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- Style : Enslaved, Ereb Altor, Darkest Era
- Membre : Dread Sovereign

PRIMORDIAL - Exile Amongst The Ruins (2018)
Par WËN le 15 Juillet 2018          Consultée 1557 fois

2014. C'est un brin maussade et avec une certaine gravité dans le regard, que nous avions laissé là, sans trop nous retourner, un PRIMORDIAL pour le moins essoufflé, lors de la sortie de son dernier effort studio en date. À demi-dissimulés dans les hautes haies de roseaux des noires eaux de la baie Dublinoise, Micheál, Ciáran, Pól, mais surtout Simon et Alan, nous apparaissaient ainsi, dans les ternes et blafards reflets matinaux, comme courbés sous un dommageable surplus d'activités (DREAD SOVEREIGN, TWILIGHT OF THE GODS et diverses apparitions). De là à dire que nos grands hommes étaient définitivement tombés au combat, fauchés par l'insoutenable rythme des tournées et de leurs propres projets perso, il y a un palier que nous ne saurions franchir. Disons seulement que si PRIMORDIAL arrivait encore à surprendre par sa superbe, ce n'était en tout cas pas là où nous l'attendions forcément.

Malgré une batterie de titres livrés en avant-première brouillant le jeu des Irlandais puisque s'éparpillant dans différentes directions (d'ailleurs pas toujours évidentes à suivre), ce sans équivoque "Exile Amongst The Ruins" va, dès ses premières cartouches, expliciter davantage son propos en s'annonçant comme une suite somme toute logique à cette évolution amorcée sur "Where Greater Men Have Fallen", à savoir une musique plus en nuance, légèrement tourbée, à déguster devant un âtre réconfortant.

Car le PRIMORDIAL guerrier, conquérant et fédérateur que nous connaissions, sachant braver les cohortes ennemies en faisant face aux averses cinglantes, un pied calé sur le retour, n'est plus. Et à cela il faut bien se faire une raison. À de rares exceptions près, c'est dorénavant dans le désuet confort d'une poussiéreuse chaumière réaménagée, un bon grog à la main, qu'Alan et ses potes - en hérauts de l'amer - nous clament leurs désillusions et leurs récits surannés… Témoins d'une époque oubliée. Un peu à l'image de cette statue burinée par les affres d'âges immémoriaux, choisie pour figurer en couverture de ce nouveau recueil (un travail signé Costin Chioreanu - comme pour l'album précédent - et également responsable des trois clips tournés pour promouvoir le disque).

Un feeling plus terne, donc, plus introspectif, pour des ambiances bien plus moroses, même si – en vérité - PRIMORDIAL se voudra toujours aussi atmosphériquement Black et tragiquement Doom. Mais le son, recouvert d'un voile encore plus poussiéreux que sur son "WGMHF" de prédécesseur, ainsi que l'utilisation de quelques consonances acoustiques (les intros de "Where Lie The Gods" et de "Last Call", "Stolen Years"), participeront à donner ce caractère marqué par les âges à cette drastique production toute en retenue. "Nail Their Tongues", "Exile Amongst The Ruins" (quel clip !), ou encore "Last Call", sont de cette trempe. On remarquera par ailleurs, que les compos tendent à s'étirer encore un peu plus ici (trois d'entre elles dépassant les neuf minutes). Si certaines en profitent, bénéficiant de jolies ambiances et agencements d'idées ("Exile Amongst The Ruins", "Last Call", "Nail Their Tongues"), ce n'est malheureusement pas le cas de toutes, puisqu'un "Where Lie The Gods" par exemple, ne sachant afficher un renouvellement suffisant (et c'est pourtant un fan de Doom qui vous parle), en viendra malgré la qualité intrinsèque de certains de ses déroulements à nous faire décrocher bien avant son final.

Comme on ne peut décemment pas écrire sur PRIMORDIAL sans évoquer son charismatique frontman de chanteur, autorisons-nous ce micro-aparté en l'évoquant courtoisement, car Nemtheanga fait ici du Nemtheanga et à son habitude, déclame viscéralement ses textes conférant cet aspect impérial et impartial aux compositions. Nulle surprise de ce côté-là à part un certain soulagement à le réentendre ainsi inspiré. Par contre, de la prestation de Simon O'Laoghaire, parlons-en justement, car nous ne pourrons passer à côté des percussions et des parties de batterie du bonhomme qui signe un retour en pleine possession de ces moyens (l'impressionnant "Sunken Lungs"), pour cette touche tribale qu'il sait si bien insuffler à la musique de son groupe. Reste deux morceaux un peu à part (les deux premiers présentés d'ailleurs, puisqu'on en parlait plus haut) qui, même si de qualité, tranchent un peu avec le reste de l'album, pour ne pas dire avec le credo de PRIMORDIAL tout court. "To Hell Or The Hangman" d'abord, qui part son énergie (mélodies et patterns de batterie compris) évoquera forcément le récent DREAD SOVEREIGN (celui de l'album "For Doom The Bell Tolls") puis, "Stolen Years" - initialement prévue pour demeurer sous forme d'instrumental - au feeling totalement inédit chez les Irlandais, mélancolique à fond ainsi affublé de guitares déchirantes sur un tempo si lent. Très agréable même si, avouons-le, les écoutes s’enchaînant, on ne comprend toujours pas très bien pourquoi est-elle venue s'échouer ici, tronquant la dynamique générale de l'album. Gageons qu'il s'agisse d'un humble témoignage de 25 ans d'abnégation passés sur la route, à se défendre bec et ongles contre vents et marées. La passion de toute une vie.

Ce qui colle finalement plutôt bien aux thèmes abordés sur ce neuvième opus. La mort et le vieillissement (les membres du groupe étant dorénavant quarantenaires), les occasions manquées, les révolutions et les réformes ainsi que tout ce qu'elles ont pu invariablement engendrer, en bien comme en mal, mais qui nous ont inévitablement conduit à cette société qui ne tourne plus rond ("l’anti-intellectualisme et l’anti-science de la crasse masse menant inéluctablement à de pathétiques renouveaux puritanistes et à d'autres théocraties).
En conclusion, sans pour autant parler d'une baisse de régime puisque la qualité est toujours au rendez-vous, voici la confirmation d'un PRIMORDIAL qui levant le pied depuis un couple d'albums en s'efforçant de proposer autre chose, parvient ici à concrétiser ses nouvelles idées, se confortant dans son rôle de narrateur plutôt que de général. Plusieurs écoutes seront plus que jamais nécessaires afin de trouver ses marques au sein de ce nouveau recueil en définitive très sincère et qui ne manquera de rassurer après un précédent "Where Greater Men Have Fallen" encore hésitant par moments.

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- A.a. Nemtheanga (chant)
- Micheál O'floinn (guitare)
- Ciáran Macuilliam (guitare)
- Pól Macamlaigh (basse)
- Simon O'laoghaire (batterie)


1. Nail Their Tongues
2. To Hell Or The Hangman
3. Where Lie The Gods
4. Exile Amongst The Ruins
5. Upon Our Spiritual Deathbed
6. Stolen Years
7. Sunken Lungs
8. Last Call



             



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