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CONVERGE - The Dusk In Us (2017)
Par ISAACRUDER le 10 Décembre 2017          Consultée 1388 fois

La matinée est fraîche, le ciel gris comme le béton des villes nord-américaines. J’ai le casque sur les oreilles, le dernier CONVERGE en intraveineuse, le Hardcore comme moment parfait pour une ballade en ville. Je marche tranquillement, et pendant que je marche je regarde les gens, et j’attends de trouver la grosse merde à insulter, à juger, celle qui me fera ma journée. C’est mon petit plaisir de petit minable, créer des instants de violence intérieurs couplés à la violence qui se déverse dans mes oreilles. Mon scanner à connards est au maximum de sa capacité lorsque je le croise, lui, l’élu. C’est un vieil homme, qui boite sur une canne sculptée maison, et donc merdique. Au départ il n’y a aucune assurance que cet arbre centenaire va devenir le réceptacle de ma haine. Après tout c’est un vieux monsieur qui me rappelle Gandalf, avec une barbe magnifique, un manteau en cuir. Bref, un swag insolent. Sa démarche est lente, il peine à faire fonctionner ses jambes, il attire la pitié des regards. Je le suivais depuis quelques minutes lorsque je vis sa tête se dresser. En face de lui, le bus arrivait. Il y avait bien cent mètres entre son corps de mozzarella et cette machine immortelle. Je me disais déjà qu’il allait soupirer de tristesse, vaincu une nouvelle fois par la ville moderne, son fonctionnement implacable, plus implacable encore pour les anciens. Mais non. Non. Au lieu de s’effondrer comme un perdu, de pleurer comme une victime, ce vieux connard se mit à courir la canne à la main, tel Yoda qui fait des backflips face à Palpatine. Cette immonde espèce sous-sociale certainement nourrie aux aides de l’État était en train de niquer Usain Bolt pour attraper le bus. Ce guépard à barbe blanche parvint au véhicule, reprit sa canne de traître, et se fit aider par deux jeunes à monter dedans. Je ris fort face à cet untermensch interstellaire. Son génie était d’un niveau tel qu’il bouleversa mon écoute du dernier album de CONVERGE.

CONVERGE est ce vieil homme. Ce vieil homme est CONVERGE. Comme les deux faces d’une même pièce, ces deux bâtards aiment piéger le public. Comme mon Monsieur Doubtfire infernal, CONVERGE a fait mine de boiter avec "All You Love You Leave Behind" et ses riffs tirés d’un sous-album de KREATOR. C’était sans compter sur sa patate, toujours intacte, bien qu’altérée. À l’instar de ce vieux croûteux, CONVERGE peut encore piquer des sprints pour attraper le bus, mais il n’est certainement plus sûr d’obtenir une place au fond, avec les racailles, les vraies, celles qui mettent le son de force dans le véhicule. Le leadership n’est plus le sien, ne nous trompons pas. Elle est loin l’époque enchaînement aux poings crochet gauche/crochet droit/uppercut aka "Jane Doe" / "You Fail Me" / "No Heroes".

Pourtant CONVERGE a encore des balles dans sa Thompson, en témoigne la triplette gagnante "Under Duress" et son Noise à la UNSANE, "I Can Tell You About Pain", tout droit sorti d’un bon "Jane Doe" ou "A Single Tear" à mi-chemin entre le Screamo de "You Fail Me" et l’aspect véloce déjà présent sur "Axe To Fall". Oui, CONVERGE frappe toujours fort, et des morceaux comme "Arkhipov Calm", malgré quelques redondances, déchiquètent la plage de Normandie à la schrapnel (ironique comparaison pour Arkhipov, le soviétique grâce à qui on a évité un cataclysme nucléaire). Même des titres plus anecdotiques comme "Eye of The Quarrel" pètent des bouches, avec leur côté Punk Hardcore débilos assumé, ou bien "Cannibals", boucherie imbécile à la fin tout droit sortie d’un blockbuster de SLAYER.

Si CONVERGE semble encore avoir l’énergie de son jeune âge, il est aussi parfois en flagrant manque d’idées. Des titres dispensables comme "Wildlife", "Murk And Marrow" ou "Broken By Light" en sont la preuve. Ne parlons même pas de la conclusion "Reptilian", symbole ultime de la beauferie et de la facilité dans laquelle CONVERGE s’était engouffré sur son précédent album. Étonnamment, après un début d’album sacrément méchant, CONVERGE s'essouffle, ses idées s’arrêtent, comme s’il avait envoyé l’assaut final dès le départ. Un aspect ressenti d’autant plus que "The Dusk In Us" se veut un album plus aéré, avec des morceaux plus calmes à la construction Pop, comme l’éponyme ou "Thousand Of Miles Between Us". Seulement voilà, on se fait chier. Et ce ne sont pas les tentatives de Bannon de chuchoter comme un Emo qui sauveront le naufrage. Ces tentatives ratées explosent un album qui aurait mérité de bénéficier d’audaces du même acabit que "Trigger". Ce dernier est certainement un des points majeurs de cet album. Un essai original, puissant et jouissif. Du groove semi-Blues crado avec du Noise en pagaille, des refrains mur de son façon barrage de napalm en Corée du Sud et un chant Punk décadent bien dégueulasse.

"The Dusk In Us" n’est pas un mauvais album. Il n’est pas non plus un excellent album. Ni un très bon d’ailleurs. La majorité de la presse en dira du bien, mais c’est normal, on appelle ça du corporatisme. Il faut polir le bout des contacts, et surtout continuer à appartenir à la scène. Être "in" c’est dire que CONVERGE est le meilleur groupe du monde. La vérité c’est que cet album est correct, sans plus, et que CONVERGE ne reviendra jamais à ses débuts. Parce qu’une fois entré dans la célébrité, avec un studio qui tourne, un label qui tourne et un style de vie de hipster de Boston, difficile de crier une rage sincère. Rien d’étonnant donc mais il faut se mettre ça dans le crâne : CONVERGE s’écoute avec plaisir, mais il ne représente plus le fer de lance d’une scène. Après tant d’années de talent, on ne peut pas lui reprocher. Il entre dans la loge maçonnique des SLAYER et cie. Un vieux à canne qui peut encore attraper des bus mais qui devrait songer à pisser dessus plutôt qu'à monter dedans.

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- Jacob Bannon (chant)
- Kurt Ballou (guitare, chant)
- Nate Newton (basse, chant)
- Ben Koller (batterie)


1. A Single Tear
2. Eye Of The Quarrel
3. Under Duress
4. Arkhipov Calm
5. I Can Tell You About Pain
6. The Dusk In Us
7. Wildlife
8. Murk And Marrow
9. Trigger
10. Broken By Light
11. Cannibals
12. Thousand Of Miles Between Us
13. Reptilian



             



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