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DEATH METAL ATMOSPHERIQUE  |  STUDIO

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NOMAD - Transmigration Of Consciousness (2011)
Par DARK MORUE le 20 Mars 2012          Consultée 2497 fois

Quand un groupe change de style, ça gueule toujours. Plus ou moins fort, c'est tout. Le revirement est pas apprécié de la communauté des metalleux aussi conservateurs que râleurs. A moins que ce ne soit les français dans leur intégralité. Bref, discours éculé, parlons plutôt de NOMAD si vous le voulez bien.
Un groupe qui date donc. De Pologne en plus. 1994, ça commence à remonter. Avec même un gratteux de BEHEMOTH dedans. Comment ça se fait que strictement personne n'en ai rien à carrer de ce groupe alors, malgré le fait que cette chronique parle de leur 5ème album en date ?
Ben parce que c'est quand même pas super bien, faut le reconnaître. Du Death Brutal qui blaste bien torché, sorte de sous-LOST SOUL, mais strictement rien à dire dessus.
Mais maintenant en 2011 il y a revirement, ça change, du coup c'est pas pareil. C'est même différent.

En tout cas, une chose est sûre, cet album risque fort de subir un beau lynchage. Genre à la CRYPTOPSY quoi, tellement le changement de bord est brutal, même si la comparaison s'arrêtera là tant la nouvelle voie empruntée par NOMAD sort des sentiers battus et des courants en vogue.
Le niveau technique est vu à la rabaisse, les blasts sont supprimés, les tempos divisés, la brutalité vaporisée. On donne dans un Death Metal Atmosphérique misant tout sur une ambiance, une veine spirituelle, extrêmement particulier et qui ne passe pas du tout aux premières écoutes.
Un fan de Death Metal actuel se ferait même épiquement chier en écoutant cette galette. Les premiers contacts sont pénibles, tout semblant d'un mou, d'un pataud absolument affligeant, poussant le pauvre fan de zombies en rut à s'arracher les cheveux à défaut de pouvoir les faire tournoyer. Oui, il faut faire l'effort de rentrer dans le machin, c'est clair, mais les chances de se faire chier dans des dimensions épiques au détour d'une écoute hasardeuse sont tellement immenses que je pense que les découragés seront légion.

Parce que bon, on voit la pochette (magnifique) qui part dans des contrées étranges pour un groupe disposant d'un tel passé, et surtout les 19 titres qui n'en sont en réalité que 8... BAM chaque morceau séparé par une "Intro", allant des nappes de claviers épiques et miroitantes à une fin de soirée en taverne barbare totalement hors sujet. Tout ça rappelle le "Angelus" de SUP, en espérant que la digestion soit un peu moins longuette... Surtout qu'on n'affiche que 40 minutes au compteur cette fois.

Musicalement, on reste bien ancré dans le Death Metal, pas de doutes. Riffs tranchants, vocaux growlés à la UNLEASHED ou plus arrachés/clairs en Viking ("Abyss Of Meditation" plus que guerrière), son gras mais tempos globalement plombés et musique simpliste. Toute forme de technique est étrangement ici totalement absente, pour un résultat semblant basique à souhait au premier abord mais révélant en faite un véritable travail d'orfèvre. Peu de notes, toujours sobre, tout reste à sa place et on instaure une putain d'ambiance. Dur de croire que je parle de Death Metal, mais des morceaux comme "The Demon's Breath" en ouverture tendent à le prouver : quelques notes de claviers bien placées, un feeling qui s'installe et hop on part taper des méchants nuages dans le vortex du chaos philosophique de ta sœur. Si un nom devait revenir ici, ce serait THE MONOLITH DEATHCULT. On se croirait revenu sur "Trivmvirate" mais sans l'armada d'orchestrations et samples. Et c'est là que NOMAD fait très fort. Partir de pas grand chose et nous catapulter dans l’Éther avec une force évocatrice poignante. La triplette "Dazzling Black"-"Identity With Personification"-"Pearl Evil" n'en finit pas de nous laisser triper à l'avant d'un drakkar volant par quelques pauvres mélodies lancinantes et un placement de voix qui secoue les entrailles.

Bizarrement extrêmement prenant une fois son cœur pénétré, sachant nous rentrer dans le crâne ses mélodies simples ("Dazzling Black" ou l'absolument démentielle "Pearl Evil"), disposant d'une ambiance qu'on trouve rarement dans le Death Metal, étrange et mystique, ne jouant que très rarement sur les effets grandiloquents en préférant faire jouer la symphonie aux guitares plutôt qu'aux claviers. Spécial, intriguant. La présence de batterie martiale et d'un son de guitare précis, net et tranchant nous rappelle néanmoins que c'est tout de même du Death qu'on est en train d'écouter, les derniers titres remettant les pendules à l'heure avec un "Raised Irony" pour le coup carrément sympho mais menaçant et "Four Percent Of Hate" qui booste le tempo et se met à groover la mort. La schizophrénie vocale ambiante n'y étant de toute façon pas pour rien, Bleyzabel ne cessant de haranguer l'auditeur, passant d'un chant Death profond à des hurlements épiques qu'on imagine sur un pic de glace brandissant son glaive en pâte à sel dans un lac torrentiel de ruches en fusion ; renforçant donc aussi bien les penchants propres aux racines de la formation que les envolées épiques qui soufflent en rafale.

Voilà un album qui ne peut absolument pas laisser indifférent. Death Metal à ambiance, n'ayant pour vocation que celle de faire planer dans un cyber-valhalla quasi inédit en y sacrifiant souvent sa brutalité et sa fougue. Réfléchit, fouillé, varié, particulier, personnellement c'est un beau coup de cœur qui pointe son nez trop tardivement. Et même si je comprendrais très bien que le Deatheux lambda vomisse sa bile sur cette œuvre trop mollassonne, je ne peux que conseiller au reste de jeter ne serait-ce qu'une oreille pour découvrir un assemblage de sons étranges sortant des clichés habituels et pouvant même faire tomber un paquet de préjugés sur un genre entier.

Suite logique de mots : Les aventuriers du doux extrême s'avancent et se forgent leur opinion. Les bourrins purs et durs peuvent disposer. En tout cas, moi j'adore.

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- Bleyzabel Balberith (chant)
- Patrick Seth Bilmorgh (guitare)
- Hydrant Hydrousus (basse)
- Nameless Immenus (guitare)
- Domin Dominus (batterie)


1. Intro 'are You Ready'
2. The Demon's Breath
3. Intro
4. Dazzling Black
5. Intro
6. Identity With Personification
7. Intro
8. Pearl Evil
9. Intro
10. Abyss Of Meditation
11. Intro
12. Flames Of Tomorrow
13. Intro
14. Raised Irony
15. Intro
16. Four Percent Of Hate
17. Outro



             



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