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SLUDGE / DRONE DOOM  |  STUDIO

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MELVINS - Lysol (1992)
Par ENENRA le 2 Juillet 2012          Consultée 3202 fois

La légende voudrait qu'un jour d'été 1992, Buzz Osborne et Dale Crover étaient tranquillement en train de siroter une limonade, avec leur pote Joe Preston, pendant que Lorax en bonne femme était allée chercher quelques bières pour la soirée folle qui se profilait au loin. Pendant qu'ils se la coulaient douce, Joe aperçu derrière les collines une intense fumée, comme un signal d'appel. Ni une ni deux les voilà parti à dos d'âne afin de savoir ce qu'il se passe. Ils y trouvèrent un indien en transe. Et étant donné que les deux loustics ont toujours leur van au cul avec instruments et ampli prêt-à-jouer, ils sortent le tout et envoie la sauce, les décibels. Saturday Night Fever c'est maintenant !

Joe pour ceux qui ne connaissent pas c'est déjà un nom écrit en énorme sur le dos de la jaquette – j'y reviendrai – mais c'est aussi un monsieur qui a filé pas mal de coups de mains chez divers groupes (EARTH, SUNNO))), HARVEY MILK, HIGH ON FIRE... pour les plus connus) au poste de bassiste. Le voilà donc ici chez les MELVINS où il avait également fait une apparition sur le live video "Salad Of A Thousand Delights". Mais cet homme n'est qu'une pièce supplémentaire du puzzle dont les morceaux principaux restent et resteront Buzz Osborne et Dale Crover.

Avant d'attaquer la musique, quelque mots sur l'objet en lui même. Il y aurait beaucoup de choses à dire au sujet de ce "Lysol". Tout d'abord ce nom. Pour rester dans le ton léger de l'intro, on pourrait supputer que ce sobriquet totalement absurde fut trouver dans les rayons du supermarché où travaillait Buzz. Étant donné que "Lysol" est le nom d'un produit désinfectant pour nettoyer à peu près tout à la maison, du sol au plafond, comme disaient les publicitaires autrefois. Vous vous imaginez bien que le groupe a eu quelques problèmes avec les copyright. Boner Records renomma donc cet album "Melvins" après coup. Malheureusement quelques livrets avaient déjà été imprimés. Ils recouvrirent donc les "Lysol" d'une bande noire collée avec le plus grand soin. Bande facile à décoller quelques temps plus tard par les heureux propriétaires de ces objets véritablement collector ! Concernant la pochette, c'est une peinture basée sur la sculpture de Cyrus Edwin Dallin nommée "Appeal To The Great Spirit", surement une des (si ce n'est la) pochettes les plus captivantes du groupe.
Pour revenir au "Joe" énorme visible au dos de l'album. Il serait dû au ras le bol de Buzz Osborne face aux demandes incessantes de Joe Preston pour plus de visibilité et de crédits sur l'album. Joe fut d'ailleurs exclu de l'aventure quelques temps après la sortie de la galette. Dernier détail : la version CD n'est constituée que d'une seule piste de 31 minutes. Je n'ai connu cet album que de cette façon mais j'ai fait en sorte de le découper en ses différentes parties pour cette chronique étant donné que beaucoup d'entre vous aiment le format digital et risque donc de se retrouver avec six morceaux dans les bras sans savoir pourquoi. Fin de la parenthèse.

Enregistré en moins d'une semaine, "Lysol" est le quatrième album des MELVINS, sorti en 1992, quelques mois avant qu'un certain EYEHATEGOD se décide à enfin sortir un enregistrement longue durée avec son premier album "In The Name Of Suffering", album qui lancera la coulée de boue nécessaire au début de l'expansion du genre. Mais revenons à nos oignons. Les MELVINS ont jusqu'ici toujours un minimum surpris à chaque sortie, changeant un peu à chaque fois leur son, leur approche. Sur "Lysol" le groupe continue sur cette route du changement perpétuel et nous offre un opus lent, très lent même par moments et assez longtemps pour récolter la digne étiquette de Drone Doom Metal. Après tout, SUNNO))) reprendra bien la piste d'ouverture "Hung Bunny" sur son premier album "ØØ Void" sorti en l'an 2000.

Cependant la lourdeur n'est pas le centre de cet album qui récolte également des adjectifs aussi divers que "Grunge" (rappelons que les MELVINS influencèrent grandement ce genre) ou "Sludge Metal" entre autres. Même sur la longue et très dronesque "Hung Bunny" le groupe sait insuffler au moment opportun (à partir de 7:50) le dynamisme fou qu'on lui connait par des martèlements secs et brutaux de toms et évite donc de se perdre dans un rendu trop linéaire et ennuyeux. Même les riffs Drone Doom ont un côté totalement épique, presque hautain dans leur façon de monter dans les aigus, vers la lumière, et de ne pas s'effondrer mortuairement (si je puis dire) à nos pieds.

Le groupe évoluera par la suite nous proposant un tempo beaucoup plus rythmé et débutant le rituel indien sous un soleil de plomb. La voix de Osborne chargée en réverb' surplombe une musique à l'aspect monolithique mais qui rugit foncièrement dans tous les sens, la batterie donnant à entendre de tous les côtés pendant que la basse rondouillarde chauffe le tout et que les riffs se font de plus en plus bondissants au fur et à mesure que nous les entendons sur "Roman Dog Bird" (c'est dans la tête que ça se passe tout ça, le soleil nous emportera tous, nous et les indiens torses-nus).

Le groupe jouant au milieu de nulle part à côté d'un Indien, ils improvisent. N'ayant pas quinze mille compos dans leur sac ils nous ressortent quelques reprises de derrière les fagots (qui a dit faggots ?). FLIPPER, groupe de Hardcore Punk qui a influencé au même titre que BLACK FLAG la vague Sludge Metal (et les MELVINS), sera donc honoré avec une reprise de leur titre "Sacrifice" totalement incantatoire avec ses larsens, ses riffs tarabiscotés et ses "They demand a sacrifice..." répété en boucle jusqu'à ce que vous rendiez les armes, étendu sur le sol, mort sous les assaut soniques. Concernant la suite, on connaissait l'amour des MELVINS pour le groupe KISS, et ici ils tapent un peu dans le même tonneau puisque ce n'est personne d'autre qu'ALICE COOPER qui se voit être repris par la bande de Montesano et plus spécialement ses deux chansons "Second Coming"/"The Ballad Of Dwight Fry" situées sur son troisième album "Love It To Death" sorti en 1971. Deux très belles reprises à la rythmique plaisante et à la prestation vocale vraiment bonne. Deux petits bijoux encore une fois. Le rituel se clôt sur l'explosive et très Rock (ou très "Melvins") "With Teeth" (la rumeur dit qu'elle serait composée par Joe Preston, d'où les crédits) bien représentative du groupe et de sa façon de faire évoluer les chansons, commençant avec une séquence assez "calme" (tout est relatif) avant que Crover ne s'énerve sur ses toms et que Buzz nous hurle une dernière phrase aux oreilles... Souriant nous encaissons.
Souillé nous relançons la lecture.


See my only mind explode. When I've gone insane.

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   ENENRA

 
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- Buzz Osborne (chant, guitare)
- Joe Preston (basse)
- Dale Crover (batterie)


- Untitled
1. Hung Bunny
2. Roman Dog Bird
3. Sacrifice
4. Second Coming
5. The Ballad Of Dwight Fry
6. With Teeth



             



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