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BRUTAL DEATH TECHNIQUE  |  STUDIO

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SUFFOCATION - Pinnacle Of Bedlam (2013)
Par DARK MORUE le 12 Avril 2013          Consultée 3450 fois

SUFFOCATION, c'était un peu la vieille gloire du Death Metal qui s'effrite et dont tout le monde pleure le lent déclin.
Déjà bien dans la merde à la fin des années 90, un premier split déclaré alors comme définitif en avait fait pleurer plus d'un. Mais bon, c'était passager, un petit come-back quelques années après et tout rentre dans l'ordre. Ou presque.
Voilà maintenant une bonne décennie que le groupe galère. Ils s'efforcent de se donner à fond sur chaque album, mais la sauce ne prend jamais. Un "Souls To Deny" qui aurait pu être bon s'il était moins froid, un éponyme qui ne maintient pas l'illusion bien longtemps, un "Blood Oath" que tout le monde a déjà oublié...
Et puis voilà que le navire se met à prendre l'eau de toutes parts. Le batteur de génie Mike Smith, épine dorsale du groupe, en a marre de se taper des salles miteuses alors que pour lui SUFFOCATION devrait être un groupe qui joue dans les stades. Et il se tire donc dégouté. Et même Frank Mullen est lassé et arrête de tourner avec ses confrères en se laissant remplacer par Bill Robinson en live (DECREPIT BIRTH). On craint le split définitif. L'éclatement total du combo. Un nouvel album est annoncé malgré tout, de quoi craindre le pire. Plus jamais le titan New Yorkais ne pourra se relever.

Et là, le miracle eut lieu.

Si vous en attendiez quelque chose de potable, c'est que vous avez rien suivi. On croyait tous SUFFOCATION rincé et le pied dans la tombe. Et là, le voilà qui renaît de ses cendres.
"Pinnacle Of Bedlam" encule à sec tout ce qui a pu être sorti depuis le come-back. Mais genre vraiment, genre de super loin. C'est avec les opus de 91 et 95 ce que le combo a pu sortir de meilleur. Voilà pour la surprise, l’uppercut dans la tronche qu'on attendait pas.
Mike Smith a foutu le camp ? Pas grave, on rempile avec Dave Culross. De toute façon, ce mec est également un véritable monstre, et a déjà joué avec le groupe sur l'énorme EP "Despise The Sun", la moindre forme de déception du côté des percussions est exclue.
Frank Mullen ? Eh, suivez un peu, c'est seulement sur les tournées mineures qu'il a fichu le camp, là en studio il nous livre même une sacrée performance, regagnant un semblant de puissance et sonnant moins asthmatique, sans pour autant atteindre ses prouesses gutturales passées.
Le reste ? Eh ben le reste, ils sont plus en forme que jamais et arrachent tout avec une fougue qu'on leur avait même oublié.

Car non, ce n'est pas que grâce à la production incroyablement claire et puissante pour le groupe, changeant des sons un brin étouffés et poussiéreux habituels. "Cycles Of Suffering" explose à la gueule en nous calant un énorme blast d'office et nous grave le mot BRUTAL sur le front, au cas où on aurait oublié à quel genre de pionnier on a affaire. Et on a donc une entame particulièrement alléchante, avec quatre premiers titres imparables en nouveaux énormes tubes du groupe, surtout et catchy "Eminent Wrath" et surtout le nouvel hymne du combo "As Grace Descends" disposant d'un riff principal aussi technique que mémorisable, des enchaînements totalement évidents et un semblant de refrain destructeur. Irréprochable, nouveau pilier.
En fait, pour la pratiquement première fois de sa carrière, SUFFOCATION compose de véritables morceaux. Plutôt qu'un enchaînement de plans tous plus annihilateurs les uns que les autres (et témoignant bien évidement d'un sens de la composition chirurgical, on va pas leur retirer ça), voilà qu'on sonne plus direct, plus bourrin, mais surtout pas moins technique.

Bien évidement que chaque seconde est à tomber par terre de violence calculée et de brutalité technique affolante. Mais quand on sort une guitare acoustique qui vient signer des arpèges surprenants de justesse sur "Sullen Days" pour une intro et un break bien troussé, on lève les sourcils d'approbation. Quand on se fait écraser la tronche par un pourtant bien véloce "My Demise" et sa batterie mortelle, on s'en plaint pas (et quel final!). Quand on se rend compte que c'est la première fois depuis 15 piges qu'on ne détecte aucune longueur ni morceau faible dans un album de SUFFOCATION, on affiche un sourire béat et on secoue la tête. Tout juste on tique un peu sur un unique riff de "Rapture Of Revocation" tellement pataud qu'on peut chanter la chanson culte du Livre de la Jungle par dessus. C'est dire qu'au final il n'y a fondamentalement rien à reprocher. Donc "Pinnacle Of Bedlam", c'est du lourd, c'est une des premières sorties de 2013 à véritablement tout déglinguer en provenance d'un gros groupe et pas du tout un qu'on attendait.
Et évidement, on a également un joli réenregistrement de "Beginning Of Sorrow". Aller, plus que 3 albums et on dispose de la version 2.0 de "Breeding The Spawn", bientôt on est débarrassés de cette production hideuse, courage les mecs vous pouvez y arriver.

Donc. On fait un bref résumé. SUFFOCATION, groupe en train de sombrer dans l'anonymat malgré son statut de culte et de grand patron de tout un pan de notre musique. Lors de ce qui correspond probablement aux pires heures noires du combo, ils nous envoient l'album de la résurrection et atomisent la gueule de tous et toutes. Si on ajoute à cela des petits arguments extra-musicaux capable de convaincre encore plus, comme un concept vague sur le livre des Morts des Tibétains ou surtout cette pochette absolument magnifique (signée Raymon Swanland, également responsable de celles de DEEDS OF FLESH) et on se retrouve avec un indispensable de ce début d'année.
Ni plus ni moins.
Bon sang que ça fait du bien de pouvoir parler d'un truc récent de SUFFOCATION positivement. Des années que les fans attendent ça. Bref, seulement 4/5 parce que les albums ultimes du combo nous ont déjà été livrés, mais sachez simplement que "Pinnacle Of Bedlam" obtient de droit la 3e place qualitative dans la discographie des New Yorkais. Si c'est pas beau ça.

Keuf keuf : le voilà l'album de la résurrection qu'on attend tous depuis si longtemps. Enfin, les rois du Death Metal honorent leur statut et reconquièrent le trône. Objections refusées.

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   DARK MORUE

 
  N/A



- Frank Mullen (chant)
- Terrance Hobbs (guitare)
- Guy Marchais (guitare)
- Derek Boyer (basse)
- Dave Culross (batterie)


1. Cycles Of Suffering
2. Purgatorial Punishment
3. Eminent Wrath
4. As Grace Descends
5. Sullen Days
6. Pinnacle Of Bedlam
7. My Demise
8. Inversion
9. Rapture Of Revocation
10. Beginning Of Sorrow



             



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