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MELVINS - Bullhead (1991)
Par ENENRA le 20 Mai 2012          Consultée 2838 fois

"Bullhead", le réservoir des capotes (?), sorti chez Boner (la trique en français) Records et un ananas auquel on pourrait trouver des airs de phallus (psychanalyse au secours !). MELVINS fait preuve, encore un fois, de tout le second degré qui l'habite (et merde). Régulier comme un métronome, on les retrouve encore une fois deux ans plus tard en studio. Et encore une fois les MELVINS surprennent... Pas de changement de line up à l'horizon mais bien un album pour le moins déroutant.

"Bullhead" marque un virage dans la musique du combo de Montesano. Plus lente, plus vicieuse tout en étant prête à exploser, leur son se fait en somme plus complexe et imprévisible. Et ce n'est pas l'introduction du titre "Boris" (dont le groupe nippon prendra le patronyme) qui viendra me contredire, avançant tel un immense colosse, lourde, quasi-rampante, hypnotique presque, et emplie d'une tension folle que l'on avait oublié avec "Ozma". Mais ce n'est pas parce que la musique du groupe parait aux premiers abords aussi lente et menaçante qu'elle le restera tout du long de l'album. Chaque titre dévoilant une facette différente, une nouvelle manière d'aborder le riff et la construction des morceaux, avec toujours ce moment qui te prend à la nuque, ce frisson qui te parcourt le torse, ce vrai son de guitare, corrosif, massif et granuleux.

Ce disque est rempli de folie. Ce sentiment, ces pulsions que l'on sent dans la voix de Osborne à plusieurs reprises dont l'épique dernier tiers de "Boris" où on le devine dévoré par le trouble et rongé par la démence ("I say I can't, but I really mean I won't" prononce-t-il de manière totalement sardonique). Le Monsieur aurait-il retrouvé sa superbe d'antan ? On dirait bien à l'entendre déblatérer ses paroles... à mi-chemin entre la véhémence et la folie contagieuse ("I forgot to get my pill." qu'il dit), tout en martelant sa guitare et emportant ses coéquipiers dans une valse destructrice ("Anaconda" et son riff de tueur). A d'autres moments il sera même le déclencheur d'une folie collective, comme si ses paroles et son expression avait contaminé de proche en proche les instruments. Par exemple "It's Shoved" qui rappellerait presque certains moments fous du premier album ou encore "If I Had An Exorcism" et sa voix crispée (de constipé diront certains) qui précède un beau bordel musical avant que la basse de Lorax ne vienne prendre le relai lors d'une montée en puissance, accompagnée de la voix d'un Osborne passée par la pédale à effet, dont on regrettera la fin en "soufflet" et non en explosion. On retrouvera également ses envolées "épiques" (tout est relatif) sur certains titres comme "Zodiac" ou encore le très électrique (attention une décharge est vite arrivée) "Your Blessened".

"Bullhead" est en réalité l'un des albums des MELVINS les plus durs d'accès. Tendue comme jamais auparavant leur musique n'avait sonnée, le groupe y délivre des titres que seuls le temps et la répétition nous feront aimer. Ce "Ligature" rampant et très axé vers la batterie repoussera, gênera, et ce plusieurs écoutes durant. Le titre ne bénéficiant pas du côté catchy très prononcé de ses camarades. Et encore quand je dis "catchy", ce n'est bien qu'au bout d'une foultitude d'écoutes qu'on réussit à prendre pleinement son pied sur l'intégralité de l'album. Les riffs sont tous excellents (même si on ne s'en rend pas forcément compte au début) mais c'est bien la voix de Osborne tendue, voire crispée et un poil hâtive qui rebutera aux premiers instant, bien plus que sur les premiers albums cela s'entend. Outre le fait que l'album est au final assez monolithique, presque sans fil conducteur.

Bien qu'empruntant au Rock des éléments purement accrocheur, "Bullhead" est presque un disque qui ne veut pas que vous y adhériez. Ce disque est une bombe à retardement en somme. Repoussant aux premiers abords, il ne fera que se bonifier au fil des écoutes. Tout amateur de musique lourde se doit de l'acheter aveuglément et de le faire tourner jusqu'à ce qu'il ait cerné la bête si bien camouflée derrière cette pochette si innocente (ce que j'ai fait).
Bien sûr il y a ces riffs immenses, intenses et totalement gigantesques, cependant le groupe (et surtout Buzz) fera tout pour revenir au plus vite à un état presque repoussant, qui amène le dégout, qui fouille le caniveau à pleine main afin d'en extraire des sons flasques et et un chant dépravé.

La pochette vous invite à gouter aux fruits de cette galette, mais ce n'est en fait qu'un piège. Ce disque est un poison lent. Pire... un poison avec un fort gout de "reviens-y".


Your Blessened. I can feel your pain. You're man-like. You're friendy. You're me.

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- King Buzzo (guitare, chant)
- Lorax (basse)
- Dale Crover (batterie)


1. Boris
2. Anaconda
3. Ligature
4. It's Shoved
5. Zodiac
6. If I Had An Exorcism
7. Your Blessened
8. Cow



             



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