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NEUROSIS - Honor Found In Decay (2012)
Par ENENRA le 9 Janvier 2013          Consultée 3316 fois

NEUROSIS. Titan de la scène Metal et Punk depuis 1985. Pas des jeunots donc, mais de toute manière je ne vous apprends rien (j'espère en tout cas) vu la notoriété qu'ils ont dans le milieu. NEUROSIS, je disais donc, est un de ces groupes dont on a l'impression (un certain Roygbiv le soulevait dans les commentaires de la chronique de "Times Of Grace") qu'ils ont sorti que des masterpieces apocalyptiquement titanesques et monstrueusement grandioses et auxquels il faut systématiquement adhérer si l'on ne veut pas se faire railler par une troupe de fans sanguinaires. Chacun, en 2012, et au vu de l'ancienneté du groupe, pourra se demander s'il attend encore quelque chose de la formation originaire d'Oakland. Je ne vous cacherais pas que, me concernant, NEUROSIS c'est trois albums et une petite poignée de titres. Rien de plus.

Toutefois, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, j'attendais avec impatience ce "Honor Found In Decay". Ayant eu la chance de les voir en live en Juillet 2011, j'avais pris ma claque sur les nouveaux morceaux, mention spéciale à "At The Well" que je trouvais diablement bien ficelé, explosif, revigorant... Bref, j'étais comblé avant l'heure. Autant dire que la chute fut rude. NEUROSIS continue son bonhomme de chemin, il continue de fermer sa boucle en quelque sorte, en nous offrant avec "Honour Found In Decay" une espèce de synthèse de sa carrière post 1990. Une synthèse bien pâteuse malheureusement.

De la névrose des origines, de la LSD qui dégringolait par kilos, des déflagrations monumentales, il ne reste qu'un pauvre rocking-chair, un feu de cheminée et une pipe en bois. NEUROSIS est vieux... La bête qui dévorait tous les auditeurs imprudents s'est retirée dans sa grotte sombre et inhospitalière. Elle gronde certes, mais elle même n'est pas convaincue de son vacarme. Tintamarre qu'elle asperge abondamment de raies lumineuses rêveuses et presque stellaires pour un effet lui aussi "presque" réussi, sur "We All Rage In Gold" notamment.

Là où certains reprochent (s'il existe encore des chroniques négatives sur la Toile hein...) à NEUROSIS de revenir avec un album bruyant au lieu de s'assumer Papys Brossard, j'aurais plutôt tendance à regretter ce choix de croisement sonore entre un "A Sun That Never Sets" et un "Through Silver In Blood" allégé (ou comment accoupler l'emmerdant et le génial). D'autant que la troupe nous avait prouvé sur "Given To The Rising" qu'ils pouvaient nous briser encore quelques côtes sans sentir le réchauffé. Tableau bien noir posé comme ça, il reste quand même un constat définitivement ancré entre deux écuelles. NEUROSIS, bien que jamais réellement prenant et insidieux, comme il a pu l'être de 1992 à 1996 j'entends, arrive à tisser de bons morceaux, du moins des montées en puissance, des climax et tout le tralala, intéressants. On pourra pointer ce "At The Well" furieux quoique moins convaincant que mon souvenir live, ou encore "Casting Of The Ages" dont le poids est incontestable. D'ailleurs, le groupe s'ouvre réellement sur cette chanson, découvrant ses faiblesses et ses rides... ça en deviendrait presque (j'ai dit "presque") émouvant.

Cependant, il faut encore une fois tempérer notre propos puisqu'il est évident, et triste à dire en réalité, que NEUROSIS, pour la première fois de sa carrière (à un niveau aussi élevé dans le savoir-faire j'entends) plonge la tête la première dans la production de passages intenses qui ne le sont que sur le papier. L'explosion (si on peut nommer cela ainsi) sur le dernier tiers de "My Heart For Deliverance", aux relents de ce que proposait le combo sur "Time Of Grace" (déjà à moitié inoffensif, entre nous), est représentative de cet état de fait. Ça se traine, se languit... et le violon qui l'accompagne (si j'identifie bien) n'aidera en rien la sauce à prendre. Tant qu'on parle d'explosion et de clin d’œil, le soupir est presque automatique sur la soi-disant écorchée "All Is Found... In Time" ou plus encore sur la trop étirée "Bleeding The Pigs" qui se finit en maëlstrom tumultueux, batterie tribale à l'appui, qui sent bon la période "Through Silver In Blood" mais au final n'a rien à faire ici et fait plus office de gros clin d’œil pour racheter les fans perdus en cours de route qu'autre chose.
Petite remarque en passant, dans la catégorie "Œil de Lynx" (ou devrais-je dire, "Oreille de Fennec"), le chant de Kelly (j'ai un doute soudainement) sur "Raise The Dawn" fait diablement penser à celui de Buzz Osborne (MELVINS) sur la chanson "Teet". Fermez la parenthèse.

En bref. Ce qu'il faut retenir de la petite histoire c'est que NEUROSIS ne propose rien de réellement intéressant ici et je dois dire que, malgré notre amour pour les tourbillons apocalyptiques délivrés avec amour par le groupe (citons la fin du titre "All Is Found... In Time"), tout ceci sent fortement le réchauffé et manque cruellement de conviction, de réels sentiments. On finit donc avec dans les mains un opus qui sonne un peu creux (malgré la prod' de Steve Albini) et qui a du mal à pleinement convaincre son auditoire. Soporifique. Amorphe.


Blood makes no excuse.

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   (2 chroniques)



- Scott Kelly (chant, guitare)
- Steve Von Till (guitare, chant)
- Dave Edwardson (basse, chant)
- Jason Roeder (batterie)
- Noah Landis (claviers, programmation)


1. We All Rage In Gold
2. At The Well
3. My Heart For Deliverance
4. Bleeding The Pigs
5. Casting Of The Ages
6. All Is Found... In Time
7. Raise The Dawn



             



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