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CULTES DES GHOULES - Sinister, Or Treading The Dark Path (2018)
Par PERE FRANSOUA le 30 Janvier 2019          Consultée 1740 fois

J’exprimais en préambule de la chronique du précédent opus ("Coven, Or Evil Ways Instead Of Love" paru en 2016) la frustration générée par l’attente déçue. Un menu trop alléchant sur le papier pour un résultat très ambitieux mais trop indigeste.
Je ne m’attendais point à ce qu’ils récidivent aussi rapidement, après seulement deux ans (déjà deux ans ?), j’n’avais rien vu venir, boum !0 Leur nouveau méfait me tombe dessus, pas le temps de se poser des questions.

"Children Of The Moon" en titre d’ouverture rassure d’emblée, le son effroyablement délicieux est de la partie, mais inquiète aussi. À l’instar du principal défaut de "Coven...", ce premier morceau abuse dans la répétition, avec un seul et même riff pour plus de sept minutes. Ça brode habilement autour, samples inquiétants, aplats de claviers glaçants, vocaux incantatoires, faisant varier la ritournelle pesante.
Car en vérité depuis l’excellent "Henbane" je n’attends qu’une chose de leur part : de l’agression malsaine et imprévisible comme au bon vieux temps des 80s.
Après un faux-départ et un début tout aussi pesant "Woods Of Power" dissipe enfin toute mes craintes en balançant un cocktail de virulence à fond de cale, violence gratuite comme le MAYHEM boutonneux de "Deathcrush", trémolo sur blast dantesque, martèlement barbare sur riff primitif à la BATHORY, Heavy Punk malsain, tout le meilleur du pire s’enchaîne pour ma plus grande jubilation.
Les vocaux totalement flippants et diaboliquement imprévisibles de Mark Of The Devil viennent parachever la diablerie, gargouillis du fond du chaudron, hurlement venu du rectum de Lucifer, imprécations en direct de la crypte.
On le tient là notre gros kif tant espéré !

Mais attendez ce n’est pas tout. "Day Of Joy" vient nous finir à la bouche avec ses dix minutes de Black crudivore en perpétuel changement. Il n’est plus permis de reprocher à CULTES DES GHOULES son monolithisme. Ici toutes les sales sorcières putréfiées explosent à coups d’orgasmes multiples. Secoue ta tête de mort sur ce blast irrésistible, lève ta coupe remplie de sang menstruel de vierge sur ce D-Beat directement décalqué de "A Blaze In The Northern Sky" de DARKTHRONE, allume ton cierge noir telle la groupie zombie d’un Patrick Bru-Hell sur cette fin Doom transcendée par le cérémonial d’un orgue Hammond tellement seventies.

La messe noire est dite. Tout ce que je pouvais espérer de notre mystérieux orchestre polonais m’a été offert sur un plateau rouillé oxydé par le sang séché. Et pourquoi pas une Sélection du Site ? Là, tout de suite !? M'enfin calmez-vous, c’est ma première chro depuis des mois, je vais pas balancer une Sélection comme ça, directement et sans vergogne, d’autant qu’il reste encore deux titres à passer en revue pour pouvoir juger de la bête magnifiquement immonde dans son entièreté.

"The Serenity Of Nothingness" va d’ailleurs légèrement calmer mes ardeurs en revenant à la pesanteur hypnotique de "Coven". Pour autant un fumet séduisant s’élève de ce piétinement obstiné dans la boue et je me laisse porter par cet acharnement dans le grésillement le plus grave jusqu’à déboucher sur un long final tribalo-vaudou-psychédélique dont la bande à le secret. Ce moment d’accalmie, moins purement jouissif que les autres mais peut-être encore plus terrifiant, possède sa cohérence dans l’ensemble de l’opus, de la même façon que "Children Of The Moon" servait de longue intro.

Avec ces quelques mois de relative retraite de la chro j’ai l’impression de m’être refait un pucelage. C’est pour cela qu’en gros re-débutant je vais au bout de ce track-by-track éhonté. C’est ainsi que j’aborde ce cinquième et dernier morceau intitulé "Where The Rainbow Ends" qui s’avère être encore plus farouchement varié que "Day Of Joy". Les vilains Polonais y font cohabiter tous leurs univers, y déclinent toutes leurs diableries dans une sorte de synthèse de l’album et de leur carrière. D-Beat, pulsation barbare, blast infernal, groove de la mort... Diable ! Qu’il est agréable de se perdre dans ce gang-bang de bons riffs. D’un coup surgit un break basse-batterie ritualiste aussi feutré qu’inquiétant, les effluves de magie noire se tortillent comme les ombres projetées sur les parois du caveau par un flambeau de fortune, puis le Metal grésillant revient pour une dernière charge crépitante et rouillée. Avec le recul de mois d’écoutes en boucle, je peux conclure en affirmant qu’il s’agit d’un sans-faute pour ce nouvel opus nocturne.

Avec "Sinister, Or Treading The Dark Path" la très secrète entité CULTES DES GHOULES s’impose définitivement comme la reine des damnés du Black Metal très old school. Le malsain esprit de l’underground déchaîné des années 80 y bouillonne, les références y abondent mais à l’instar d’un AURA NOIR, nos rois-sorciers polonais ont su imposer une modernité intemporelle et une vivacité dans la création qui rend leur art impie tout à fait pertinent aujourd’hui. C’est aussi et surtout une personnalité aussi grosse que les couilles sales de Satan qui continue de s’affirmer avec infamie, en grande partie due à la facture sonore, joyaux de puissance grasse et fuzzy servis par une production hyper organique comme au début des seventies (une prod toujours made in MGŁA), et aux vocaux de son leader Mark Of The Devil qui ne cesse de nous foutre les jetons et vient concurrencer l’inégalable Attila Csihar sur ses terres sépulcrales.
On sait désormais le groupe capable de tout, des tréfonds de l’underground à la pièce de théâtre macabre jusqu’à ce "Sinister" qui synthétise avec efficacité toutes les têtes affreuses de l’hydre. Je me demande bien pourquoi je ne l’ai pas mis en Sélection du site. Oui, pourquoi...

Note réelle : 4,5/5.

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   PERE FRANSOUA

 
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1. Children Of The Moon
2. Wood Of Power
3. Day Of Joy
4. The Serenity Of Nothingness
5. Where The Rainbow Ends



             



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