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BLACK METAL  |  STUDIO

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EMPEROR - Anthems To The Welkin At Dusk (1997)
Par POSITRON le 16 Avril 2018          Consultée 205 fois

En bon contrarien obstiné, défenseur de la cause inutile, porte-étendard du Seul Bon Goût™, j'ai longtemps fustigé l'aveuglement du fan qui oserait contredire mon jugement, comme s'il s’agissait d'une forme de mauvaise volonté si ce n'est carrément une forme de maladie mentale – ne riez pas je vous prie on a tous été jeunes – sans saisir qu'il y avait dans cette forme d'entêtement une forme de beauté toute particulière que je commence seulement à appréhender. Car comme l'aveugle ne pourra jamais concevoir entièrement ce que c'est de voir, il s'agit d'une beauté ineffable dont l'expérience doit être vécue directement – et même plusieurs fois pour ceux qui comme moi sont une peu durs d'oreille.

Alors bien sûr chroniquer "Anthems To The Welkin At Dusk" (face visible) contre chroniquer "In The Nightside Eclipse" (face cachée), préférer l'un ou l'autre, quelle importance puisqu'il s'agit bien du même astre lunaire et avec quelle facilité parle t-on en miroir de l'un lorsqu'on s'exprime sur l'autre. Il a fallu que j'écrive pendant une rechute de mon Athemite aiguë tandis que mon Eclispite chronique me laisse un peu tranquille ces jours-ci, ainsi va la vie, mais je possède la certitude que l'une et et l'autre ne cesseront pas de me tourmenter jusqu'à ce que mes oreilles tombent en poussière, comme elles n'ont cessé de me tourmenter depuis le jour où je perdis ma virginité Black Metal sur l'introduction de "I Am The Black Wizards" dans le coin le plus sombre de la médiathèque de mon lycée : petite pensée émue au seul ordinateur dont la prise audio fonctionnait encore.

La maladie chronique laisse des séquelles à vie et c'est ainsi que graduellement je perdis la vue jusqu'à connaître aujourd'hui les délices de cette cécité bien particulière et fort heureusement bien moins handicapante que celle bien réelle dont souffrent ces curieux personnages à lunettes et à cannes qui déambulent dans nos rues et nos campagnes. C'est avec la plus exquise des autosatisfactions que je jouis de mon incapacité à diriger mon regard vers la plus petite imperfection, à effectuer le plus petit commentaire sur la production, à relever le plus petit manquement à la justesse, le plus petit relâchement dans la composition, la plus petite faute de goût dans les paroles ou même la plus petite trace d'immaturité chez des adolescents embarqués un peu trop loin dans un mouvement qu'ils ne maîtrisaient pas.

Et pourtant je possède de celles-ci une connaissance que ma fausse humilité m'empêche d'appeler parfaite : EMPEROR est une marque indélébile dans mon esprit qui affecte chaque riff que j'écris, chaque mélodie que je chante, chaque déplacement de mes doigts sur des cordes, chacun de mes coups de poignet tenant des baguettes, chaque son de synthétiseur que je façonne avec maladresse, chaque excès de réverb qui vient polluer mes mix.

Et chaque fois que j'écris de la musique je suis confronté à cette réalité permanente et insupportable : je n'ai jamais écrit et n'écrirai jamais "I Am The Black Wizards", "Thus Spake The Nightspirit", "Inno A Satana", "With Strength I Burn". À moins d'inventer le voyage temporel – et j'y travaille – mon échec est total, infini, éternel et curieusement libérateur. Car si la beauté des deux meilleurs albums d'EMPEROR devrait vous apparaître comme évidente – sans quoi vous avez toute ma compassion pour votre infortune – il faut pour ressentir tout le sublime d'être englouti dans une musique plus grande que soi, la vivre jusqu'au bout. C'est pourquoi je brûle de jalousie envers les plus âgés d'entre vous qui peut-être écoutent ces disques depuis quinze ou vingt ans. Et même si après toutes ces années d'investigations passées à comprendre EMPEROR, même si je dois après tant d'efforts et de ténacité me résoudre à accepter la dure leçon de Socrate...

Grant me sight so I can see
That which lies ahead of me
Cursed be my mortal eyes
For dying in this realm of death

Hear my call

I return to the soaring cliffs
They truly shine of strength
Even though I nothing learned
With strength I burn

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- Ihsahn (chant, guitare, claviers)
- Samoth (guitare)
- Trym (batterie)
- Alver (basse)


1. Al Svartr (the Oath)
2. Ye Entrancemperium
3. Thus Spake The Night Spirit
4. Ensorcelled By Khaos
5. The Loss And Curse Of Reverence
6. The Acclamation Of Bonds
7. With Strength I Burn
8. The Wanderer
9. In Longing Spirit



             



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