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HEAVY METAL  |  STUDIO

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- Style : Whitesnake, Astral Doors, Nightmare
- Membre : Ark, Pagan's Mind, Allen - Lande, Beyond Twilight, Mundanus Imperium, Masterplan, Jorn Lande & Trond Holter

JORN - Traveller (2013)
Par GEGERS le 10 Juillet 2013          Consultée 2555 fois

JORN en arrive à un point où on aurait presque envie de lui donner des conseils, où l'on frémit d'une outrecuidance impolie de le sommer de repenser totalement sa carrière. "Mais de quel droit ?", "Comment ose-t-il ?", "Il pourra donner des conseils quand il saura chanter comme lui, celui-là", vous entends-je vous écrier derrière votre écran d'ordinateur. Tout comme vous, on aime bien JORN chez Nightfall. Mais il faut reconnaître que depuis 2006, moment où le bonhomme s'est investi intensément dans sa carrière solo, on frôle l'overdose. Ainsi, lorsque le Norvégien ne chante pas dans MASTERPLAN ou AVANTASIA, il sort un album studio par an, et revient tous les semestres avec un Live, un album-hommage, un best of ou un opus symphonique. Le chanteur peut avoir l'un des timbres de voix les plus agréables du circuit actuel (depuis la mort de Steve Lee, peu lui arrivent à la cheville dans ce timbre à la Coverdale), son omniprésence finit tout naturellement par irriter, agacer, foutre les nerfs, et fait attendre avec une certaine appréhension chaque nouvelle offrande du bonhomme.

Une appréhension justifiée, car on ne peut pas dire que les albums solo du chanteur soient époustouflants et regorgent de qualités exceptionnelles. Si jusqu'à "The Duke" (2006), on pouvait sentir poindre un véritable talent d'auteur-compositeur, qui laissent ses 4 premiers albums les seuls véritablement essentiels de sa discographie, les dernières offrandes du chanteur ne volent malheureusement pas bien haut. Incapable de se remettre du décès du regretté Ronnie James Dio, pour lequel il consacre encore un morceau ("The Man Who Was King") et fait preuve d'une flagornerie sincère mais trop appuyée ("He was the Jesus of Heavy Metal..."), JORN propose tous les ans un album moyen, là où, trente ans plus tôt, ses prédécesseurs parvenaient à sortir tous les 8 ou 10 mois un chef-d'œuvre.

En fait, JORN a simplement besoin de respirer, de se laisser le temps de reprendre sa carrière en main. Cet empressement est certainement dû au statut précaire du chanteur, qui doit très probablement lutter pour rentabiliser au maximum son organe, qui ne va pas aller en s'améliorant. On se retrouve donc avec ce "Traveller", une nouvelle fois produit par le Norvégien, qui laisse poindre un maigre espoir suite à l'intégration dans le line-up du guitariste Trond Holter, également membre de WIG WAM, qui participe à la composition des morceaux. En sortant de sa routine, JORN avait ainsi les clés en main pour remettre son Hard/Heavy en question, et donner un souffle nouveau à sa musique. À défaut de souffle nouveau, le bonhomme prend le parti de durcir le ton, de se faire plus sombre et agressif, laissant légèrement de côté les influences venues du Blues qui, si elles se ressentent toujours dans sa voix, imprègnent moins sa musique.

On se retrouve donc avec des riffs très Heavy, parfois quasiment Doom, sombres et glauques, desquels peu ou pas de mélodies intéressantes ressortent ("Cancer Demon", "Carry The Black"). Il faut, pour chacun des morceaux, faire l'effort auditif de trier le bon grain de l'ivraie, retenir le bon et tenter d'oublier les nombreux remplissages. À l'exception du morceau-titre "Traveller", du travaillé "Widow Maker" et du convaincant Heavy Rock de "Make Your Engine Scream", peu de morceaux parviennent à séduire dans leur intégralité. Même marqué par la patte vocale du chanteur, cette capacité immuable qu'a JORN à poser des lignes de chant mêlant feeling et puissance, on reste sur sa faim à plusieurs reprises, et l'on peine à déceler dans le poussif "Overload", le convenu "Legend Man", le bancal "Monsoon" et l'hommage contractuel "The Man Who Was King" de quoi se rassasier. Le travail des guitares, tout comme la production, est impeccable et n'est en aucun cas responsable de la médiocrité mesurée d'un album qui souffre surtout d'un manque d'inspiration. Si, comparé à "Spirit Black" ou "Bring Heavy Rock To The Land", on ne décèle pas particulièrement de baisse de régime, l'écouter entre "Out To Every Nation" et "Worldchanger" témoignera de la baisse qualitative de l'oeuvre solo de JORN depuis la deuxième moitié des années 2000.

JORN a besoin de repos, voilà tout. Lâcher prise quelques temps : un guest chez AVANTASIA, un nouvel opus de ALLEN/LANDE, voilà qui ferait le plus grand bien à un chanteur hyperactif, qui confond malheureusement vitesse et précipitation. Bien que plus inventif sur la forme, "Traveller" est sur le fond bien similaire à ces opus en demi-teinte qui émaillent trop régulièrement la discographie du chanteur. Un album "de plus" à l'intérêt plus que limité.

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   GEGERS

 
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- Jørn Lande (chant)
- Trond Holter (guitare)
- Bernt Jansen (basse)
- Jimmy Iversen (guitare)
- Willy Bendiksen (batterie)


1. Overload
2. Cancer Demon
3. Traveller
4. Window Maker
5. Make Your Engine Scream
6. Legend Man
7. Carry The Black
8. Rev On
9. Monsoon
10. The Man Who Was King



             



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