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GUNS N' ROSES - Use Your Illusion Ii (1991)
Par FENRYL le 22 Août 2023          Consultée 2255 fois

1991 : GN'R est de retour !
Et pour son grand retour, le groupe réussit un coup immense de communication en nous proposant rien de moins que deux volets, deux albums qui paraissent le même jour, le 17 septembre 1991 par le label Geffen Records : un volume I et un volume II, tous les deux ornés d’une pochette présentant un personnage de la célèbre peinture de Raphaël "L’école d’Athènes" mais avec deux codes couleur : orange/rouge pour le premier, bleu/violet pour le second.


"Trop cher mon fils" : à cette époque, les CD coûtent bien trop cher pour mon portefeuille d'ado. J'achète le second opus et truande mon frangin de deux ans mon cadet pour qu'il se procure le premier…
Et c’est finalement pour fêter les trente ans de ces deux opus que je m’attèle à l’écriture d’une double chronique, forcément parallèle… mais face à l’ampleur de la tâche et leur trop grande importance nostalgique, ce n’est que plus d’un an plus tard que je finalise mon travail…

À l’époque, je suis en troisième… La radio de l’époque nous inonde de Metal : des émissions à la radio, des émissions à la TV, des nuits avec des clips… Bref, le Metal s’expose et le Metal commence à vendre. Mais c’est bien avec "Use Your Illusion" et un certain "Black Album" de METALLICA (sorti un mois plus tôt, le 13 août de la même année) que le jeu va prendre une toute autre dimension : ces deux super combos vont propulser le gros son à une autre échelle et exposer le monde musical à des tournées titanesques, restées références du genre aussi bien pour l’affiche que pour les frasques associées.

Prenons ainsi notre seconde grande inspiration et tentons de chroniquer ce second opus donc…

Bingo ! Coup de chance ou nez fin, l'Histoire ne le dira jamais mais ce "UYI II" est un de ces albums qui vous marque : des morceaux qui résonnent instantanément pour le gamin de quatorze ans que j'étais à l'époque mais qui n'ont rien perdu de leur superbe encore aujourd'hui.

"UYI II" est donc le jumeau évidemment de son frangin né le même jour. Evil twin ? Si le code couleur pourrait laisser à penser que le premier est le méchant (qui a dit "mauvais" au fond de la salle ??") ou bien vous obliger à un choix comme chez Lewis Carroll (*), les choses ne sont pas de cette nature. Non, si vous cherchez une idée préconçue, une croyance, une opinion, alors tournez-vous davantage vers la notion de "dominant/dominé"… Mais si voyons, vous savez, cette idée selon laquelle la gémellité s’accompagne le plus souvent (toujours ?) d’un individu à la personnalité plus affirmée que son "partenaire" de naissance conjointe.

Ici, "UYI II" ne laisse que peu de place aux doutes, bien qu’il applique une grande partie des évidentes qualités techniques communes à la paire… Ah, la génétique ! Une fois encore, ce second opus est assurément doté d’une qualité incroyable côté réalisation des deux albums, œuvre du groupe et de Mike Clink. Quasi 76 minutes (à cinq secondes près) mais pour quatorze morceaux cette fois-ci, ce second effort est gargantuesque une fois de plus mais n’a pas pris une foutue ride. Cette année, une version remastered vient de pointer le bout de son nez mais vraiment, je me demande pourquoi ! (bis repetita).

Évidemment, pour vous parler de cet album, les entrées sont multiples : je ne pourrais que vous inviter à lire et relire comme je l’ai fait le livret accompagnant le CD, riche en informations.

Cet album repose tout d’abord sur rien de moins que cinq singles, sortis entre juin 1991 ("You Could Be Mine" en lien étroit avec la bande-son de "Terminator 2", sans pour autant apparaître sur celle-ci pour autant !) et janvier 1994 (l’éblouissante "Estranged"). À notre époque, une telle longévité est tout simplement impensable, c’est vous dire toute l’importance de cette doublette au sein de l’industrie musicale à l’époque. On retrouve en outre ici une version du tube "Don’t Cry" et une cover - avec rien de moins que "Knockin’ On Heaven’s Door" de Monsieur Bob Dylan - comme sur "UYI I". Enfin, Axl cède une fois encore le pied de micro ici aussi sur le titre "So Fine", dédié à la mémoire de Johnny Thunders (NEW YORK DOLLS, The HEARTBREAKERS), décédé en avril 1991 : c’est l’excellent Duff qui opère (il nous montrera encore davantage ses compétences durant la tournée en reprenant "Attitude", que l’on retrouvera sur le prochain opus finalement).

"Use Your Illusion II" est un patchwork de singles. Cet album est à la fois une usine à tubes mais également une immense zone musicale : il vous est offert la possibilité de vous frotter à quasi tout ce que le Hard Rock sait procurer comme plaisir. À ce titre, il pourrait sembler évident/facile/légitime/obligatoire de se farcir un "track by track" (ce que je pourrais faire sans difficulté tant chaque morceau mérite une attention particulière) mais je vais tenter d’opérer différemment. Ce qui frappe ici, c’est que si vous suivez le groupe depuis ses débuts et notamment durant cette période faste, les différents membres du groupe peuvent quasiment à chaque fois vous présenter un contexte précis pour chaque écriture (n’hésitez pas à faire les curieux donc…).
Cela permet ainsi de comprendre que lors de "l’écriture" en trois heures de l’immondice "My World", la grande majorité des compositeurs était sous l’influence de champignons hallucinogènes… Mouais, ok. Mon optique est donc la suivante : j’évacue la purge en vous parlant rapidement de ce morceau, je vous présente le gruppetto des poursuivants avant de terminer en vous parlant des bijoux absolus présents ici. Oui, c’est finalement aussi simple que cela !

- Grupetto peloton : à ce petit jeu, les choses semblent déjà pourtant se corser. "14 Years" et "Yesterdays", morceaux plus posés durant lesquels Dizzy est présent avec ses claviers désormais cultes, sont au chaud au sein du peloton. "Shotgun Blues" apporte une gentille touche de Punk Rock mais se montre trop répétitive et sans véritable imagination et "Locomotive" ne vaut vraiment que pour son solo car les voix superposées d’Axl (aiguë, grave et autre), c’est assez pénible sur la longueur – c’est d’ailleurs assez interminable en fait !

- Chasse patate : aussi surprenant que celle puisse paraître, il existe de nombreux morceaux qui frôlent l’excellence ici. Parmi eux, comment ne pas vous citer "Pretty Tied Up" composée par Izzy. L’occasion pour vous parler du grand perdant et membre co-fondateur du groupe qui quitte le navire à l’issue des enregistrements de ces deux albums… Il est l’un des grands responsables de ce qu’est le groupe dans l’Histoire de la musique. En devenant sobre, le mode de vie GN'R n’était plus compatible avec son maintien dans le groupe et il décide de quitter le groupe après un ultime concert à Wembley (on lui doit également ici "Don’t Cry", "14 Years" et "You Could Be Mine" en crédits de co-compositeur). Ce titre est donc 100 % Izzy, s’ouvrant sur un petit riff de sitar marquant avant de nous raconter une expérience bondage inspirée par un ami (oui, bien sûr, le fameux "ce n’est pas pour moi, c’est pour une copine…"). Le côté big band est sous-jacent (moins marqué que sur "Bad Obsession" mais j’y reviens facilement à ce constat toutefois). Axl nous compose un "Breakdown" qui fait mouche : piano final, solo de Slash bourré de feeling pour sept minutes que je retrouve toujours avec un côté planant vraiment adoré. C’est le même constat avec ce "So Fine" : morceau bourré de spleen et de tristesse qui me fait littéralement fondre (sans doute aussi en lien avec son efficacité redoutable à l’époque pour conclure lors de slows assez épiques avec ce break/bridge un poil punky qui, à chaque fois, mettant ma partenaire dans tous ses états, yeux écarquillés voulant dire "WTF ?!").

Aux portes de la première league, il faut bien reconnaître que la cover de Dylan fait méchamment mouche. Je pense que la partition de Matt Sorum venu remplacer durant les sessions d’enregistrement Steven Adler (présent uniquement sur "Civil War") y est pour beaucoup pour les non-initiés au groupe. Ici, vous tenez sans doute la définition du tube qui ne peut que faire mouche au début des années 90. Le génie du groupe d’arriver à s’approprier un standard moderne américain et de convaincre la Terre entière qu’ils peuvent en faire un "truc à eux". Bingo.

- Bijoux : difficile d’attribuer un classement, il dépend sans doute des jours mais mon trio de tête est bien "Civil War"/"Estranged"/"You Could Be Mine".
Mais avant de revenir sur ces trois merveilles, comment négliger l’agressive "Get In The Ring" que le groupe adresse/dédicace (!) à tous ces journaux et critiques musicaux qui ont pu par le passé les attaquer ou véhiculer des idées erronées sur le combo (Kerrang!, Hit Parader, Circus et Spin). La construction du morceau est assez dingue : le côté "stade" en intro (titre né pour la scène), la gratte de Slash un poil mélodique/aguicheuse et bim, ce petit riff des cavernes avec le timbre de voix éraillé d’Axl. Duff au backing fait un super travail une fois encore. Et la suite est encore plus forte avec ce break nerveux, ce passage un poil rapé/slammé (?), solo et final épique ! "Punk" ! Ce titre me donnera à vie une énergie diabolique. Impossible de ne pas s’en retrouver vivifié après chaque écoute.

Mais parlons du meilleur, donc, car on approche de la fin :
- "You Could Be Mine" : rien que l’intro, les poils. L’une des mes fétiches, de tous les temps : la batterie de Matt, la basse de Duff qui claque (je tiens à ces deux-là car forcément, c’est Slash qui nous vient inévitablement à l’esprit à chaque fois, je tenais à leur rendre "hommage"). Ce titre est le pendant de "Welcome To The Jungle" pour cette période. Point. Tout est jouissif ici : entêtant, riff simple et d’une efficacité redoutable.
- "Civil War" : une fois encore, une intro fantastique pour ce morceau tristement encore et encore d’actualité qui dénonce toutes les formes de guerre. Il s’agissait à la base d’un titre instrumental composé par Slash lors de la tournée suivant la sortie de "Appetite For Destruction" au Japon. Comme toujours, c’est bien la construction magique ici qui fait plus que mouche : si on trouve classiquement intro/couplet/refrain/couplet/refrain/bridge/refrain/outro, le schéma questions/réponses entre Axl et ses guitaristes semblent proches d’un "November Rain" par moments : je balance mes couplets/refrains engagés, tu me réponds avec un solo dont tu as le secret. Qui n’a pas siffloté sur le final orageux ? Un grand moment en live en prime !
- "Estranged" : le chef d’oeuvre trop souvent oublié et mésestimé du groupe. Voilà, c’est écrit. Ce titre à tiroirs de presque dix minutes retourne implacablement : son clavier est divin, la guitare de Slash est ultime, les émotions sont à fleur de peau… Il faut fermer les yeux et se laisser bercer. La magie de la création artistique et musicale est ici clairement proposée : nous sommes en 1991 et je n’en démords pas, GUNS N' ROSES produit des titres d’une modernité folle, qui franchissent allègrement l’épreuve du temps. C’est éblouissant à tous points de vue (clip inclus, comme à chaque fois durant cette période, je n’y reviens pas).

Vu de 2022, "Use Your Illusion II" a acquis un statut de prédateur face à son jumeau. Les chiffres de vente sont marquants, même si évidemment ils ne veulent pas tout ou rien dire ! Objectivement, il n’est pas parfait, le risque est beaucoup trop élevé avec autant de titres et sur une telle durée. Il est culte et se définit dans son intégralité. Vous pourrez, et vous aurez raison, me taxer d’une subjectivité folle au sujet de cet opus. Clairement. Le groupe (est-ce encore le cas ?) n’est pas en osmose totale mais chaque personne est idéalement à son poste et délivre une alchimie totale, au service d’une synergie rare et mythique.

Mais en terminant ce modeste écrit, je réalise que le dernier de mes enfants à l’âge que j’avais quand j’écoutais cet album… Quand j’entends (car je n’arrive pas à écouter) ce qu’il se met dans les oreilles en 2022, je suis d’autant plus attristé de me dire qu’il n’aura pas connu de tels moments…

Putain que c’est con de vieillir, mais bordel que les souvenirs vous aident à tenir…
Merci les GUNS !

Sorry frangin mais avec le second opus, j’ai tiré le gros lot en misant pour une fois sur le bon cheval !

Note réelle : un gros 4,5/5, arrondi par amour au supérieur.

Top : "Estranged", "Civil War", "You Could Be Mine", "Get In The Ring", "So Fine", "Knockin’ On Heaven’s Door"...


(*) : alors oui, désolé mais je vous évite là le parallèle "pilule" avec la trilogie des frangins/frangines Wachowski car je n’ai jamais accroché à cette série… sortie en 1999 ! Vous pensez bien qu’en 1991, la question ne se posait déjà pas, alors maintenant, encore moins !!

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- Axl Rose (chant, chœurs, piano, percussion, guitare rythmique sur 6, f)
- Saul "slash" Hudson (guitare électrique & acoustique, chœurs, banjo sur 7)
- Izzy Stradlin' (guitare, guitare acoustique sur 7, chant sur 2, sitar sur 8)
- Duff Mckagan (basse, chœurs, chant sur 10, percussion sur 9)
- Matt Sorum (batterie, percussions, chœurs)
- Dizzy Reed (piano, orgue, chœurs)


1. Civil War
2. 14 Years
3. Yesterday
4. Knockin' On Heaven's Door
5. Get In The Ring
6. Shotgun Blues
7. Breakdown
8. Pretty Tied Up
9. Locomotive
10. So Fine
11. Estranged
12. You Could Be Mine
13. Don't Cry
14. My World



             



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