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HAMMERFALL - Infected (2011)
Par BAST le 30 Juillet 2011          Consultée 6007 fois

Le guerrier s’en est allé, son marteau calé sur l’épaule, emportant avec lui les couleurs baveuses de comics qui lui donnaient vie sur les pochettes. A la place, HAMMERFALL choisit une main macabrement tendue et un logo en lettres de sang cerclé d’éclaboussures de la même substance (1). Forcément, avant même de pousser le compartiment du lecteur de salon, on est bien curieux de savoir si un tel revirement d’ambiance préjuge d’une modification similaire aux fondations du style. Forcément.
Que les fans du groupe se lèvent, les Suédois sont restés les mêmes. Que les amateurs de heavy mélodique se rassoient, HAMMERFALL sort un album ennuyant.

HAMMERFALL relègue sur le banc de touche son speed mélodique, lui préférant un heavy grossièrement mid-tempo, avare de refrains et globalement mollasson. Quelques écoutes suffisent : "Infected" est planté de compositions alternant entre deux qualificatifs qui, additionnés, ne donnent guère mieux que ce qu’ils sont unitairement : insipides et correctes.

Insipides en trois exemples. D’abord "Patient Zero", porté par un bon riff, bien lourd, avec une légère odeur de RAMMSTEIN dans les grésillements, et plombé par des lignes de chant proches du sol ou un refrain si plat que, même un fusil sur la tempe, on se refuserait de lui reconnaitre la moindre qualité. "B.Y.H.", ensuite, malgré un début prometteur fait de lignes de chant en expansion, le KO intervenant lors d’une brutale prise de conscience : et si le refrain, qu’on s’est longtemps escrimé à chercher, n’existait finalement pas ? "I Refuse", pour en terminer, parce que ce titre ressemble à un vague assemblage de plans destinés à tisser une ambiance heavy/rock et que les bouts de scotch et les pointes de colle qu’on sent derrière tout ça produisent un grand malaise.

HAMMERFALL a déjà raté des albums. Totalement, jamais. Au centre de chaque expérience douloureuse, quelques titres ont réussi à redorer un blason bouffé par la rouille. "Infected" ne déroge pas à cette sorte de règle. HAMMERFALL peut se planter mais n’en est pas mauvais pour autant.
"One More Time", par exemple, figure en sa troisième position dans l’album comme un oasis salvateur après les dunes de sable brulant que constituent ses deux prédécesseurs. Enfin un refrain digne de ce nom auquel se désaltérer ! Enfin une ambiance fédératrice comme sait en tisser HAMMERFALL qui vient nous redonner vigueur pour affronter la suite avec davantage d’entrain !
On fouille, on trie, on ordonne et voila une autre composition prête exhibant de meilleurs atours : "Send Me A Sign". La ballade a toujours figuré comme un exercice facile pour HAMMERFALL, du genre à s’enfoncer cinq doigts dans chaque narine, la formation menée par le filiforme Oscar Dronjak ayant déjà frappé très fort en la matière. Ici, sans faire ombrage à ses plus grandes réussites ("Glory To The Brave" et "The Fallen One"), le groupe se contente du minimum syndical, servant quelques passages doucereux et touchants. Une ballade appréciable.

Voila… la catégorie renfermant les titres corrects est close. Oui, vous avez bien compté ; deux titres, c’est bien peu.
A vrai dire, elle est passée à deux doigts d’en inclure d’autres Si une troisième catégorie - appelons-là espoirs déchus – ne lui avaient pas soufflé deux spécimens. Le premier, "Dia De Los Muertos", démarrait fort bien, sur les chapeaux de roue même tant le tempo était enlevé, tant les couplets étaient jouissifs, avec le soutient de riffs qui font penser au titre légendaire "Hammerfall". Hélas, alors que tout allait pour le mieux, HAMMERFALL s’est lancé dans un refrain s’annonçant dantesque… pour au bout du compte se prendre les pieds dans le tapis. Je vois encore en pensée le refrain tant attendu fuser au raz du sol et s’écraser contre le mur d’en face…
Le second est incarné par "666 - The Enemy Within". Il y avait en ce titre de quoi ériger un monument avec son superbe thème au clavier, repris de différentes manières (seul ou accompagné par Jojo Cans). De part et d’autre de cette fulgurance d’un instrument, un hideux courant d’air soufflé par un refrain que la formation a oublié d’assaisonner et un solo aussi surprenant qu’un repas de cantine.

Finissons sur une note plus agréable : la production. Avec James Michael à la baguette, on ne savait pas trop à quoi s’attendre ; le bonhomme, qui compose et chante en plus de produire, côtoie du metal sa frange la plus rock (MEAT LOAF, MOTLEY CRUE, Sammy Hagar) et s’est essayé à la pop (Alanis Morissette). Comment allait-il s’en sortie avec ce genre de groupe ? Je trouve le résultat franchement pas mal. Les riffs aiguisés et l’équilibrage entre les différentes parties (section metal, chant, chœurs gentiment guerriers, légères orchestrations) permettent à HAMMERFALL de disposer d’un rendu exemplaire. Finalement, la seule réussite de "Infected", c’est peut-être bien la production.

HAMMERFALL est important. Lui à qui l’on doit une grosse part du revival true de la fin des années 90, quand "Glory To The Brave" réconciliait le metal et sa frange classique, guerrière, épique et fédératrice, il est devenu le thermomètre planté dans le derrière du true metal, l’instrument dont la hauteur de mercure indique l’état de santé d’un genre vieux de trois décennies qu’on ne cesse de croire meurtri et qui pourtant se maintient droit et à peu près fier.
Avec ce "Infected" peu inspiré, le thermomètre chute. Certains en tireront les conséquences circonstanciées.

C’est la seconde fois qu’HAMMERFALL marque sensiblement le pas. Le premier piétinement, la formation le doit à "Renegade". HAMMERFALL avait ensuite su repartir triomphalement avec son "Chapter V" impeccable.
Il faut espérer que le diptyque mou du genou incarné par "No Sacrifice, No Victory" et ce "Infected" connaisse lui aussi un successeur digne d’une formation pétrie de talent.
En attendant, une seule sentence : HAMMERFALL en 2011, c’est assez faiblard.

(1) La pochette d’origine devait faire figurer le symbole du nucléaire. Mais la catastrophe de Fukushima a incité HAMMERFALL à revoir prestement son visuel.

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   BAST

 
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- Joacim Cans (chant)
- Oscar Dronjak (guitare)
- Pontus Norgren (guitare)
- Fredrik Larsson (basse)
- Anders Johansson (batterie)


1. Patient Zero
2. B.y.h.
3. One More Time
4. The Outlaw
5. Send Me A Sign
6. Dia De Los Muertos
7. I Refuse
8. 666 - The Enemy Within
9. Immortalized
10. Let's Get It On
11. Redemption



             



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