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AVENGED SEVENFOLD - City Of Evil (2005)
Par BAAZBAAZ le 26 Septembre 2005          Consultée 14787 fois

Ce disque est un carnaval épique et démesuré. Le coup de folie d'un groupe qui se découvre un nouveau jouet : le metal. Partout les guitares cavalent, se heurtent, se croisent ou se piétinent. La basse claque et s'affole, la batterie martèle dans un cliquetis dément des rythmes qui se rompent, s'arrêtent, repartent et accélèrent sans cesse. Sans répit, sans cohérence, des riffs en mouvement perpétuel s'enchaînent et se superposent, se dédoublent avant de s'évanouir en une rupture acoustique ou orchestrale qui préfigure déjà un nouvel emballement. Des couplets et des refrains comme s'il en pleuvait, des chansons sinueuses et tordues en constante évolution, du fer, du feu, des solos néo-classiques sur des rythmiques thrashisantes. Une intensité ahurissante. Un capharnaüm sans nom. Et l'incroyable brutalité naïve d'un groupe qui aborde le metal comme s'il venait de l'inventer. Comme au premier jour, comme si sa vie en dépendait.

Ce disque, "City Of Evil", c'est tout cela à la fois.

Un brouillon sonore incompréhensible au premier abord, une sorte d'hybridation absurde et énervante surgie à mi-chemin entre le ratage musical ultime et le souffle du génie. Des mecs aux cheveux courts, habillés en noir, avec du maquillage autour des yeux. Quelques faux tatouages et des poses étudiées, les sourcils froncés et les mimiques pensives pour marquer toute la profondeur d'une intériorité douloureuse.

La routine emo, le déguisement néo-punk. Et une musique plantée comme une hache en acier en plein cœur de la scène musicale américaine.
Ils en partagent l'attitude et le look. Pas le son.

AVENGED SEVENFOLD, sur cet album, ne sonne d'ailleurs comme personne d'autre. Heureusement, diront certains. Car le mélange - assez étrange - est une sorte de désastre. Des envolées à la fois bondissantes et plombées, des lignes vocales complexes et étirées rappellent ANTHRAX façon John Bush. Des accalmies lyriques piégées par des délires symphoniques portent la marque indélébile de MANOWAR ou de RHAPSODY. Le metal est là, partout. C'est le speed à l'européenne. Les épées, les armures, les charges à perte de vue sur les champs de bataille calcinés. Mais c'est aussi l'Amérique. Les influences pseudo-hardcore à la manière des très fades MY CHEMICAL ROMANCE ; à la manière des néo-gothiques de supermarché. Mais avec dix fois, cent fois plus de classe, d'énergie, de fougue et de dynamisme, avec l'incroyable irrespect et la vraie candeur de ceux qui prétendent redéfinir le metal à chaque note.

Alors oui, ça part dans tous les sens. Un enchaînement thrash, un couplet emo, un break aux violons. Une percée de guitare sèche, un refrain guerrier, un zest de néo, un arrière-goût de metalcore. Un désastre et une révélation, un effrayant catapultage d'influences chauffées au rouge et déversées dans un même moule.

Ce qui en ressort fait froid dans le dos. Mais le groupe n'a que faire des esprits chagrins, des sceptiques, des protecteurs auto-proclamés de l'intégrité des frontières de tel ou tel style. Les premiers morceaux explosent et s'éparpillent déjà comme des confettis d'acier.
Les indécis, eux, peuvent rester sur le bord de la route.

Avec "Blinded In Chains" c'est déjà la fête. Les riffs et soli ferraillent et perdent la tête. La voix éraillée frise l'hystérie et s'égare dans les méandres rythmiques. Puis vient "Bat Country" et son refrain en forme de tir de barrage : presque un hymne. Mais c'est dans la seconde moitié du disque que le groupe prend confiance. Sûr de lui, il se lâche et les morceaux s'allongent, gagnent en audace. Sur "The Wicked End", c'est un orchestre entier qui débarque avec toute l'emphase attendue. C'est grandiloquent, gratuit et vain. Mais c'est imposé avec fierté et arrogance, un lyrisme de pacotille dont le culot radical finit par convaincre.

Une chanson – la plus longue – est à elle seule un condensé du disque. Le début de "Strenght Of The World" est une furieuse montée en puissance, l'agonie d'une guitare acoustique face au développement massif d'un riff en forme de bolide heavy metal. Les couplets dérivent, le refrain saccadé et ses chœurs barbares entrent en collision, et l'on se dit que le groupe nous sert là son chef d'œuvre décisif. Mais il nous perd en chemin. Trop de variations, de contournements et de détours, une certaine fatigue rythmique ; des mélodies inoubliables associées à des expérimentations plus mitigées. La spontanéité est là, mais la sauce ne prend pas toujours. Et même si chaque morceau est une aventure unique, même si le groupe retombe souvent sur ses pieds, les trouvailles et les fulgurances se brisent par moment sur des écueils moins inspirés. Et l'on ne parle même pas de "Seize The Day" qui, au milieu du disque, est un temps mort en forme de ballade un peu mièvre.

Cet album a beaucoup de défauts. Son existence même est une erreur. Personne n'a jamais voulu entendre un refrain emo sur un riff thrash en plongée vers un solo speed mélodique.

Personne n'a jamais voulu que des faux rebelles minets et gominés, affublés de surnoms idiots, s'emparent du metal pour nous balancer le meilleur disque que le genre – mais lequel ? – ait connu depuis longtemps.

Mais l'extrême aisance des musiciens, les ruades aiguisées de leurs chansons, les qualités évidentes d'un chanteur qui a abandonné les hurlements des albums précédents, la richesse des compositions, cette créativité fiévreuse et un peu folle, la stupeur dans laquelle est plongé celui qui entend ça pour la première fois, tout cela ne laisse pas le choix. AVENGED SEVENFOLD vient de lancer un pavé dans la mare.
L'ignorer ou le mépriser, c'est peut-être rater quelque chose. Une météorite dont la trace sera éphémère, ou bien la promesse d'une bouffée d'air frais pour le rock américain.

Le groupe, ce disque : sans doute une imposture. Une impasse musicale, une hésitation qui oscille entre le ridicule et le chef d'œuvre. Mais cette imposture-là pourrait avoir plus d'avenir qu'on ne le croit.

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   (2 chroniques)



- M. Shadows (chant)
- Zacky Vengeance (guitare)
- Synyster Gates (guitares)
- Johnny Christ (bass)
- The Rev (batterie)


1. Beast And The Harlot
2. Burn It Down
3. Blinded In Chains
4. Bat Country
5. Trashed And Scattered
6. Seize The Day
7. Sidewinder
8. The Wicked End
9. Strength Of The World
10. Betrayed
11. M.i.a.



             



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