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CREMATORY - Transmigration (1993)
Par MEGATHERION le 29 Janvier 2010          Consultée 2804 fois

Au milieu des années 1990, j'avais entendu parler d'un groupe qui commençait à émerger sur la scène allemande. D'après le peu de choses pas très flatteuses que l'on m'avait dites à son sujet, j'avais l'impression que ce combo traînait une réputation sulfureuse. En fait, on m'avait colporté tout un tas de ragots infondés à propos de CREMATORY, notamment que les membres de ce groupe avaient des idées proches du national-socialisme. Leur nom m'avait fourvoyé, et dans ma naïve ignorance, je l'associai aux fours crématoires de sinistre mémoire.

Comme je l'appris par la suite, tout cela n'était que pure bêtise et voilà comment je suis passé complètement à côté de ce groupe pendant des années, induit en erreur par de fausses informations. A l'époque, Internet n'en était qu'à ses premiers balbutiements, c'est pourquoi ce n'est que bien plus tard que j'ai daigné accorder une oreille distraite à "Transmigration", une oreille empreinte de méfiance vis à vis de ces teutons dont j'avais une idée galvaudée. Bien m'en pris, car sinon j'aurais ignoré peut-être pour toujours un acteur majeur de la scène gothique internationale.

L'histoire de CREMATORY débute avec une démo qui les a fait connaître en 1992. Très vite remarqué, le groupe a eu l'opportunité d'être signé chez Massacre Records, et de sortir l'année suivante son premier album, "Transmigration". La grande particularité de CREMATORY est d'avoir été un des premiers groupes de Death à employer des claviers, tenus de main de maître par Katrin Goger, qui deviendra un des piliers du groupe. Ce premier opus a immédiatement connu le succès dans son pays d'origine et une certaine reconnaissance à l'étranger. L'autre particularité du groupe est de posséder un chanteur particulièrement charismatique, avec une voix Death profonde et caverneuse comme je les apprécie.

Il n'est pas étonnant que CREMATORY se soit vite imposé. Sur cette première réalisation, qui n'est pourtant pas représentative de la musique que jouera le groupe plus tard, les rythmiques sont particulièrement lourdes, plombées par une guitare implacable. La plupart des morceaux sont des mid-tempos qui puisent leurs racines à la source d'un Doom plus funéraire que gothique, en définitive. L'ambiance qui se dégage de cet album est vraiment unique, et CREMATORY s'avère foncièrement original. Sa musique me rappelle un peu le "Clouds" de TIAMAT, et les premiers MY DYING BRIDE. Ce qui fait toute la spécificité de ces Allemands, c'est le mariage réussi de rythmiques souvent lentes et lourdes et du clavier omniprésent de Katrin. Grâce à la voix de Félix Stass et des changements de tempos aussi soudains qu'inattendus, il se dégage de cette œuvre une atmosphère morbide et malsaine. Cette impression est constante durant les 40 minutes que durent cette ode décadente.

La production est particulièrement efficace, et la batterie de Markus Jüllich imprime sans cesse ces fameuses rythmiques qui charpentent cet édifice à la croisée du Death, du Doom, et du Gothique. Cependant, il ne faut voir ici aucune trace de romantisme. L'atmosphère est toute autre. Les caveaux humides, les tombes où sont enterrées des choses qui ne devraient pas être, les cérémonies impies dédiées à des divinités obscènes, sont le décor oppressant dans lequel le groupe nous emmène.

Le clavier de Katrin excelle à créer des ambiances sinistres qui jettent un voile glacial à l'entour. Volontiers macabres, ils font froid dans le dos comme sur "Trough My Soul", ou encore sur le très bon "The Eyes Of Suffering". Parfois, ils sont presque enjoués comme sur "Deformity", mais ils ne peuvent jamais se départir d'une gravité extrême qui vous tient la dragée haute. Ils semblent bien souvent issus de chapelles ténébreuses et souterraines.

La voix de Felix évoque à merveille les créatures terribles et tourmentées qui peuplent les histoires morbides et sombres qui nous sont offertes ici. Sans doute ces textes sont-ils le fruit de sourdes complaintes des morts-vivants qui hantent encore les nécropoles maudites de cités oubliées.

Par moment, des soli arythmiques surgissent, à l'image de "Never Forgotten Place" ou "Trough My soul", et viennent apporter une petite touche supplémentaire à ce tableau cauchemardesque. Mais toujours reviennent ces rythmiques lancinantes, en même temps rouleaux-compresseurs et démoniaques, qui ne cessent de poursuivre l'auditeur.

Du début à la fin, CREMATORY nous invite ainsi à un voyage dans un infra-monde obscur, parmi des sépultures fraîchement creusées, des caveaux délabrés, des cadavres en putréfaction, où seul l'immonde bruit des vers fouisseurs se repaissant de chaires molles et avariées se fait entendre...

Un premier album éprouvant, dont on ne ressort pas indemne, mais néanmoins excellent.

4,5/5

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- Lother Först (guitares)
- Heins Steinhammer (basse)
- Katrin Goger (claviers)
- Felix Stass (chant)
- Markus Jüllich (batterie)


1. Bequest Of The Wicked
2. Eyes Of Suffering
3. Deformity
4. Never Forgotten Place
5. Hall Of Torment
6. Reincarnation
7. Victims
8. Through My Soul
9. The Way Behind The Light
10. Bequest Of The Hallow



             



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