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IN FLAMES - Sounds Of A Playground Fading (2011)
Par FIGHTFIREWITHFIRE le 1er Août 2011          Consultée 9988 fois

Etant donnée l’histoire récente de la formation et l’importance des événements qui l’ont secouée, il est utile de remettre les choses en situation pour bien cerner ce "Sounds Of A Playground Fading":

Courant 2010, suite à une longue cure de désintoxication à l’alcool, Jesper Strömblad, fondateur d’IN FLAMES et guitariste historique de la mouvance Death Mélo, décide de soigner tous ses démons. Cela malgré ses efforts pour l’éviter, finit par inclure son groupe, son bébé qu’il abandonne définitivement aux mains de ses anciens compères, après avoir tenté de donner le change durant de longues années (il affirme s’être senti très mal au sein de la formation dès l’année 2006, date de sortie de "Come Clarity") durant lesquelles il aura tenté de maintenir une touche Death Metal au cœur du propos d’IN FLAMES, contre les volontés du reste de la bande. Avant de jeter définitivement l’éponge et de se réfugier dans les jeux vidéo et l’alcool, sombrant petit à petit, tiraillé par la volonté de se retirer et le refus de sacrifier ce groupe qu’il a bâti, dont il était si fier et auquel il a insufflé une personnalité unique. Cela se solde bien évidemment par des tensions au sein du groupe et par des absences répétées du guitariste blond, remplacé au pied levé par Niclas Engelin qui intègre donc logiquement et officiellement la formation après la composition de ce nouvel opus, à laquelle il n’a pas pris part.

On sent presque d’ailleurs dans les réactions des membres restants une certaine irritation, piqués dans leur orgueil et déçus du choix de leur ex-leader, qui a tout de même pris une décision particulièrement risquée. C’est que composer et tourner avec IN FLAMES est devenu le métier de ces musiciens et que démissionner revient à remettre en cause des années d’efforts et à s’asseoir sur un certain confort financier. Une situation difficile à remettre en question après des années de carrière et qui nécessite du courage, courage que certains n’auraient peut-être pas forcément eu à sa place et qui lui aura d’ailleurs longtemps fait défaut, le plongeant ainsi dans cette spirale infernale.

Car, mine de rien, désormais IN FLAMES fait le boulot et on ne peut pas dire que, sur album ou sur scène, la passion qui animait encore le groupe il y a peu se fasse encore grandement ressentir. Ayant déjà presque tout accompli, il semble que les Suédois se reposent désormais sur une certaine routine. Björn et Peter ouvrent un restaurant, cherchent d’autres challenges éloignés de la musique. Le groupe, visiblement blasé, crée un fanclub officiel, monnaye des Meet And Greet pour une vingtaine d’euros à la fin de ses concerts, bref capitalise à fond sur son nom comme s’il s’agissait de s’assurer au maximum avant la retraite qui pourrait pourquoi pas être anticipée…

Bref, une fois l’empêcheur de moderniser en rond parti fonder son nouveau projet (intitulé THE RESISTANCE, plutôt évocateur), les Suédois perdent donc leur innocence et s’épanouissent enfin, disent-ils. Puisque selon eux c’est Jesper qui grippait la machine depuis trop longtemps, IN FLAMES prend à présent un nouveau départ, son côté pop désormais totalement assumé, et c’est le fruit de cette renaissance et cette maturité nouvelle que nous propose "Sounds Of A Playground Fading".

Premier constat : Björn, désormais seul aux commandes, s’est bien fait plaisir, de nombreux soli, généralement deux à trois par morceaux, venant émailler le disque et dévoiler de manière extrêmement flagrante la passion du guitariste pour le Heavy Metal à la IRON MAIDEN ou BLACK SABBATH. Exit donc les twin guitars qui ont fait la personnalité mélodique du combo et place à des envolées tout en mélodicité.

Et si l’on reconnaît immédiatement la patte IN FLAMES, il y a tout de même forcément quelque chose qui manque dans cette nouvelle approche, difficile pour le coup de saisir si le groupe renouvelle réellement son propos ou si c’est l’absence de son second guitariste qui fonde cette sensation de différence.

Car on ne peut éviter de parler encore de Jesper, tant son fantôme plane sur tout ce disque : son absence se fait tout de même lourdement sentir, malgré tous les efforts fournis pour donner le change, notamment par ces nombreux plans acoustiques (souvent très réussis il faut le reconnaître) qui semblent vouloir nous signifier "Vous voyez, on peut faire comme Jesper, on n’a pas besoin de lui pour faire du bon IN FLAMES !" tout comme ces quelques leads que ce dernier n’aurait probablement pas reniés. Peut-être encore un peu de retenue donc, histoire de ne pas déstabiliser trop fortement les fans ? Un mystère qui sera probablement résolu dès la sortie du prochain album.

Autre mystère qui en réalité n’en est pas un, le fameux "Jester’s Door". Ce titre, dont le texte est écrit et déclamé solennellement par Anders, traite du départ de Jesper et du choc que cela a provoqué chez les membres restants : Jesper nous dit donc au revoir, reconnaissant ne pas oser le dire en face et se retrouver au fond du trou, on apprend également qu’ayant à se justifier celui-ci a préféré quitter le bâtiment alors que les fondations s’écroulaient et disparaît à présent à travers la porte du Jester (ce fameux bouffon, allégorie de l’homme faible et mauvais, qui est l’emblème de la formation depuis ses débuts).

Un texte dur, amer, qui donne la sensation que le chanteur n’a pas évacué la frustration liée à une défection qu’il semble vivre comme une trahison, celle-ci lui restant en travers de la gorge il a, semble-t-il, décidé de laver son linge sale en public. La violence du propos explique d’ailleurs peut-être la volonté peu anodine du groupe de ne pas faire figurer le texte dans le livret et de laisser planer un faux doute sur l’identité de la personne s’exprimant (on nous affirme que c’est soi-disant Anders au départ, puis au fil des interviews les langues se délient et reconnaissent qu’il s’agit peut-être bien de quelqu’un d’autre…).

Du côté des réjouissances il faut souligner la force qui se dégage du titre "A New Dawn", du pur IN FLAMES animé de leads mélodiques et admirablement renforcé d’un violoncelle qui prend vraiment corps avec la musique pour un résultat impressionnant de puissance mélancolique.

Du point de vue expérimentation, outre l’étrange "Jester’s Door", "Liberation" présente une facette extrêmement pop, groovy et radio friendly ; si on est loin du Metal, voilà un morceau qui traduit une liberté que le groupe n’aurait peut-être pas osé s’octroyer auparavant (même si "The Chosen Pessimist" lorgnait un peu de ce côté, mais plus subtilement).

Certes, IN FLAMES s’est montré plus efficace en matière d’écriture de tubes par le passé, mais ce nouvel album contient malgré tout quelques hits imparables taillés pour le live comme l’ouverture éponyme, réellement efficace, ou le single "Deliver Us", au refrain extrêmement moderne, mettant en avant, une fois n’est pas coutume et c’est le cas sur tout l’album, un travail impressionnant au niveau vocal, avec de nombreuses lignes de chant superposées qui sont tout autant de variations que l’on sait toutefois déjà impossibles à retranscrire en live de la part d’Anders…

Les refrains sont extrêmement poussés, comme toujours, et le propos général des structures n’est pas si éloigné d’"A Sense Of Purpose", voire "Come Clarity", avec ce petit quelque chose en plus dans le son et l’approche. Peut-être à chercher du côté de "Soundtrack To Your Escape", ce nouvel album se voulant en effet nettement plus mélancolique et atmosphérique que ses deux prédécesseurs.

Moins convaincante malheureusement, la ballade "The Attic", sorte de "Evil In A Closet" (justement présente sur l’album précité), mais sans sa superbe progression, un soufflé qui retombe assez vite pour un morceau atmosphérique très linéaire qui semble avoir été placé là pour calmer le jeu plus qu’autre chose.

Les brulots épais "Darker Times" ou "Enter Tragedy" (qui bénéficie d’un superbe lead), assez similaires et évoquant par moments les dernières productions de SOILWORK, s’avèrent assez basiques, même si, heureusement et c’est l’une des forces d’IN FLAMES, chaque titre contient tout de même son petit moment de gloire qui peut sauver l’ensemble, à travers un passage atmosphérique ("All For Me" ou "The Puzzle" avec leurs touches planantes) ou un solo diluvien ("Where The Dead Ships Dwell").

Enfin la production est puissante, propre, claire et fait presque passer "A Sense Of Purpose" pour une démo. Néanmoins, le son de batterie est faible, basique, le jeu de Daniel semblant peu inspiré, classique et mécanique, comme si celui-ci avait simplement fait le boulot sans se casser la tête pour porter les morceaux vers une dimension supérieure, dommage.

Si cet album contient d’excellents moments et a indéniablement été minutieusement travaillé, nous offrant un bon essai, particulièrement équilibré et dans la continuité de ce que savent faire de tels orfèvres d’efficacité et de puissance mélodique, ceux-ci donnent néanmoins ici la désagréable impression de remplir leur tâche parce que c’est leur métier et qu’il faut bien vivre. Certes, le talent d’écriture et d’interprétation est toujours là, mais on ne retrouve pas autant que l’on voudrait cette passion et cette volonté de repousser leurs limites artistiques qui animaient les Suédois au début des années 2000. Si bien que l’on peut commencer à se demander combien de temps la formation actuelle survivra au départ de son géniteur. A moins qu’un autre remous de ce genre n’intervienne et ne force IN FLAMES à sortir définitivement de son cocon douillet pour se remettre en question ,ou alors ces sons d'une aire de jeu s'évaporant ne représentent-ils peut-être que la première étape vers un nouveau chapitre de leur histoire ?

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- Anders Friden (chant)
- Björn Gelotte (guitares)
- Daniel Svensson (batterie)
- Peter Iwers (basse)


1. Sounds Of A Playground Fading
2. Deliver Us
3. All For Me
4. The Puzzle
5. Fear Is The Weakness
6. Where The Dead Ships Dwell
7. The Attic
8. Darker Times
9. Ropes
10. Enter Tragedy
11. Jester's Door
12. A New Dawn
13. Liberation



             



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