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SUNN O))) - ØØ Void (2000)
Par MOX le 31 Décembre 2009          Consultée 3303 fois

On ne pouvait pas espérer qu’EARTH ait créé un son, un mouvement -aussi peu médiatique et aussi peu reconnu- sans qu’il y eût émulation. Mais elle mit un certain temps à se former puisqu’on a parmi les premiers suiveurs, la bande de fous japonais BORIS, dont le premier effort n’intervient qu’en 1996. Ce sont quelques années plus tard que les véritables fils spirituels se révèlent, américains eux aussi, barbus à cheveux longs, côte ouest à nouveau (ça y est, j’ai le générique en tête). En hommage à EARTH, en hommage aux amplis de la même marque dont le groupe garde quasiment le logo d’origine : SUNN O))). Qu’on prononcera SUNN, si l’on ne veut pas souffrir de quolibets.

L’histoire débute ici, si l’on omet les "Grimmrobe Demos", parachutée au milieu du minimalisme le plus confondant de la formation, loin avant l’aveu des influences, loin avant les collaborations, loin avant de vouloir se démarquer. Quatre morceaux, un quart d’heure chacun, une guitare, une basse, des vrombissements. Que des vrombissements. Et une reprise des MELVINS qui offre un peu de gaieté à un album presque sobre dans le genre, un peu de couleur tant on est effaré de s’apercevoir comment un morceau original peut être déchiqueté, mélangé trois fois puis servi de guingois. Car le reste, je disais, est sobre et dégage une odeur de rance.

Ce sont des sons de mort qui s’évacuent, produits essentiellement par une basse souffrant de spasmes et qui appelle à l’aide par de sourdes complaintes. Un tricératops qui a chu, au râle et à la respiration inquiétants, sous lequel on aurait placé un micro, pour enregistrer les derniers signes de vie. Comme un spectacle animal décrivant l’agonie, s’attardant sur les détails par voyeurisme. La basse, qui semble soutenir tout cet édifice grâce à une charpente si massive, si grave qu’elle a laissé crever ses envies de mélodies. Et des notes qui empestent l’air, un brouillard, quelque chose d’uniforme et d’emmerdant. On n’y voit plus rien dans ce trou à rat, on suffoque. Faites-moi taire cette basse, par tous les dieux ! Accordez-moi un peu de répit !

Avec SUNN, on n’est jamais au cœur de l’action, finalement. L’ensemble est tellement pataud, quasiment amorphe, qu’il ne rapporterait pas tellement bien les événements apocalyptiques qui se dérouleraient sous nos yeux (ou en République de Transnistrie). Il est plutôt dans la prédiction et dans l’évocation. Avec SUNN, on angoisse à propos de la fin du monde mais surtout, on évoque ce qui est survenu juste après le Chaos : l’oreille qui siffle, le silence assourdissant ou le feu qui crépite encore, la fumée pestilentielle obscurcissant l’atmosphère, la pesanteur décuplée et l’incapacité à agir, la fixation devant le déchaînement des forces, imposantes, lentes ; impérieuses.

C’est la différence essentielle qu’il existe entre SUNN et leurs pères, EARTH, même si ce premier essai n’est pas encore débarrassé de l’influence de Carlson & Co ; EARTH secouant la terre, offrant des sensations très fortes ; alors que SUNN rappelle que la terre vient de s’effondrer et qu’on a intérêt à s’habiller bien chaud pour cette nuit. Un son autrement meilleur déjà, un voyage dans les infrabasses plus risqué, un grain dans les cordes rendant le tout râpeux, supplément de malaise. Un minimalisme repoussé, repoussant, réservant ce genre de musique aux amateurs de douleur et doués d’imagination. A gauche, une guitare, à droite, une basse ; et débrouille-toi Thomas. Couvre-toi de cette saturation, de ce vrombissement en coton synthétique, et subis. Subis pendant cinquante écoutes, et à la cinquantième, parce que ta vie est suffisamment triste pour que tu t’y replonges autant de fois, que les idées et les formes te soient révélées.

Je m’emporte. Je m’emporte beaucoup trop face à la réelle qualité du disque, un peu homogène et estouffe-chrétien, un peu trop l’échine courbée face au dieu EARTH (« we revolve around EARTH », notons le jeu de mots) mais plein, et cette fois-ci je ne dis pas ça au hasard, de promesses. Alors on les encourage, on les applaudit et on leur demande où il est leur papa.

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- Stephen O'malley (guitare, basse)


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