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CREMATORY - ...just Dreaming (1994)
Par MEGATHERION le 22 Février 2010          Consultée 2526 fois

CREMATORY avait marqué les esprits avec son premier album, fait d’un gros Doom/Death brut, puissant et profondément malsain. Le clavier de Katrin Goger faisait merveille pour dresser des ambiances mortuaires et la voix de Felix Stass trouvait des échos dans nos cerveaux reptiliens. Le groupe revient donc l’année suivante avec "…Just Dreaming". Cet opus marque un changement dans la musique du quintet allemand. En effet, si quelques titres semblent directement issus de la veine de "Transmigration", une évolution certaine voit le jour. Un glissement vers un style plus léger, plus atmosphérique, moins extrême. Effectivement, "…Just Dreaming" est un album de transition, qui s’affirme à différents niveaux.

D’une part, CREMATORY camoufle son évolution en alternant les titres Doom/Death, qui auraient pu figurer sur "Transmigration", et ceux qui laissent transparaître ce changement. Une façon intelligente de faire passer la pilule aux fans de la première heure tout en élargissant son univers. On pourrait ainsi opérer une dichotomie en classant dans une première catégorie plutôt Doom/Death, "Transmigration", "Shadows Of Mine", "In My Hands", et "The Prophecy". Puis dans une deuxième, les morceaux plutôt Death/Gothique ou Death/Atmo avec "Only Once In Lifetime", "I Saw The Angels Fly", "The Instruction", "Dreams".

De façon globale, la guitare me semble moins mise en avant et un peu moins puissante. L’aspect Doom est lui aussi moins évident, même s’il plane et revient tout de même toujours à un moment ou à un autre. Le mariage clavier-guitare est toujours bien pensé, et dresse toujours ces ambiances si spéciales, mais s’avère bien moins oppressant que sur le premier opus. Le plus gros changement étant cette tournure plus « pop », les mauvaises langues diront commerciale, qui sort au grand jour. Les intros de titres comme "Only Once In A Lifetime" ou celle de "Dreams" en sont la meilleure preuve. Ce dernier est même carrément électro-atmosphérique. "For Those Who Believe" avec ses chœurs lyriques, son piano éthéré et ses claviers angéliques clôt donc cet album en annonçant les évolutions futures de la musique de CREMATORY qui écloront plus tard.

D’autre part, le groupe est désormais propulsé dans la division supérieure et a obtenu quelques subsides qui lui permettront la réalisation de deux clips vidéo. Le premier met en avant le titre le plus significatif de l’album, "Shadows Of Mine", qui sans contestation possible est LE morceau de l’album. Le second sera "In My Hands", sympathique mais moins marquant. Faits avec les moyens du bord et en noir et blanc pour l’essentiel, ils apparaissent aujourd’hui complètement kitsch, faits avec trois bouts de ficelle et les rideaux du salon.

Qu’on en juge à propos du clip de "Shadows Of Mine" : d’un côté, une crypte froide et humide, à peine éclairée par des bougies frémissantes, parcourue par une brume persistante. De l’autre, des figurants incarnant des visages familiers mais que l’on ne saurait pourtant nommer, qui nous évoquent des personnages vénérables tels Victor Hugo ou Albert Einstein. Au milieu, des crinières qui remuent dans les recoins du caveau, les beaux yeux de Katrin caressant son instrument, quelques visages spectraux égarés, et Felix qui fait les gros yeux comme s’il était possédé, tout en nous assénant ses paroles d'une voix gutturale. Tout cela pourrait apparaître aujourd’hui ridicule, mais pourtant, il se dégage de ce clip une atmosphère particulière qui fait qu’on s’y laisse prendre. Il faut dire que les premières notes de "Shadows Of Mine" captent immédiatement l’attention. Seul titre de l’album chanté en allemand, c’est pourtant le plus remarquable. Une intro lente, rythmée par des riffs simples mais massifs, la voix d’outre-tombe de Felix et un synthé mélancolique. Puis ce refrain fédérateur, avec une accélération soudaine marquée d’un brin de folie, le tout possédant aussi un côté martial et épique. Un véritable hit incontournable, qui justifierait presque l’acquisition de cet album.

Par ailleurs, les textes sont moins sombres ou macabres par rapport au premier album. S’ils évoquent toujours la mort et l’après-vie, ils sont plus orientés vers des thèmes comme l’immortalité et la transmigration de l’âme, le cycle des réincarnations successives. On sent que Lotte, principal compositeur du groupe, est obsédé par ces sujets, qui reviennent constamment dans les écrits de CREMATORY. Ce mysticisme prégnant aborde même de temps à autres les champs de la philosophie et de la religion.

"…Just Dreaming" témoigne donc d’une évolution majeure dans la musique de CREMATORY. Ce changement ne pouvait être complètement radical, et la mutation, à ce stade, n’est pas encore achevée. Mais, si l’auditeur peut avoir l’impression d’avoir le cul entre deux chaises à l’écoute de cet opus, le groupe confirme ses talents de composition et nous délivre tout de même une très bonne production.

3,5 arrondi à 4, à cause de "Shadows Of Mine"…

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- Gerhard 'felix' Stass (chant)
- Lothar 'lotte' Först (guitare)
- Harald Heine (basse)
- Katrin Goger (claviers)
- Markus Jüllich (batterie)


1. Heavens Throat
2. Transmigration
3. Only Once In A Lifetime
4. Shadows Of Mine
5. I Saw The Angels Fly
6. In My Hands
7. The Instruction
8. The Prophecy
9. Dreams
10. For Those Who Believe



             



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