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CULTES DES GHOULES - Henbane (2013)
Par ZODD le 20 Mai 2013          Consultée 5488 fois

Si CULTES DES GHOULES est aujourd’hui près d’occuper une place essentielle dans la scène Black actuelle, il ne le doit, chose rare, qu’à son génie. Le petit milieu de l’extrême, n’en déplaise à ce dernier, s’étant comme tout le monde conformé à la logique d’internet, on avait pris l’habitude de découvrir les bons groupes à coups de « buzz », avec un premier album fantastique et une suite passant généralement inaperçue (dis plus simplement : achèterons-nous le prochain disque de NEGATIVE PLANE ou DIOCLETIAN ?). Voilà pourquoi quand j’annonce autour de moi que le troisième méfait (après un album et un EP d’une demi-heure) de CDG retrouve une noirceur sacrilège qui semblait avoir disparue depuis "De Mysteriis Dom Sathanas", on tombe des nues, on me rit au nez puis on fait des recherches, on découvre que ce groupe n’est pas Français et que son premier album, qu’on suppose bien entendu meilleur, est loin d’être incroyable. Quand "Haxan" en 2008 surprenait gentiment, "Henbane" en 2013 ravage atrocement, défigure, castre, ensorcelle et épouvante. Émergeant deux ans après le déjà impressionnant "Spectres Over Transylvania", et neuf ans après la formation du groupe, l’ hallucinante heure de Black Metal contenue dans "Henbane" nous figure un underground encore plein de secrets et régénère quelque peu nos espoir le concernant.

"Henbane", avant d’être l’album qui explore des thèmes conceptuels nouveaux pour le genre (le vaudou africain, les hallucinations fumantes…), avant d’être l’album qui combine la force d’écriture de ROTTING CHRIST avec les ambiances hantées de MAYHEM, avant d'être votre prochaine grosse claque musicale, "Henbane" est, bien avant tout cela, l’album d’un chanteur prodige. "Mark Of The Devil", puisque c’est ainsi qu’il se nomme, applique au service du mal et du groupe un florilège de maléfices vocaux tous plus glaçants les uns que les autres. À mi-chemin entre Attila Csihar de MAYHEM et Nattramn de SILENCER, l’illuminé bourreau/troll/chanteur de CULTES DES GHOULES toussote, ricane, chuchote, frissonne, hurle, écrase, récite fiévreusement et scande douloureusement ces paroles impies, s’inscrivant ainsi, au-delà de tous les clichés, dans un registre appartenant à un Moyen-Âge reculé et à des cercles infernaux auxquels même Dante n’oserait pas aller se frotter.

En renfort de ce chanteur phénoménal, l’écriture des lignes de cet album est tout aussi costaude et effroyable. Pour 6 morceaux d’en moyenne 10 minutes, pas une seule fois le groupe ne se répète mais fait au contraire preuve tout au long du disque d’une imagination divinement variée, résultat de deux ans de compositions et de 9 ans de carrière. Tout est frais, tout est riche : les riffs d’abord, leurs agencements, leurs résonances ; ensuite la structure des morceaux, sculptée en montagne russe et en statue grecque. Et puis le son des riffs aussi : une basse rouillée et une guitare parasitée qui vous rentrent sous la peau, toutes deux enveloppées maladivement dans une production évocatrice des films d'horreur les plus habités ("La Chute De La Maison Usher", "The Devil Rides Out", "I Walked With a Zombie"…). On note pour finir un travail à la batterie qui rendrait monsieur Hellhammer très fier, sans pour autant l’imiter. On est en effet loin de la linéarité enfantine que ce genre de production pourrait encourager. Chacun des ces éléments sont bien sûr autant de pierres noires portés à l’édifice que CDG s’efforce de construire depuis sa naissance : un grand hommage à la sorcellerie, qu’il adore, et une reconstitution fidèle des sabbats d’antan.

Pour cela, le groupe ne fait pas de ségrégation : toute magie noire est bonne à prendre. Voilà comment on en arrive à retrouver, en vis-à-vis d’un Black Metal formellement parfait (je parle d’une perfection sclérosée semblable à celle du premier MÜTIILATION), des djembés vaudou (pour le titre "Vintage Black Magic", réinvention authentique des Arts Noirs musicaux), des citations de films obscurs et des claviers de vieilles églises. C’est que le Black Metal est à CULTES DES GHOULES ce que le chaudron est à la sorcière : un fourre-tout rance et saugrenu. À tout cela, ajoutez la logique des hallucinations droguées des herbes anciennes (auxquelles le titre de l’album fait référence), le L.S.D. du Roland Furieux, et vous obtenez des titres comme "Passion Of a Sorceress" qui résume, entre des cris possédés et une mauvaise fantaisie sans limites, tout ce que le Black Metal a pu un jour avoir à dire.

Necro jusqu’au bout des os, la troupe lovecraftienne polonaise (comprendre : CDG) se hisse avec "Henbane" au plus haut du Black Metal en secouant notre imaginaire comme personne (expérience : écouter "Vintage Black Magic" les yeux fermés et se représenter la tronche du chanteur). Cet album plaira ainsi à tous les amateurs de Black Metal car sa recette tient dans un respect et une application des vieilles arcanes de papa (l’ambiance sabbatico-médiévale à la NECROMANTIA) renforcés par des divergences et des trouvailles excentriques (pour ceux qui ont aimé le cocorico du dernier KPN). Chapeaux (de sorcières) bas, "Henbane" est un des albums dont la pochette pourrait figurer fièrement dans l’Encyclopédie de la contre-culture, à coté du terme : "Black Metal".

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- Mark Of The Devil (chant)
- Machine (guitares)
- W. Earl (batterie)
- Minski (basse)


1. Idylls Of The Chosen Damned
2. The Passion Of A Sorceress
3. Vintage Black Magic
4. Festival Of Devotion
5. The Devil Intimate



             



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