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BLACK FOLK ORAGEUX  |  STUDIO

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ARKONA - Yav (2014)
Par VOLTHORD le 26 Mai 2014          Consultée 5186 fois

Avec ARKONA, Il y a toujours une zone de battement entre deux exploits.
Succédant au coloré et surprenant "Vo Slavu Velikim", il y avait l’étrange et parfois convenu "Ot Serdtsa K Nebu". Après le grandiloquent "Goi Rode Goi!", il y a eu les longueurs et les quelques manques d’inspiration de "Slovo". Et voilà "Yav", qui vient non seulement redorer le blason d’un ARKONA qui fêtait récemment sa décennie d’existence (DVD live de 3 cd ultra dense mais pertinent), mais va bien au-delà de nos espérances.

ARKONA a rassemblé les nuages les plus noirs, et a finalement délaissé ses airs de fête. Les incantations de "Zarozhdenie" sont les premières minutes d’un rituel aussi énigmatique qu’hypnotique qui, une heure après, ne fera que monter en intensité vers un final aussi déchirant que grandiose.
Dans un élan de courage salvateur, ARKONA s’est défait de la démarche certes nécessaire mais on ne peut plus « classique » que la plupart des groupes épiques empruntent, à savoir un enrichissement de la partie folk ; l’inclusion d’instruments à cordes et d'une chorale. Ici, ARKONA revient sur les fondamentaux, pesant de tout son poids son influence première : un Black Metal païen et électrique, finalement plus atmosphérique que Folk.

Plus que salutaire "Yav" sonne définitivement le glas des traces d’optimisme folklo-sautillant qui régnaient en maître sur "Vo Slavu Velikim" pour resurgir plus épisodiquement dans les productions suivantes. "Yav" capte l’essence fondamentale d’une mélancolie, d’un spleen originel qui se défait de la composante folk tout en la rendant clairement palpable (notamment via une guitare acoustique omniprésente). Intéressant d’ailleurs que Masha Scream elle-même déclare dans une interview que cet album n’est pas « folk ». Cette exagération va dans tous les cas dans le sens du propos : la mise en retrait de l’élément qui faisait pourtant tout le cachet du groupe jusqu’à présent (et rajoutait au gimmick slave) constituait un risque d’autant plus important que les Russes parviennent à non seulement garder une identité sonore bien définie, mais prouve que cette dernière ne tient pas qu’à sa seule composante traditionnelle.

Mais il n’est surtout pas question de l’album le plus violent du groupe.
Le plus sombre ? Certes. Le plus complexe dans ses structures et dans son approche des rythmes ? Très certainement, le premier titre en fait déjà office d’exemple par excellence, alors que la voix de Masha démultipliée se prend dans une houle de guitares éplorées et orageuses, de rythmes cassés et d’instruments folk virevoltants.
La mise en valeur d’une guitare qui prend vie comme jamais dans les compositions du groupe charpente chaque titre et les rend plus organiques que jamais. De la même manière, c’est étrangement le retour d’une utilisation profuse du clavier qui confère à cet album son ampleur atmosphérique. ARKONA emprunte alors des textures électroniques à l’aura énigmatique rappelant le New Age et l’Ambient, des pianos tapageurs essentiels ou des sons de clavecins, de ‘chœurs’ et des nappes froides typiques du Black Atmo des années 90.

"Yav" est une messe païenne qui transpire le sacré à chaque accord et à chaque mélodie. Dans sa multitude de variations, sa méticulosité, son authenticité et ses pointes de grandeur, il se rapproche du "The Voice Of Steel" de NOKTURNAL MORTUM. Rien que ça.

Masha Scream elle-même se surpasse. "Yav" est porté par ses implorations blessées et déchaînés, souvent à mi-chemin entre le chant et les cris. Simplement hallucinante et plus touchante que jamais (on n’aura jamais aussi bien « compris » le russe), c’est finalement lorsqu’elle partage le chant avec Thomas Väänänen (ex-THYRFING) que l’album retrouve des couleurs épiques cernées par un refrain libérateur ("Ved'ma").

J’aurais voulu vous parler encore davantage du tribal "Na Strazhe Novyh Let", de ce "Zov Pusty Dereven’" aussi furieux que plaintif, d’un "Serbia" semblant cerner à lui tout seul les blessures d’un pays entier, du doux et éreintant "Gorod Snov", et même de ce titre-fleuve "Jav" et ses lignes de chant plus que jamais vécues comme un exutoire. Mais il est tellement difficile de décrire cet album sous toutes ces coutures que je préfère vous renvoyer à une écoute plus qu’attentive de cette perle et à me retirer en allouant une note maximale rare et plus que méritée.

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   VOLTHORD

 
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- Maria 'masha Scream' Arkhipova (chant, claviers)
- Sergei 'lazar' Atrashkevich (guitare)
- Ruslan 'kniaz' Rosomaherov (basse)
- Vladimir 'volk' Reshetnikov (vents)
- Andrey Ishchenko (batterie)


1. Zarozhdenie
2. Na Strazhe Novyh Let
3. Serbia
4. Zov Pustyh Dereven’
5. Gorod Snov
6. Vedma
7. Chado Indigo
8. Yav
9. V Obyatyah Kramoly



             



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