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DEATH / THRASH  |  STUDIO

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- Style : Cancer

MASTER - On The Seventh Day, God Created... Master (1991)
Par DARK MORUE le 2 Novembre 2014          Consultée 1948 fois

Pof, les aventures de MASTER continuent. Bah non, Speckmann allait pas se contenter de publier le premier album de Death Metal autoproclamé du monde, son projet allait continuer de nous hanter encore un bon moment. Et c'est pas se faire lâcher par ses deux camarades précédents qui va changer quoi que ce soit, son groupe il s'y accroche et il recrute. Jusqu'à ce que mort s'en suive, c'est tout, c'est comme ça.
C'est donc tout juste 1 an après la publication du premier album (et 6 ans après sa composition donc) que paraît son petit frère avec un nom absolument pas prétentieux du tout. Et on y met le paquet. Cette fois on a une vraie pochette, un studio badass (le Morrisound encore et toujours, malgré quelques désaccords par rapport à l'album précédent), et des gens exceptionnels qui tiennent les instruments. Genre vraiment, cette histoire s'annonce bien.

Attendez, jugez un peu. Pour la batterie on récupère un copain de ABOMINATION, soit l'autre groupe de Speckmann, et rien de moins que Paul Masvidal à la guitare. Ouais ouais, le virtuose jazzeux de chez CYNIC qui était à l'époque encore dans DEATH. On a même carrément John Tardy qui vient nous livrer quelques backings vocals sur deux pistes et le premier bassiste de MORBID ANGEL qui vient balancer quelques leads torturées vides de sens sur "Whose Left To Decide". Merde alors, vous le sentez le chef d’œuvre, la métamorphose, la transcendance extatique ? MASTER affine le jeu, exploite à fond son nouveau potentiel et gravit les échelons vers la renommée internationale.
Non pas du tout en fait. C'est toujours Speckmann qui compose strictement tout donc on change pas grand chose par rapport au premier album. Tout juste c'est plus pro, violent et clair, mais musicalement on a vu plus évolutif. Et moins régressif surtout. Parce que bon, on va pas se le cacher, MASTER c'était crédible dans les années 80, mais là, faut ptêt pas déconner, un peu ça va. Certes ça a son charme et un cachet certain mais euh... Ahem.

Oui les riffs sont efficaces. Oui globalement on secoue la tête et on est contents. Parce que le son est bon, parce que retrouver la voix de notre Paul adoré qui fait n'importe quoi en gueulant comme il peut derrière son micro a quelque chose de jouissif, surtout que maintenant on est profondément ancré dans le véritable Death Metal plus lourd, plus brutal, plus guttural tout en gardant le côté Punk. Certes je sais pas du tout pourquoi on retrouve des espèces de passages plus atmosphériques avec un chant se voulant habité parce que c'est juste nul (exemples flagrants avec un premier titre vide de sens et une "Heathen" cassée de partout) mais globalement on tient la barre et ça sent la sueur et la bière. Le Redneck Death Metal dans toute sa splendeur, basique au possible, réduit à sa plus simple expression, linéaire jusqu'au bout avec des morceaux tous fichus pareils et une inventivité aux abonnés absents. Mais, en bien fait, parce qu'il y a le talent et les riffs de dingue derrière, la passion, l'esprit. C'est MASTER quoi. Et c'est encore bien. Mais nous sommes en 1991 et le vénérable groupe a déjà refusé d'évoluer, reste bloqué dans les années 80 et se fait déjà complètement dépasser.

Alors n'en déplaise aux puristes mais comment dire, c'est pas bien compliqué d'expliquer la chute totale et irréversible de MASTER dès l'album suivant. Parce que ce combo c'est un peu les VENOM du Death ; ils ont débarqué pour faire un truc qui a pas mal changé la donne mais se sont fait piquer la vedette par d'autres, et ont donc passé tout le restant de leur carrière dans une ombre relative, évoluant toujours en-dessous des groupes qu'ils ont généré, parce que les modes ont changé et qu'ils sont restés beaucoup trop intègres. En 1991, en parallèle à "On The Seventh Day, God Created... Master", y'a quoi qui sort sur le marché du Metal de la mort ? Bah c'est SUFFOCATION, IMMOLATION, ATHEIST, et toute la scène suédoise qui débarque en force. Le raffinement et la tronçonneuse. Et à côté, on a nos irréductibles qui ressortent la même chose qu'en 85. Ringard, dépassé, mais tellement touchant... Alors oui du coup c'est cool à écouter dans les années 2000 en plein Revival, mais alors à l'époque, Speckmann et autres sont déjà à deux doigts de se faire éradiquer dans l'instant par une concurrence qui défonce tout sur son passage... C'est con de déjà être pratiquement en sursis après tout juste deux opus quoi. Mais heureusement on en est pas encore là.

DONC. MASTER, tout le monde le sait, c'est ultra limité. C'est beauf, pas subtil, ça s'apprécie à petites doses. Et ce second album fait partie des petites doses qu'il est bon de prendre, un peu. Parce qu'encore solide, bien produit, lourd, profondément Death Metal et maîtrisé. On sent le feeling, Speckmann a pas encore tout dit, et s'il n'exploite absolument pas son line-up (Masvidal quoi putain, il est là que pour faire de l'intérim le pauvre, c'est comme si on engageait... je sais pas, genre Mike Portnoy dans AVENGED SEVENFOLD, n'importe quoi) il nous livre tout juste ce qu'on était supposés attendre.
M'bref, l'un des albums qu'on retiendra tout de même des Maîtres, parce que ces derniers n'ont alors pas atteint la date de péremption, parce que même si dépassés y'a encore assez de feu ardent pour tenir la tête haute. Les compos sont typiques, les riffs aussi, mais c'est bien entouré, bien fichu et même musicalement meilleur que jamais, alors ALL HAIL THE MASTER.

Barbe : MASTER suit son chemin et se fout de ce qu'il peut bien se passer autour. Toujours bon, mais pour combien de temps ?

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   DARK MORUE

 
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- Paul Speckmann (basse, chant)
- Paul Masvidal (guitare)
- Aaron Nickeas (batterie)


1. What Kind Of God
2. Latitudinarian
3. Heathen
4. Used
5. Demon
6. Constant Quarrel
7. Judgement Of Will
8. America The Pitiful
9. Whose Left To Decide
10. Submerged In Sin



             



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