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GUNS N' ROSES - Chinese Democracy (2008)
Par THE MARGINAL le 13 Décembre 2008          Consultée 18059 fois

Non ! Non ! Vous ne rêvez pas !! "Chinese democracy", l'album de GUNS N' ROSES dont on a tant parlé depuis des années, est bel et bien disponible chez tous les disquaires depuis le 22 novembre !!! Lorsque j'ai vu les exemplaires de l'album dans les bacs, il a fallu que je me pince 3 fois pour m'assurer que tout ceci était bien réel, que je n'étais pas dans la 4ème Dimension.



En tout cas, ce disque aura beaucoup fait parler de lui bien des années avant qu'il ne sorte. Car la conception de "Chinese democracy" n'a pas été simple (et ce n'est rien de l'écrire). Auparavant, Slash et Duff McKagan, guitariste et bassiste emblématiques du line-up de la grande époque, ont quitté GUNS N' ROSES, le batteur Matt Sorum en a été viré. De l'ère "Use your illusion", seul le clavieriste Dizzy Reed est resté. C'est donc avec de nouveaux musiciens, issus de divers horizons, qu'Axl Rose s'est lancé dans l'élaboration de "Chinese democracy". Commencé au milieu des 90's, l'enregistrement de cet album a coûté très cher, au point d'être considéré comme l'album le plus cher de l'Histoire (pour l'anecdote, Axl Rose a même payé une partie). D'autre part, plusieurs studios d'enregistrement ont été utilisés, ainsi que plusieurs producteurs différents (Sean Beavan, le bassiste de KILLING JOKE Youth, Roy Thomas Baker), 2 chefs d'orchestre (dont Marco Beltrami, qui a conçu de nombreuses musiques de films). Autant dire qu'Axl Rose n'a pas lésiné sur les moyens (il s'est même occupé de la production, aux côtés de Caram Costanzo, au final) pour mener à bien son projet.



"Chinese democracy", quel que soit sa destinée, est entré dans l'Histoire, est devenu mythique car depuis 9 ans, il a alimenté les discussions sur Internet, fait parler de lui dans la presse. Rarement un album, auparavant virtuel, n'aura fait couler autant d'encre avant même qu'on ne sache quand il sortirait ! Ceci dit, Axl Rose et ses nouveaux musiciens ont eu l'occasion de tester quelques titres de cet album en live et, par la même occasion, se mettre dans le bain de l'ambiance des concerts, des tournées depuis 2001. Malgré le carton planétaire inespéré du best-of sorti en 2004 (près de 9 millions d'exemplaires vendus dans le monde à ce jour, soit l'un des best-sellers hard/metal de la décennie) et une tournée 2006 triomphale en Europe et aux USA, on ne voyait cependant pas l'ombre de l'album, malgré une tentative de date de sortie annoncée pour début 2007. Début 2008, la firme Dr. Pepper avait annoncé que si "Chinese democracy" sortait cette année, elle distribuerait gratuitement un soda à chaque citoyen américain. Puis, vers la fin de l'été 2008, un titre de l'album a fait son apparition sur le jeu video "Rock band 2". Et enfin, le miracle, l'incroyable est survenu: "Chinese democracy" est enfin parvenu chez les disquaires du monde entier fin novembre 2008 !!



Alors, qu'en est-il du contenu de l'album ? Que vaut ce "Chinese democracy" musicalement ? Est-ce que ça valait vraiment le coup d'attendre ? Pourquoi ce disque a-t-il été si long à être commercialisé ?



Tout d'abord, autant dire qu'ici, il n'est point question de Hard US (ceci dit, GUNS N' ROSES avait déjà pris ses distances avec le genre dès "Use your illusion I & II"), ni de sleaze-rock. Dans le créneau du sleaze, de toute manière, des groupes comme BUCKCHERRY, HARDCORE SUPERSTAR ou VAINS OF JENNA occupent remarquablement le terrain. Non, Axl Rose a choisi de moderniser le son de GUNS N' ROSES, de mélanger influences modernes et références propres au passé. En 1999, Axl Rose avait déclaré à MTV, par téléphone, que "Chinese democracy" était un melting-pot musical. Et bien, force est de constater que le sieur Rose ne plaisantait pas: en effet, sur cet album, les influences vont de LED ZEPPELIN à NINE INCH NAILS, en passant par QUEEN, PINK FLOYD, RADIOHEAD, les BEATLES, Elton JOHN, plus d'autres petites choses. Pour aborder cet album, mieux vaut ne pas trop penser au passé de GUNS N' ROSES, aussi brillant fut-il. Car l'écoute de "Chinese democracy" peut s'avérer déroutante, surprenante, voire choquante. Sur ce disque de plus de 71 minutes, on trouve de l'électro-indus(mais pas autant qu'on aurait pu le penser), des ballades, du shred, des beats hip-hop, des orchestrations symphoniques, des passages épiques, voire progressifs, quelques clins d'oeil funkys, un peu de hard rock (mais plus moderne). Autant dire que ce qui est proposé est copieux, dense, voire pompeux.



Pour être franc, il m'a fallu 4-5 écoutes de l'album en intégralité (avec certains titres pris individuellement pour être réécoutés plusieurs fois d'affilée) afin de mieux cerner ce disque et ses subtilités. Car "Chinese democracy" n'est pas un album facile d'accès. Ce n'est pas le genre de disque truffé de tubes immédiats. Sans être spécialement novateur comme peuvent l'être des groupes récents comme VOLBEAT, GYPSY PISTOLEROS ou AVENGED SEVENFOLD, "Chinese democracy" est quand même un album audacieux, un peu particulier, ayant sa propre personnalité et s'écartant résolument des sentiers battus du hard rock. Ce qu'on peut dire aussi, c'est qu'il y a un sacré boulot qui a été fourni. L'ensemble de l'album est très mid-tempo, et il est inutile de chercher des titres rapides, rentre-dedans dans la lignée de "Reckless life", "Shadow of your love", "Right next door to hell" ou "Perfect crime" car il n'y en a pas.



Je vous livre à présent mon ressenti par rapport à cet album, en disant ce que j'ai aimé, ce que je n'ai pas aimé, ce qui m'a laissé perplexe. Pour commencer, ce que j'ai aimé sur cet album: "Chinese democracy", un titre hard rock moderne avec des petites touches indus, puissant à souhait, avec le chant d'Axl Rose plutôt viril, l'entêtant et intriguant "Better" (malgré son intro aux relents hip-hop/R&B qui a de quoi décontenancer au premier abord), la power-ballade épique "There was a time" absolument fabuleuse (avec des choeurs féminins en intro/outro qui me font penser à Era) qui a le don de prendre aux tripes l'auditeur et qui me semble être l'un des temps forts de l'album, "Scraped", un morceau funk-metal venimeux qui fait penser à une mixture EXTREME/RED HOT CHILI PEPPERS à la sauce Troisième Millénaire et sur lequel Axl est épatant en utilisant 2-3 tessitures vocales différentes et en se mettant en duel avec lui-même, l'incroyable "Sorry", tour à tour planant et hypnotique, prenant et suffocant, qui voit Axl Rose s'aventurer dans le doom et exposer toute sa mélancolie (entre parenthèse, l'ex-vocaliste de SKID ROW, Sebastian Bach, est venu faire quelques choeurs), le nerveux "IRS", qui n'aurait pas dépareillé sur les "Use your illusions", et "Madagascar", une compo épique très arrangée, pleine d'ambiances avec, en prime, des extraits du discours de Martin Luther King Jr. ("I have a dream") et de films ("La main froide", "Seven", "Braveheart"...) qui renforcent son côté intense. Voilà, selon moi, les temps forts de l'album. Les titres qui m'ont laissé perplexe sont "Shackler's revenge", morceau déroutant qui mélange metal indus (on pense clairement à MARYLIN MANSON et NINE INCH NAILS) et hard mélodique (le refrain catchy et entêtant me fait penser à PINK CREAM 69 période Andi Deris), tout en ayant un beat disco sur le pré-refrain. Pour ma part, je n'aime que le refrain de ce titre qui devrait toutefois faire son effet en concert. Enfin, "Prostitute" laisse un goût d'inachevé: cette chanson, qui a quelques relents à la DREAM THEATER, démarre plutôt laborieusement, puis devient plus accrocheuse, plus convaincante sur la longueur et, quand elle s'achève de manière classieuse avec les parties orchestrales, on regrette que ce titre ne dure pas plus longtemps. En ce qui me concerne, j'aurais aimé que le morceau soit plus punchy, qu'il y ait des passages plus méchants. Dommage car ce titre avait un certain potentiel. Enfin, les titres que je n'ai pas aimés: la ballade au piano "Street of dreams" qui ressemble trop à un "November rain" simpliste (et ça tombe mal car désormais, je n'aime plus "November rain", excepté son final), "If the world", une compo world-music aux accents hispanisants trop easy-listening, avec des passages ridicules (Axl qui entonne un "La lalala lalala" de mauvais goût), le popisant "Catcher in the rye" qui collerait nettement mieux, selon moi, sur un album de ENUFF Z' NUFF (groupe qui est imbattable dans ce type de compos), "Riad and the bedouins" qui, bien qu'étant pêchu, sonne de façon un peu trop redondante, trop décousue aussi, avec une intro style "Stars wars" dont on ne voit pas très bien ce qu'elle fait là, et la ballade larmoyante "This I love", très gnan-gnan, qui a un côté comédie musicale franchement dispensable et qui est un véritable supplice pour mes oreilles car elle me rappelle trop de mauvais souvenirs.



Pour compléter, j'ajouterai que le point fort de l'album, c'est la performance vocale d'Axl Rose sur l'ensemble de l'album. Il se montre très convaincant, par moments époustouflants et je trouve qu'il chante mieux que sur les "Use your illusions". Il surprend particulièrement sur "Sorry" en adoptant une voix plus caverneuse, par exemple. Les paroles des chansons ont également leur importance sur cet album. On savait qu'Axl Rose était un brillant songwriter, il le démontre sur cet album qui a un aspect introspectif. On retiendra que sur le titre "Chinese democracy", Axl évoque le Falun Gong, un mouvement spirituel chinois qui fait l'objet de répressions de la part du gouvernement chinois. Ceci dit, le problème majeur de ce disque, c'est qu'il n'est pas assez furibard, pas assez couillu. L'aspect pop est ici plus assumé, ce qui donne à l'album l'impression d'être mou du genou. D'autre part, outre le fait que l'album soit surproduit, la présence d'une boite à rythme, qui double la batterie par moments, risque d'en rebuter plus d'un, d'autant qu'elle apparait sur 5 morceaux (sur 1 seul, ça aurait suffi, mais 5...). J'ai toujours préféré que la batterie sonne de manière organique, naturelle sur des albums studios. Dans l'ensemble, on a affaire à un disque irrégulier sur lequel le fabuleux côtoie le ridicule, on alterne entre le jouissif et l'ennuyeux. En clair, il y a à boire et à manger sur "Chinese democracy".

Globalement, je ne suis donc ni déçu, ni emballé par "Chinese democracy". Par moments, j'ai même été agréablement surpris ("Sorry", "There was a time") et je me suis même surpris à apprécier des titres qui ne m'avaient pas plu au départ ("Chinese democracy", "Better"). Je partais, à l'origine, avec des préjugés plutôt négatifs, or il s'avère que je trouve l'album mieux que ce à quoi je m'attendais.



Concernant l'appréciation de l'album, je suggérerais à tout un chacun d'écouter l'album (il est disponible en intégralité sur la page MySpace du groupe) sans tenir compte des avis des uns et des autres. Car entre les pro-Axl qui crient au génie et disent que c'est le disque de l'année et les anti-Axl qui descendent en flamme l'album en affirmant que c'est nul, ce n'est pas triste du tout, et aucun des 2 camps ne détient la vérité absolue.



En conclusion, "Chinese democracy" est un album plutôt difficile à appréhender, mais qui possède de réelles qualités, comme pas mal de défauts. Il est clair qu'il ne plaira pas à tout le monde: on ne peut pas tout aimer, mais on ne peut pas non plus tout détester. Si "Chinese democracy" n'est pas l'album de l'année, il est très loin d'être la catastrophe annoncée. Ceci dit, cet album ne justifie pas vraiment les 15 ans d'attente, et il faut espérer qu'Axl Rose ne mettra pas une dizaine d'années à réaliser un autre album. On peut au moins reconnaitre à Axl Rose le mérite d'avoir osé se remettre en question et, pour être franc, je préfère cette démarche à celle qu'avait adopté POISON sur "Hollyweird" en 2002. Il est beaucoup trop tôt pour savoir quel sera le destin futur de "Chinese democracy" (tout comme celui de GUNS N' ROSES, d'ailleurs), mais en attendant, je trouve qu'il se rapproche de "The heroin diary soundtrack" de SIXX: A.M. (le projet de Nikki Sixx) de par son côté journal intime. Une chose est sûre, en tout cas: ce "Chinese democracy" n'a pas fini de faire parler de lui (pour info, il est déjà censuré en Chine) et on constate que GUNS N' ROSES, malgré le temps qui passe, suscite toujours un certain intérêt, tant de la part de ses admirateurs que de ses détracteurs.

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- Axl Rose (chant, piano, claviers, guitare)
- Robin Finck (guitare, claviers)
- Ron 'bumblefoot' Thal (guitare)
- Richard Fortus (guitare)
- Tommy Stinson (basse)
- Frank Ferrer (batterie)
- Bryan Mantia (batterie)
- Dizzy Reed (claviers, piano)
- Chris Pitman (programmation, piano)
- +
- Buckethead (guitare)
- Paul Tobias (guitare)
- Pete Scaturro (claviers)


1. Chinese Democracy
2. Shackler's Revenge
3. Better
4. Street Of Dreams
5. If The World
6. There Was A Time
7. Catcher In The Rye
8. Scraped
9. Riad N' The Bedouins
10. Sorry
11. I.r.s.
12. Madagascar
13. This I Love
14. Prostitute



             



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