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Tobias Sammet's AVANTASIA - Ghostlights (2016)
Par GEGERS le 2 Février 2016          Consultée 3313 fois

"Il faut laisser du temps au temps". Que je déteste cette expression. Le temps, il faut le saisir, le prendre à la gorge, extirper chaque seconde de sa substance pour en tirer le maximum de profit. Pendant que l'on tourne les pages d'un bouquin ou que l'on pianote sur son téléphone sur le trône de porcelaine, attendant que la nature fasse son œuvre, Tobias Sammet compose une symphonie ou un nouveau brûlot Heavy Metal. L'artiste n'a pas le temps, il regrette chaque seconde consacrée à autre chose qu'à l'aboutissement de son Grand Œuvre. En voulant aller plus vite que le temps, ce bon Tobias a donné naissance à une discographie intemporelle, qui ne vieillit pas et sonne aujourd'hui comme au jour 1, celui de la découverte. Avec EDGUY ou AVANTASIA, le bonhomme n'a eu de cesse de faire de chaque seconde de musique un bonheur, de chaque mesure une délectable mélodie. Quitte à se faire avoir de temps en temps, accouchant avec "Tinnitus Sanctus" et "Age Of The Joker" (EDGUY) ou "The Mystery Of Time" (AVANTASIA) d'albums dont la conception, sans doute trop rapide, a sans doute souffert d'une auto-suffisance préjudiciable.

Après ce coup de mou de quelques années, notre bon Tobias est de nouveau parvenu à apprivoiser le temps. A faire de "Space Police" un album rassurant, et à de nouveau générer l'intérêt pour son AVANTASIA que l'on croyait moribond. En effet, son Metal Opera, jouet qu'il manipule depuis maintenant 15 ans, retrouve une bonne partie de sa superbe avec ce "Ghostlights" qui renoue avec l'inspiration de ses réalisations les plus marquantes, sans pour autant égaler la qualité des albums du projet publiés entre 2001 et 2008.

Il y a là une envie retrouvée d'offrir des mélodies et des refrains de grande classe, à l'image de ce "Mystery Of A Blood-Red Rose", qui se charge d'ouvrir l'album avec ses intonations à la MEAT LOAF, et permet d'entrer dans le vif du sujet avec une certaine légèreté. Si le propos a, au fil des ans, lentement glissé d'un Speed Metal enragé vers un Heavy Metal aux influences Hard Rock assumées, l'envie de convaincre est de nouveau bel et bien présente et palpable. Sur ce nouveau de son diptyque consacré aux mystères et fluctuations du temps, Tobias propose du neuf. En matière de casting tout d'abord, faisant appel à de nouveaux chanteurs pour personnifier les personnages physiques ou éthérés qui constituent son univers, mais également d'ambiances, le bonhomme n'hésitant pas à expérimenter pour renouveler son sujet. Dee Snider (TWISTED SISTER), dans un registre bien plus sombre que ce qu'il propose habituellement au sein de son groupe débridé, se fait ainsi inquiétant sur "The Haunting", qui bénéficie d'un refrain de grande classe et n'est pas sans évoquer la prestation de Jon Oliva sur l'album "The Scarecrow". Herbie Langhans (SINBREED) participe à faire de "Draconian Love" un titre Gothic-Rock qui, étonnamment, peut rappeler l'univers d'un groupe tel que LACRIMAS PROFUNDERE. Une surprenante réussite.

L'album est construit à l'inverse des trois réalisations précédentes, ce qui participe sans aucun doute à sa réussite. En effet, les titres les plus atmosphériques et alambiqués se voient placés en début d'album, tandis que la seconde moitié se fait plus directe et fondamentalement Heavy, évitant ainsi l'écueil du "ventre-mou" pourtant maîtrisé par Tobias sur ses albums les plus récents. Quelques éblouissements surgissent pourtant dès le début, à l'image du long et épique "Let The Storm Descend Upon You" qui, sans nous prendre à la gorge à la manière d'un "The Scarecrow", ravive une flamme que l'on croyait éteinte. Il faut néanmoins attendre le morceau-titre "Ghostlights" pour que le speed-metal des débuts fasse son retour, et avec superbe puisque autour de Tobias, Jorn Lande et Michael Kiske, deux des voix-clés désormais indissociables du projet, font des merveilles. Ce dernier est également à son meilleur niveau sur le Speed "Unchain The Light", savamment placé en fin d'album et bénéficiant d'un refrain imparable.

La tension monte et descend, joue avec notre excitation comme un marionnettiste avec sa créature. "Babylone Vampyres", avec ses soli de guitare et de claviers, offre sept minutes de bonheur et un refrain dantesque (on pense à l'album "Babylon" d'EDGUY). "Lucifer", qui débute comme une ballade, se fait au final un titre Hard Rock si convaincant que l'on regrette qu'il ne s'étende pas plus longuement. Porté par un solo dantesque signé Bruce Kulick, ce morceau est un délice. A côté de ces grandes réussites, la ballade "Isle Of Evermore", portée par la douce Sharon Den Adel, se fait une petite déception. Avec ses discrètes ambiances celtisantes, le morceau veut se poser en successeur de "Farewell", mais n'a pas sa superbe. Le long et agressif "Seduction Of Decay", porté par la voix aiguë du nouveau venu Geoff Tate, peine à maintenir l'attention de l'auditeur, et si l'on apprécie la grandiloquence des mélodies du titre final interprété (comme c'en est la coutume) par un Bob Catley très en forme, on reste circonspect à l'écoute des ambiances convenues de "Master Of The Pendulum" qui, malgré la présence de Marco Hietala (NIGHTWISH) semble déchiré entre l'envie de renouer avec le Speed-Metal d'antan et la complexification plus actuelle des mélodies.

Il y a, ainsi, matière à satisfaction. En laissant le temps faire son oeuvre et sa musique poursuivre son évolution, Tobias Sammet livre un nouveau volet convaincant et inspiré de son Metal-Opera. La richesse de l'album et sa longueur sont sources de quelques faiblesses aisément pardonnables, tandis que certains morceaux, par la nouveauté des ambiances ou la qualité des mélodies, s'imposent comme de nouvelles perles à mettre au crédit de l'artiste. Tic Tac, le temps s'écoule, et Tobias ne gaspille pas le notre. Un beau retour qui mérite d'être salué.

3,5/5.

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Par GEGERS




 
   GEGERS

 
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- Tobias Sammet (chant, claviers, basse)
- Sascha Paeth (guitare, basse, claviers)
- Michael Rodenberg (orchestrations, claviers)
- Bruce Kulick (guitare)
- Oliver Hartmann (guitare)
- Felix Bohnke (batterie)
- Jorn Lande (chant)
- Ronnie Atkins (chant)
- Robert Mason (chant)
- Dee Snider (chant)
- Geoff Tate (chant)
- Michael Kiske (chant)
- Herbie Langhans (chant)
- Marco Hietala (chant)
- Sharon Den Adel (chant)
- Bob Catley (chant)


1. Mystery Of A Blood Red Rose
2. Let The Storm Descend Upon You
3. The Haunting
4. Seduction Of Decay
5. Ghostlights
6. Draconian Love
7. Master Of The Pendulum
8. Isle Of Evermore
9. Babylon Vampyres
10. Lucifer
11. Unchain The Light
12. A Restless Heart And Obsidian Skies



             



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