, c'est quand même un groupe franchement pas évident. De l'underground intelligent, qui donne de grandes lettres de noblesse au Death Metal en l'enrichissant à foison et en pratiquant au final une musique mystique, diverse et puisant ses inspirations partout, aussi violente que doucereuse, avec toujours une patte et surtout un hermétisme impressionnant.
"Conjuration Of The Spectral Empire" est un album à part. Une œuvre qui renoue avec le mysticisme pur qui avait été un peu abandonné sur le démentiel "Procession To The Infraworld" au profit d'une musique plus brute et frontale nous calant ses éclairs de génie directement sous la gorge. Coincé entre les deux brûlots les plus directs du groupe ("The Spell Of Retribution" étant nettement plus classique et fondamentalement Death Metal, décevant venant de The CHASM mais ayant eu l'énorme avantage de permettre de faire connaître le groupe), cet album éclatant n'en reste pas moins déstabilisant.

Sorti tout juste 2 ans après le sommet discographie du groupe et 1 an après l'EP "Reaching The Veil Of Death" avec un line-up pratiquement identique (juste un changement de bassiste), "Conjuration Of The Spectral Empire" déstabilise un peu pour quiconque attend qu'on reste sur les acquis plus directs des œuvres récentes. L’anticonformisme absolu et revendiqué de la troupe est ici à son paroxysme et on retrouve les sonorités épiques et calmes des deux premiers opus tout en restant sauvagement campé sur la hargne tout juste acquise par ce côté Death Metal renforcé.
Après une intro onirique instrumentale de 5 min 30 (ouarf d'accord très bien), on tâte de "The Conjuration" et bien que le morceau en lui-même soit une tuerie évident, on sait vraiment pas sur quel pied danser. Ce premier morceau nous annonce tout : ça démarre comme du Black Mélodique pour enchaîner sur des riffs typiquement Heavy, avant de reprendre une violence toute Death Metal, livrer des riffs tordus dans une atmosphère chatoyante, et vas-y que ça accélère et que ça nous entraîne dans une spirale de flammes avec un chant possédé qui ne sait pas où se caler entre Death et Black. De nombreux visages se succèdent, de manière claire et fluide, cependant il y a comme un problème : on est totalement perdu. On comprend très bien ce qu'on écoute à un instant T, mais on ne pige pas où tout ça veut aboutir. Une très longue décantation risque donc de s'imposer pour saisir la richesse et la subtilité du machin.
Certes, on accroche à tous ces riffs mélodiques diablement accrocheurs d'une qualité et d'une unité exemplaire, ça sonne True et intègre, c'est à la fois agressif et beau. Mais alors pour rentrer dedans, bon courage. Un unique morceau vient de passer et on a pas la moindre idée de ce qu'on est vraiment en train d'écouter tant l'ambiance change, tant on a l'impression d'écouter 4 morceaux au sein d'un seul, et qu'on passe des enfers au paradis sans transition.

Et là est tout le problème de "Conjuration Of The Spectral Empire", qui est une qualité chez les personnes habituées : y en a trop, partout. Faut choisir son camp : l'adoration ou la saturation. Parfois c'est incongru, comme le début de "Dark Cloud" qui semble être un gros clin d’œil au "Angel Of Death" de SLAYER (si, si), souvent pas tant que ça quand on connaît leur œuvre passée. Les riffs impériaux et conquérants sont de la partie, tout comme les soli furieux, les grosses accélérations épiques et les parties calmes oniriques et feutrées. Et chaque titre renferme absolument tout, mais toujours d'une manière bien différente afin de donner à chaque morceau une autre optique, une manière différente d'aborder la musique. Sur "Dark Ecstasy Of Pain & Destruction", tout est purement brûlant et démoniaque, frontal, là où le morceau suivant est bien plus cotonneux et renoue totalement avec "From The Lost Years" pour le meilleur et pour le pire. D'ailleurs la référence ne s'arrête pas là avec la présence de "I, The Pathfinder II", qui arrive à nous décocher de sacrées mélodies enivrantes au milieu de son climat désolé et des parties rapides ravageuses.

Mais malgré quelques percées nettement plus catchy comme "Reveal The Truth" ou "Master Of The Arcane Torment", on reste souvent un poil sur le carreau, en observant de loin Corchado et ses sbires déchaîner l'apocalypse et faire se succéder les quatre cavaliers. Cependant, la fin d'album change tout. D'abord cette avant-dernière piste mélodique annonciatrice de mauvaise augure, puis "Procession To The Infraworld" qui déboule en galopant. Et là, pas la peine de résister, cette pièce fait à elle seule gagner un point complet à l'album. Titre instrumental portant le nom de l'album d'avant (oui c'est logique chez eux, matez la tracklist de "From The Lost Years") de 9 min 30 (rien que ça) qui prend cette fois le temps de se poser et réfléchir à chaque note jouée, et enchaîne les plans sans que la moindre forme de baisse d'attention ou de lassitude n'arrive. Y'a même des riffs Heavy/Thrash qui pètent à la gueule dans une ambiance quand même méchamment anti-cosmique, et ça c'est cool.

THE CHASM, ça défonce. Qu'on se le dise. Nous avons ici l'album le plus représentatif de toute la carrière du groupe : c'est mélodique, c'est violent, ça part dans tous les sens, ça te sort autant d'ambiances malsaines et cultistes que de mélodies en provenance directe d'une autre dimension, le tout étalé sur presque 1 h de musique donc 18 min de titres instrumentaux. Dit comme ça, on le sait, c'est évident, c'est lourd à digérer. Totalement unique et puisant ses influences absolument partout, ne ressemblant à rien d'autre et se présentant comme la quintessence du Metal Extrême dans sa version la plus raffinée. Après, pour rentrer dedans et écouter, faut le vouloir. Mais on sent le talent transpirer de toutes les pores de la musique, bien que son assimilation semble ne pas être l'apanage des simples mortels.
Alors si vous êtes tentés par le groupe, commencez par "Procession To The Infraworld", puis "Deathcult For Eternity", puis celui-là, et vous saurez à ce moment-là si vous avez rejoint les fans du groupe ou si vous êtes totalement hermétique. Dans tous les cas un combo important et intègre par-dessus tout qui force un respect puissant.

Flgh'n zaakh'tle : La synthèse de The CHASM, contenant des morceaux ultimes, mais boudiou qu'il est pas facilement abordable cet album...

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   DARK MORUE

 
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- Daniel Corchado (chant, guitare)
- Julien Viterbo (guitare)
- Alfonso Polo (basse)
- Antonio Leon (batterie)


1. Deathcult Arrival
2. The Conjuration
3. Dark Cloud
4. The Ecstasy Of Pain & Destruction
5. Brand The Mournful Liberation
6. Master Of The Arcane Torment
7. Traveling Through Chaos (i, The Pathfinder Ii)
8. Reveal The Truth
9. A Soulstorm Bleeds Over The Horizon
10. Procession To The Infraworld



             



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