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EDGUY - Space Police - Defenders Of The Crown (2014)
Par GEGERS le 18 Avril 2014          Consultée 5510 fois

Le jour où l'amateur de "Vain Glory Opera" et "Theater Of Salvation" ne ressentira pas un petit pincement au cœur avant la sortie d'un nouvel album d'EDGUY, alors c'est que le groupe allemand aura définitivement perdu la partie, et pourra rendre les armes en arguant d'avoir accouché de quelques-uns des meilleurs albums de Heavy/Speed des années 90 et 2000. Fort heureusement, ce n'est pas le cas. Au contraire d'AVANTASIA, dont le concept et les arguments ont été usés jusqu'à la moelle, totalement lessivés par un Tobias Sammet qui, c'est tout à son honneur, n'en fait qu'à sa tête, la musique d'EDGUY a retrouvé quelques couleurs au début de la décennie avec le convaincant "Age Of The Joker", comme revigoré après le lénifiant "Tinnitus Sanctus", sans doute l'album le plus dispensable des cinq rigolos teutons. En 2004, "Hellfire Club" marquait la fin d'un glorieux chapitre dans la carrière du groupe. 10 ans plus tard, le contexte n'est plus aussi prometteur pour la formation, mais il y a fort à parier qu'après quelques années d'hésitation, "Space Police – Defenders Of The Crown" va marquer le début d'une ère apaisée, à défaut de retrouvailles avec le succès fulgurant d'opus désormais considérés comme des classiques. Pas vraiment le début d'une saga galactique (comme l'explique Jens Luwig dans l'interview que vous pouvez lire ici, ce nouvel album se suffit à lui-même et, finalement, rassure, sans pour autant éblouir.

Une ère apaisée débute en effet, car là où "Age Of The Joker" partait dans tous les sens, touchait à tous les styles et les ambiances, allant du Hard Rock le plus mielleux ("Every Night Without You") au Heavy le plus épique ("Rock Of Cashel"), ce dixième album d'EDGUY se veut bien plus clair quant à la direction empruntée. Le fondement de la musique du groupe (et cela nous rassure) reste ancré dans un Speed Metal fun et efficace. C'est ce que semble souhaiter nous dire le combo sur l'introductif "Sabre & Torch", dont le riff furieux et très agressif évoque le monument "Mysteria" ("Hellfire Club"). Légèrement handicapé par un refrain qui tombe à plat après des couplets très prometteurs, le titre propose un break instrumental proche du Thrash Metal (à noter l'excellent travail du guitariste Jens Ludwig sur l'ensemble de l'album) qui confirme les velléités belliqueuses de la bande à Tobi. Introduction bien plus convaincante que "Robin Hood", ce premier titre très marqué par des sonorités old school n'est pas vraiment représentatif de l'identité de l'album. Pour avoir une véritable idée de la teneur musicale de cet opus, il faut prêter une oreille attentive aux deux titres qui donnent leur nom à l'album, "Space Police" et "Defenders Of The Crown". Le premier, avec ses claviers entraînants, façon "Superheroes" ou "King Of Fools", étale sur 6 minutes un Heavy mid-tempo, à l'image de ce que le groupe affectionne depuis la deuxième moitié des années 2000. Si le refrain n'est pas là non plus des plus savoureux, le titre offre une bonne dose de délire avec sa partie centrale, prétexte à un délire spatial de Tobias, qui se fait David Bowie pendant une poignée de secondes. Le deuxième, "Defenders Of The Crown", offre enfin un véritable moment de bonheur sans couac. Résolument Speed, doté d'une ligne mélodique et d'un refrain à se pâmer, ce titre est celui que les fans attendaient secrètement, la preuve de vie d'un groupe dont le leader est encore capable de grandes choses. Ouf !

La réussite de cet album constitue finalement une surprise, d'autant plus que le groupe limite la prise de risques et offre un agencement des titres somme toute semblable à ses réalisations passées. En effet, après quelques speederies délectables, EDGUY revient à des sonorités purement Hard Rock qui permettent au mojo du satyre Tobias Sammet de sortir de sa boîte. "Love Tyger", félin et énergique, se pose dans la droite lignée de "Lavatory Love Machine" ou "Dead Or Rock", et fonctionne à merveille avec son refrain léger et fédérateur, qui flatte les bas instincts. Dans une veine un peu plus musclée, il faut reconnaître quelques atours séduisants à "Do Me Like A Caveman", qui se pose dans la droite lignée de l'ambiance générale de "Age Of The Joker". Sympathique, même si l'on ne peut que constater que le groupe a déjà proposé mieux par le passé. Non, pour vraiment savourer la substance de ce dixième album, il faut regarder du côté de l'épique "The Realms Of Baba Yaga" : un riff surgonflé, une rythmique à l'avenant, des mélodies imparables et surtout un travail vocal gigantesque de Tobi font des 6 minutes de ce titre un véritable moment de bonheur. Tobi, c'est lui qui à nouveau se démarque sur cette surprenante et très convaincante reprise du "Rock Me Amadeus" de FALCO, preuve que, dans les années 80, l'Électro-Rap allemand existait déjà ! Transformé en un imparable ovni à la fois Rock et Indus', ce morceau se voit transfiguré pour devenir un délire jouissif.

Comme pour confirmer son retour en bonne forme, EDGUY se plaît même à dépoussiérer l'exercice du titre à rallonge. "The Eternal Wayfarer", qui clôture l'album, n'est pas un tour de force en soi (rappelons-nous des 18 minutes de "The Kingdom"), mais un vent frais souffle sur ce titre. Introduit de manière calme et posée, façon "The Piper Never Dies", le titre prend de l'ampleur alors que des ambiances orientales viennent l'agrémenter, suivies par une rythmique très costaud, aux riffs plaqués très modernes, et des nappes de clavier belliqueuses qui ne sont pas sans rappeler l'univers d'un SABATON. Le tout servi par des mélodies suffisamment marquantes pour rendre l'écoute complète intéressante, donne un final audacieux, témoignage de cette harmonie finalement trouvée entre la facette la plus old-school et la plus récente du groupe.

Le dixième album d'EDGUY n'est pas un chef-d’œuvre. S'il supplante tout ce que le groupe a pu faire depuis "Rocket Ride", il souffre de quelques faiblesses. "Shadow Eaters", qui veut trop se la jouer Speed des années 90, ressemble à une face B de "Mandrake", tandis que la ballade "Alone In Myself" ne fait que confirmer que Tobias a totalement perdu la main. Même s'il tente de casser les codes et de se faire plus Modern Rock, ce titre semble calculé et forcé, ce que confirme son refrain aux airs de mauvais U2. Un peu comme si Bruce Springsteen, Bon Jovi et Bono s'étaient déchirés au cours d'une partouze dégueulasse, vous voyez le genre.

Mais, et il faut bien le reconnaître, EDGUY semble s'être (enfin) retrouvé. L'album ne propose que peu ou pas de remplissage, et si certains refrains sont parfois petit-bras ou tirés par les cheveux ("Sabre & Torch"), le travail sur les mélodies se fait d'une qualité remarquable, tout comme l'impact global des morceaux. Comme sur l'album de 2011, Jens Ludwig se fait un artisan important dans ce retour en force du groupe allemand, proposant des lignes de guitare omniprésentes et bien souvent imparables. Une sortie apaisée pour un groupe sûr de lui, qui semble aller de nouveau dans la bonne direction. De quoi donner, encore une fois, un petit pincement au cœur au moment de retirer le film plastique, non ?

Un bon 3,5/5 pour le plaisir donné aux fans de la première heure.

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   GEGERS

 
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- Tobias Sammet (chant)
- Jens Ludwig (guitares)
- Dirk Sauer (guitares)
- Tobias Exxel (basse)
- Felix Bohnke (batterie)


1. Sabre & Torch
2. Space Police
3. Defenders Of The Crown
4. Love Tyger
5. The Realms Of Baba Yaga
6. Rock Me Amadeus
7. Do Me Like A Cavemen
8. Shadow Eaters
9. Alone In Myself
10. The Eternal Wayfarer



             



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