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MORK - Eremittens Dal (2017)
Par PERE FRANSOUA le 14 Février 2018          Consultée 1154 fois

Il est souvent difficile de perdurer dans la veine revival. Comment, en effet, être créatif, et le rester, lorsqu’on doit coller à un modèle ? La marge de manœuvre est étroite quand on s’amuse à ressusciter l’esprit et le style d’antan pratiqué par les glorieux aïeux. Qu’il est facile aussi de tomber dans la récitation automatique et morne d’un évangile ressassé et usé jusqu’à la moelle.
Voilà bien le danger qui peut guetter MORK, l’incroyable one-man band de Thomas Eriksen, en tant qu’il est un pur revival du Trve Norwegian Black Metal du début des 90s.

S’il nous épate depuis le début, et de plus en plus fort à chaque nouvelle réalisation, le risque était grand de le voir patiner, surtout après un disque aussi kiffant que "Den Vandrende Skygge". Maintenant que le projet solo et confidentiel est devenu un vrai groupe de scène et qu’il se trouve sous le feu des projecteurs avec sa signature chez Peaceville, se planter lui serait fatal. C’est le moment de vérité.

Pas la peine de tergiverser, "Ermittens Dal" est une tuerie. MORK a plus que réussi son coup car il s’agit d’un des meilleurs disques de 2017, et l’un des plus gros kiffs qu’on peut offrir aux amateurs de bon vieux Black cru.

Thomas Eriksen n’a rien perdu de sa capacité à revisiter les premières années de la seconde vague du Noir Metal, véritable canal pour le malsain Esprit qui sévissait en Norvège, avec une science de la production "Necro" et un art de la composition depuis longtemps perdus par ses illustres aînés et dont il a repris le noir flambeau. Comme pour NECROWRETCH, MORK parvient à accomplir le petit miracle d’être créatif - voire novateur - tout en restant connecté à l’Esprit du Passé.

Comparons scientifiquement ce troisième album avec le précédent auquel j’avais mis cinq étoiles. Même s’il dispose maintenant de collègues fidèles pour la scène, MORK est un véritable one-man-band où Thomas fait tout, tout seul, assurant tous les instruments. Saluons la performance.
La production est un petit bijou. Tout en restant "Necro" avec un fuzz infâme, le son est "meilleur" car plus ample, plus équilibré et surtout plus percutant. Une leçon de maître adressée à toute la scène. L’approche globale est moins raw et moins underground, tout en restant une leçon de ténèbres l’ambiance est moins malsaine et moins étouffante. Je raffolais du son du second album mais il est impossible de bouder notre plaisir avec cette proposition qui balance sévèrement.

Tout semble s’être extirpé de la brume, de la batterie dont le niveau s’est améliorée (efficace tout en restant rudimentaire), au chant plus varié qui sort de sa reverb’ pour nous scander du norvégien bien méchant en pleine face. Les compositions aussi sont beaucoup plus variées avec une nette inclinaison pour le côté graisseux de la force. Ça Rock et ça groove dans l’huile de vidange tout en gardant une âpreté phénoménale. On quitte donc un peu la grotte de misanthrope pour s’ouvrir une bonne bière en secouant la tête vigoureusement.
L’influence de BURZUM qui intoxiquait le second opus est maintenant étouffée par celle de DARKTHRONE et de ses multiples facettes.
C’est le versant le plus Punk du Trône Noir qui nous saute aux oreilles dès le début. Mais je vous rassure tout de suite MORK sait pondre de sacrés bons riffs contrairement à son modèle qui patauge dans le médiocre depuis trop longtemps. La preuve en est faite dès le début avec un "Hedningens Spisse Brodder" qui commence tout en puissance avant de partir sur du pur groove de garagiste qui fait lever le poing et secouer les veux-che. Dans sa version la plus bandante ça donne "Holdere Av Fortet" qui exalte la facette CELTIC FROST de DARKTHRONE (énorme riff pesant et groovy après un début bien speed à la "A Blaze In The Northern Sky".) Par contre "I Hornenes Bilde", le single et premier extrait, accompagné de son clip vidéo, nous laissera une simple demi-molle.

Mais il sait aussi et surtout nous faire vraiment plaisir en allant chercher le suc le plus terrible exhumé du passé le plus glorieux et radical des copains Fenriz et Nocturno Culto. C’est ainsi qu’avec "Eremittens Dal", le titre, il nous sidère en balançant une sauce noire à la "Transilvanian Hunger" totalement jouissive. Le blast intense pulse avec rigorisme, un air tragique (qu’on entend déjà durant l’intro au violon sur vinyle crépitant) est asséné sans pitié. Un hymne "si pure, si froid", répétitif et monotone mais obsédant et accrocheur.

Eriksen ne se prive pas pour faire cohabiter de façon naturelle toutes ces tendances, le Black'N'Roll punkoïde et le blast misanthropique, au sein des mêmes titres. On prendra son pied sur "I Enden Av Tauet" (tout en Black‘N'Roll avec son bon break blasté), ainsi que sur "Likfølget" (blast méchant, break punkoïde avec le featuring vocal de Silenoz de DIMMU BORGIR), ou bien encore le très bon "Mørkets Alter".

Ce nouveau disque sera le plus varié, une belle variété condensée sur l’excellent "Forsteinet I Hat", début à la BURZUM puis Black Thrash dynamique à la AURA NOIR, mais on boit du petit lait quand l’ambiance Metôôôl est contrebalancée par le Depressive Black Metal le plus opaque. Une sympathique envie de mettre fin à ces jours sera occasionnée par le mur de son gris sur tempo lent de "Et Rike I Nord" ou par les arpèges dissonants lentement égrenés de "Gravøl". Ce dernier titre se muera en un mid tempo de New Wave pour riff de Black grésillant et entêtant comme de la Pop (nous rappelle ainsi le bon souvenir de "I Sluket Av Myra", LE tube de l’album précédent).

Comme ça, mine de rien, MORK vient de s’imposer définitivement comme le chouchou des fans de Black old school. Il a le bon esprit, il a le talent - chaque riff tue - et il est productif. On s’amusera des gimmicks pour faire plus noir que noir comme le packaging minimaliste, tout noir et sans paroles publiées. Cette fois le clin d’œil va jusqu’à la pochette dessinée par la mythique Jannicke Wiese-Hansen, la nana fit qui jadis celles des deux premiers BURZUM et du premier SATYRICON. Mais au-delà de ces signes extérieurs de blackmetalité, la musique se suffit à elle-même et démontre toute sa pertinence, l’Esprit d’antan ravageant le présent avec des morceaux tout simplement super bons. À l’heure où le Black encapuchonné devient la norme il est bon qu’un mec en corpsepaint nous Trve l’cul.

Note réelle: 4,5/5..

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   PERE FRANSOUA

 
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- Thomas Ericksen (tout)


1. Hedningens Spisse Brodder
2. Holdere Av Fortet
3. Forsteinet I Hat
4. Eremittens Dal
5. I Hornenes Bilde
6. Likfølget
7. Et Rike I Nord
8. I Enden Av Tauet
9. Mørkets Alter
10. Gravøl



             



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