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BLACK METAL  |  COFFRET

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MAYHEM - De Mysteriis Dom Sathanas Alive (2016)
Par PERE FRANSOUA le 1er Mars 2017          Consultée 1190 fois

La mode du Vintage ne date pas d'hier, chaque époque, chaque génération regardant dans le rétroviseur déformant qui transforme le passé ringard en Age d'Or fantasmé. It's just a question of time. Environ vingt ans en l'occurrence puisque Vintage veut dire "vingt ans d'âge". Par un cycle éternel, ce qui n'était plus à la mode le redevient, revenant avec la force de la nostalgie, et échappant dès lors à son époque et qui désormais s'en va partouzer joyeusement dans le grand melting-pot multi-référentiel post-moderne.
J'avais déjà parlé (dans ma chronique du "Draconian Times MMX" de PARADISE LOST) de cet effet appliqué au Metal à travers la mode du "je joue en intégralité pour la première fois mon album culte des années après mais enfin qu'attends-tu pour acheter ton billet".

Le Black Metal, objet de culte par excellence, n'a pas échappé à cette tentation. Ainsi EMPEROR et SATYRICON ont fait le buzz en jouant leurs disques cultes en concert et en entier.
Zeutrou MAYHEM, groupe tournant intensément, a sauté lui-aussi sur la bonne idée, prétexte idéal pour donner encore plus de concerts car il faut bien faire bouillir la marmite et l'alcool coute cher en Scandinavie.
Son œuvre culte était toute trouvée : le mythique et sulfureux "De Mysteriis Dom. Sathanas", évidemment jamais joué sur scène en intégralité.

Ce genre d'événement fonctionne mieux quand les membres d'origine rempilent (comme BLACK SABBATH ou CANDLELASS) ou quand le groupe se reforme pour l'occasion (comme EMPEROR ou AT THE GATES).
Mission impossible ici, le défunt Øystein Aarseth, guitariste-leader-cofondateur, ayant le meilleur des alibis. Plus bizarre encore, des sympathiques musiciens jouant sur ce Live seuls deux ont participé à l'enregistrement du disque (Hellhammer et Attila), l'autre fondateur, le bassiste Necrobutcher ayant pris ses distances à l'époque suite à l'exploitation irresponsable du suicide de leur camarade Dead. Sur le disque ce fût un autre trublion qui assura les fréquences basses (Varg Vikernes, comme chacun sait) et l'on imagine bien qu'il n'était pas trop question de l'inviter pour l'événement.
Le bon vieux Necrobutcher, solidement accroché à son rôle de garant de l'esprit des débuts, n'a jamais pu empêcher une bonne partie du public de penser que MAYHEM est mort le 10 août 1993. La seconde partie de carrière avec divers guitaristes compositeurs pouvant être légitimement considérée comme celle d'un tout autre groupe.

Jouer tout DMDS est donc un événement particulier puisqu'il est le seul et unique album avec son leaderguitariste Euronymous et donc il est le seul véritable album du Vrai-de-vrai MAYHEM sur lequel plane à chaque instant l'ombre morbide de Dead, son premier chanteur-suicidé.
Inutile de revenir ici en détail sur ce que je pense de l'album sorti en 1994, j'ai déjà tout dit dans la Kro-Xpress et il vous suffit d'aller y jeter un œil. J'en citerai juste l'idée maîtresse: DMDS porte le fardeau de n'avoir pas été le disque séminal créateur d'un genre qu'il aurait dû être. Si les premières briques posées quand les copains faisaient encore du Death Metal furent pionnières l'édifice final fût achevé bien trop tard, après bien d'autres et en regardant déjà vers l'avenir. En cela on peut dire que DMDS ne représente pas la quintessence du Black Metal Norvégien. En revanche ses longues années de gestations couvrent toute l'épopée de la scène.

Back to the future. Fin 2015. Un premier concert, donné le le 15 décembre au festival Black Christmass en Suède (avant une tournée mondiale), a été enregistré et filmé. On peut donc décortiquer la bête à loisir.
MAYHEM est devenu après toutes ces années un groupe de scène très pro. L'actuel line-up, stable depuis plusieurs années, est vraiment solide et efficace. Premier constat: ça joue bien et vite. Très vite même. A l'aise et maîtrisant leur partition les gars délivrent une version sous amphétamines encore plus rapide que l'originale. On passe ainsi d'une durée de 46 à 42 minutes et 47 secondes. Les titres s'en trouvent revigorés. Face à cette déferlante d'énergie grisante l'écoute est plutôt jouissive.

Évidemment la prestation incisive de Hellhammer y est pour beaucoup. Sa batterie est triggée, certes, mais cela fait partie de sa signature sonore et même les amoureux des productions organiques (c'est mon cas) tolèrent volontiers ce parti pris. La prestation des deux guitaristes est vraiment bonne. Jamais la frénésie ne vient brouiller la précision.
Le son est assez proche du disque, à la fois abrupte et soyeux, nébuleux et bien défini. On entend tourbillonner les riffs cultes de Euronymous tandis que la basse grésillante joue des coudes. De même le grand Attila Csihar se racle la gorge en respectant scrupuleusement la prestation qu'il donna sur l’œuvre originale. Pas d'arrangement nouveau ou de petites folies, le catéchisme noir est bien récité. Même les solos sinistres et improbables sont joués à l'identique, avec ce qu'il faut de feeling en sus (on peut féliciter l'ami Teloch).

Au niveau sonore ça défonce. Qu'en est-il sur le plan de la vidéo? On lance le DVD. La durée est bien supérieure (59 minutes, à cause de l'intro et des transitions entre les chansons).
Mais on a beau savoir que c'est une production maison sans moyen, on déchante vite.
Peu importe les cameras utilisées pour filmer, les images pressées sur la rondelle ne sont pas assez bonnes, elles ont tendance à pixelliser et la visibilité s'en trouve affaiblie. Passent-elles encore sur un écran de téléphone ou sur une fenêtre YouTube ouverte dans un coin mais sur une télé HD ça craint vraiment.
Et comme de bien entendu les images sont souvent sombres à cause de la mise en scène on passe son temps à se buter les yeux pour tenter distinguer ce qui se passe.
On doit souvent se contenter des noires silhouettes encapuchonnés qui émergent de lumières rasantes. Filmée par dessus, la prestation de Hellhammer échappe au brouillard et l'on peut généralement apprécier ses descentes de toms de façon correcte. Au centre de la scène, seuls Attila et à son côté Necrobutcher, sont mieux éclairés et donc plus visibles (le vieux bassiste met souvent sa tête dans les spots du front de scène). Même lorsqu'on y voit un peu mieux quand le lightshow se fait plus clair ("From The Dark Past") les guitaristes demeurent peu visible. C'est presque ridicule, lors des soli de Teloch, de ne voir bouger qu'une masse noire éclairée à contre-jour.

MAYHEM n'est pas un groupe spectaculaire à voir sur scène, les seules vraies attractions étant le décorum scénique et les lentes gesticulations, ritualistes et effrayantes, de son frontman.
Depuis Dead la tradition veut que seul le chanteur se déguise et attire l'attention, les autres musiciens, normalement en civil, étant là pour le servir. De ce point de vue Attila a repoussé toutes les limites, multipliant les costumes macabres. Si depuis un moment Teloch porte une grande cagoule qui lui masque tout le visage, le reste de la bande officie en Tshirt (ce qui permet à Ghul, l'autre guitariste, d'exhiber des gros bras musclés). Mais pour accompagner ces concerts anniversaires tous les musiciens (sauf Hellhammer et Necrobutcher, évidemment(*)) sont encapuchonnés, le corps dissimulé par une cape en friche façon Nazgul. Pour Attila c'est là le plus minimaliste de ces costumes. Seul son visage au maquillage de pestiféré sera vecteur d'expressivité, à travers moult grimaces flippantes et bougeant la tête comme une sorcière sur le bûcher. Lui qui aime manipuler des objets de façon inquiétante (croix renversée, crâne humain, corde de pendu) ne nous gratifiera que de l'utilisation d'un thuriféraire de pope orthodoxe sur le clou du spectacle, le terrible "De Mysteriis Dom Sathanas", dévoilant sa fameuse tenue sale de prêtre fou qui était caché sous la cape noire.

Un mot sur le stage set spécial qui a été mis sur pied pour l'occasion. Il évolue au fur et à mesure, dévoilant tour à tour de grosses croix renversées pleines de piques (placées sur le même plan que la batterie), de grandes bannières noires affublées de symboles (et de croix renversées) et dans le fond la fameuse cathédrale de Nidaros à Trondheim (qui orne la pochette et que l'Inner Circle prévoyait de faire péter), baignée dans des lumières violettes, devant laquelle les torches sont allumées pour le final. Attila dispose d'un petit autel drapé de noir où il vient s'appuyer pour se lancer dans quelques bizarreries vocales, dos au public, lors de certaines transitions. Notons d'ailleurs que les intervalles sonores entre les morceaux sont plutôt bienvenus (extraits de la voix de Dead, cloches d'églises jouées à l'envers, thème du dernier titre au piano inquiétant, etc.) et donnent une continuité à la messe noire qui nous est donnée.

On aurait été en droit de réclamer de meilleurs prises de vues et une qualité des images en Haute Définition, comme on peut en voir sur la toile (cf. le live au Brutal Assault en 2015). Et sans doute aurions-nous aimé que ce premier Live publié depuis le retour du vocaliste Hongrois soit celui d'un set "classique" du groupe. Il nous manque en effet de l'entendre exploiter son large spectre, sons diphoniques et autres cris aigus qui font merveille sur "Esoteric Warfare". Nous n'aurions pas craché non plus sur quelques bonus.
Mais c'est déjà pas mal de pouvoir profiter de la captation en CD et DVD de ce spectacle anniversaire, qu'ils ont en plus eux-mêmes produit et publié (l'objet ne peut s'acheter que sur leur site). L’œuvre passée, loin d'être simplement adorée, est désormais plus vivante que jamais.
La partie DVD est décevante à cause d'une qualité d'image trop faible, que n'aide pas la mise en scène souvent trop sombre. En revanche la partie sonore est vraiment très bonne. La prestation dynamique, véloce et précise, fait honneur à Dead et Euronymous, qui du coup n'auront pas besoin de se retourner dans leurs tombes.

Un ample 4/5 pour le son, un timide 2/5 pour les images, ce qui fait une moyenne justifiée à 3/5.

(*)Des images toutes fraîches de leur actuelle tournée américaine nous permettent de voir que Necrobutcher s'est prêté au jeu et porte désormais lui aussi une cape noire et sa cagoule.

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   PERE FRANSOUA

 
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- Necrobutcher (basse)
- Hellhammer (batterie)
- Attila Csihar (vocaux)
- Teloch (guitare)
- Ghul (guitare)


1. Funeral Fog
2. Freezing Moon
3. Cursed In Eternity
4. Pagan Fears
5. Life Eternal
6. From The Dark Past
7. Buried By Time And Dust
8. De Mysteriis Dom Sathanas



             



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