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FOLK METAL EXTREME  |  STUDIO

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ARKONA - Khram (2018)
Par VOLTHORD le 9 Avril 2018          Consultée 1010 fois

ARKONA n’a plus peur d’être clivant pour son public. Lors de sa tournée 2018, le groupe joue trente minutes d’une musique sombre et agressive, qui blaste son désespoir. C’est lorsqu’il revient sur scène pour piquer de ses productions antérieures autant de ritournelles de joyeux lurons éméchés et d’hymnes de guerrier prêt pour la bataille que l’on réalise ce que le groupe a parcouru. C’est aussi là que l’on se rend compte qu’une bonne moitié de son public tire la tronche.

Avec "Khram", la fête est finie, définitivement.

Après un "Yav" redéfinissant les règles du jeu, les Russes cherchent désormais à être le synonyme d’un mal-être spirituel allant bien au-delà des seules frontières nationales. Le retour à la Terre se fait dans l’intimisme du Black Metal, où le shamanisme devient central et non plus accessoire. "Yav" perdait de ses éléments Folk ? "Khram" les distille d’autant plus rarement. Même cette atmosphère plaintive exécutée par le clavier, qui était peut-être l’une des plus grandes trouvailles du précédent album, est distillée par petites touches. C’est la guitare qui mène la danse, en corps à corps avec une Masha toujours excellente.

Ainsi les 17 minutes de "Tseluya Zhizh" sont déjà sur album un réel calvaire pour qui s’attendrait à quelques pas de danse autour d’un accordéon en feu, mais le morceau en live donne presque l’impression de venir de KAMPFAR davantage que d’ARKONA. Porter un tel titre devant le public de KORPIKLAANI est un acte de suicide délicieux. Au demeurant, cette pièce paraît assez décousue et, pour la réalisation la plus longue du groupe à ce jour, les longueurs sont tout de même assez nombreuses. Il est néanmoins assez représentatif de ce que sait désormais faire l’ARKONA post-"Yav".

D’une part par son jeu de mélodies imbriquées dans une coquille où la violence parle avec le cœur. On pouvait toujours reprocher aux guitares de "Goi Rode Goi !" (même "Slovo") assez peu de puissance, depuis "Yav", le problème est définitivement réglé. On perd cependant en mélodie ce que l’on gagne en riffs sauvages : la focalisation sur l’ambiance, le choix qui sera de trop, et fera toute la différence entre l’incroyable tristesse de "Yav" et la sauvagerie de "Khram".

D’autre part, ARKONA est définitivement sur la voie de MOONSORROW dans sa tendance à s’orienter progressivement sur des formats longs. C’était le choix également d’un NOKTURNAL MORTUM sur sa dernière galette, comme quoi le monde du Pagan Metal "sérieux" devient de plus en plus "progressif" dans le sens vulgaire du terme.

Dernièrement, on note un fort mimétisme de "Khram" lorsqu’on le met en parallèle avec "Yav".
Ainsi, lorsqu’ARKONA calme sa tempête de riffs après les cinq premières minutes, on a tout de même l’impression bizarre d’entendre un break bien trop proche de "Na Strazhe Novyh Let" (sur "Yav"). Car là sera donc à la fois la limite de "Tselya Zhizh" autant que de l’album dans son ensemble : il est le (trop) digne fils de "Yav". Encore plus perturbé, et plus colérique que triste, certes, il ne crée pas réellement de cassure ni de nouveauté dans l’approche qu’avait développé les Russes.

Affubler "Khram" de seulement trois étoiles pourra paraître extrêmement sévère tant il recèle de pièces de qualité et tant les efforts de composition sont palpables. Malgré toutes ses bonnes intentions, "Khram" demeure aussi trop homogène là où "Yav" parvenait à garder autant en nuances qu’il perdait en artifices. Surtout du côté de Masha qui livre une prestation toujours excellente mais moins exceptionnelle que sur "Yav" où toute la nuance de sa personnalité et de son chant étaient amenés à leur stade le plus abouti.
Un album malgré tout plus nécessaire et intéressant que décevant.

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   VOLTHORD

 
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- Masha 'scream' (chant)
- Sergei 'lazar' (guitare)
- Ruslan 'kniaz' (basse)
- Andrey Ischenko (batterie)
- Vladimir 'volk' (instruments folk)


1. Mantra (intro)
2. Shtorm
3. Tseluya Zhizn'
4. Rebionok Bez Imeni
5. Khram
6. V Pogonie Za Beloj Ten'yu
7. V Ladonyah Bogov
8. Volchitsa
9. Mantra (outro)



             



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