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SHINING - Vii - Född Förlorare (2011)
Par MEFISTO le 23 Mai 2011          Consultée 12487 fois

Naître perdant. Voilà le titre de ce septième album de SHINING, retenez-le bien. Et regardez cette pochette, ces couleurs noir et brun choisies juste à propos, évoquant la mélancolie, le désespoir, mais pas nécessairement le suicide. Retenez tout ça, admirez cette toile, et "Född Förlorare" vous apprécierez davantage.

Car ce que Niklas Kvaforth veut communiquer sur ce petit joyau, son meilleur album à mon sens, est un sentiment pire que la perte d'envie de vivre ; c'est un dur constat touchant sa société suédoise autant que la mienne, la vôtre : l'échec. L'échec des valeurs, d'un modèle économique qui réduit les moins nantis à l'état de cloporte, comme ces deux clodos sur la pochette. C'est cet état semi-végétatif dont Kvaforth s'est inspiré pour accoucher de son chef-d'œuvre (qui aura pris deux ans à sortir à cause de tergiversations avec son ancienne maison de disques – finalement SHINING a signé avec Spinefarm, une maison qui devrait lui rendre ses lettres de noblesse), et on en ressent toutes les frustrations et les subtilités. On sort du trou noir dans lequel SHINING semblait vivoter et on voit un peu de lumière, sans perdre la puissance des émotions grises et mornes, le pain et le beurre du groupe. La traduction des six titres saura nous aiguiller sur cette piste ("Désespoir, mon héritage", "Le temps n'arrange pas les choses", "Homme haïssable", "Ensemble nous sommes tout", "En cette nuit"). Pour "FFF", j'ai pensé à "Fuck friend farouche", mais non, c'est de mauvais goût…

Kvaforth a eu la brillante idée de ne pas s'amuser tout seul et a invité une flopée de guests, en plus de ses quatres comparses fort compétents : le chanteur Erik Danielsson de WATAIN sur "Tiden Läker Inga Sår", Peter Bjärgö d'ARCANA au piano et mellotron sur "I Nattens Timma", Chris Amott d'ARCH ENEMY pour les soli de malade de "Människa O'Avskyvärda Människa" et le chanteur pop suédois Nordman sur la touchante et longuette "Tillsammans Är Vi Allt". Vous avez ainsi le meilleur de Kvaforth jumelé à des talents bien précis et variés, de quoi vous alimenter les neurones et les tripes durant de nombreuses heures… Moi je ne compte même plus les écoutes en boucle comment cet album me parle, me divertit, me subjugue par ses moments d'éternité.

Et c'est bien ce qui rend "Född Förlorare" si incroyable ; chacune des six pièces possède sa touche indélébile, qui lui permet d'être gravée au panthéon de SHINING… et dans notre cœur, pour les plus sensibles.

Prenons premièrement "Förtvivlan, Min Arvede" et son intro parlée, qui nous projette d'emblée dans une atmosphère mélodramatique, innocente, où les peines et déceptions ne peuvent qu'enchaîner. Et c'est avec un excellent riff lent et incisif que Kvaforth lance la machine produite à la perfection. Dès qu'elle s'emballe, on se retrouve englobé dans une atmosphère chaude, confortable, où les guitares et de simples notes graves de clavier font office de couverture. Kvaforth n'a jamais été autant en voix, il hurle, maugrée, se glisse dans la peau des pauvres types qu'il prétend représenter, il incarne la misère humaine et y baigne comme un enfant. Appréciez ce refrain violent et majestueux, ainsi que ce bridge doucereux dès la quatrième minute, où le leader et son chant clair viennent tempérer le discours et asseoir toutes les bases d'un album qui fera chier les amateurs de Black dépressif sans pause pipi, le tempo dans le tapis et les cris d'anéantissement déchirant sans cesse l'orchestre. Tant pis pour eux, ils auront raté la chance de leur vie de verser dans la finesse. F-i-n-e-s-s-e.

On dit de "Tiden Läker Inga Sår" qu'elle serait inspirée de "Stairway To Heaven" de LED ZEP, avec son début à la guitare sèche et son crescendo constant, jusqu'à ce qu'à ce qu'on assiste à un des instants les plus hallucinants du disque. Erik Danielsson, je m'excuse, mais livre ici une des performances vocales les plus inspirées, les plus puissantes, que mes oreilles ont entendues depuis des années. Le summum se trouve exactement entre 3:45 et 5:56, véritable avalanche de furie. Lorsqu'il lâche enfin un râle de fatigue et qu'il se met à tousser de douleur par la suite, anéanti par cette charge émotive et barbare que Kvaforth lui a imposé , on est presque soulagé pour lui. Merde, ces deux minutes me renversent à chaque fois, cette colère sourde et poignante sous couvert de batterie supersonique donne envie de se foutre en l'air !

Et que dire du riff rondelet de "Människa O'Avskyvärda Människa" (un des plus marquants de SHINING), serti de sonorités enchanteresses à la DARK MOOR pour renverser la vapeur ? De ces atmosphères opposées et complémentaires ressortent deux éléments-clés, renversants d'ingéniosité, dans ce contexte : les fameux soli death mélo de Chris Amott, qui vous fera lécher le plancher de contentement. Et dites-vous qu'un autre solo de ce genre vous attend à la sixième piste… Putain, on est gâté. Pffffff…

La quatrième plage est sans aucun doute la plus surprenante, voire bizarroïde du disque. Kvaforth a fait appel à la voix de son compatriote chanteur Nordman pour embellir la jolie et lourde musique de "Tillsammans Är Vi Allt". Il s'offre ainsi un duo avec Nordman : il chante les couplets et laisse le refrain déchirant au chant clair et brisé de l'autre, bluffant complètement l'auditeur. Pour nous faire digérer cette claque, il nous gratifie d'un bridge atmosphérique semblable à celui de la piste précédente, avant de reprendre le collier et d'achever sa besogne avec Nordman. "Tillsammans Är Vi Allt" sonne comme un slow qui aurait mal tourné… Elle est si mélancolique, dure et colorée à la fois avec sa finale instru' qu'il est difficile de bien la cerner. Je crois que Nordman et sa contribution nous offre la meilleure réponse.

Ensuite… Comment dire… c'est la cerise sur le sundae, l'apex sur la pyramide, la couronne sur la tête du souverain. "I Nattens Timma" est le morceau qui catalyse tout. Une pause bien méritée, mais surtout un remplacement souhaité depuis longtemps pour l'éternelle pièce instrumentale approximative dont Kvaforth handicapait ses albums. Cette fois, il offre une balade dépressive et amoureuse à la fois, laissant la scène à Peter Bjärgö d'ARCANA, qui remplit sa mission au-delà de la perfection. On ne pleurera plus le cinquième titre d'un album de SHINING désormais…

Et le chapitre final, "FFF", nous scie les jambes avec sa trame ultra triste à la guitare sèche, surmontée d'une grosse rythmique, doublée du retour de la pédale archi véloce et de chœurs fantomatiques, afin de mettre le point d'exclamation à ce festin. Point final ? Oh que non, Kvaforth nous réserve une dernière surprise : après avoir joué avec sa voix pour nous faire peur, ses sbires nous gratifient d'un ultime solo de son cru (car il a écrit toute la musique, en dictateur qu'il est), pour que les honneurs lui reviennent de plein droit. Ne reste qu'un rideau tout doux, comme le disque a débuté… Que demander de mieux ?

Pour toutes ces raisons et ces coups de cœur, et les déductions que vous vous inventerez au contact de ces six plages à la netteté quasi maniaque, "Född Förlorare" est pour moi un album parfait, sans fausse note, une œuvre évidemment à part dans la discographie de SHINING. Un bijou savamment balancé, mariant tout ce que Kvaforth a voulu nous communiquer depuis le début des années 2000.

Il désirait à la base jaser de suicide ? La quintessence de son œuvre réside ironiquement dans les vivants et leur mélancolie profonde… et si extatique à la fois.

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- Niklas Kvaforth (chant)
- Fredric Graby (guitare)
- Peter Huss (guitare)
- Andreas Larsen (basse)
- Richard Schill (batterie)


1. Förtvivlan, Min Arvede
2. Tiden Läker Inga Sår
3. Människa O'avskyvärda Människa
4. Tillsammans Är Vi Allt
5. I Nattens Timma
6. Fff



             



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