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BLACK SYMPHO / ATMO  |  STUDIO

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LUNAR AURORA - Mond (2005)
Par MEFISTO le 16 Septembre 2009          Consultée 2506 fois

2005. LUNAR AURORA mourra de sa belle mort prématurée un an et demi plus tard. Avant son enterrement et les oraisons funèbres, le combo allemand avait encore des cartes à jouer dans sa manche.

Depuis que leur coup d'épée dans l'eau intitulé "Ars Moriendi" est sorti à la déception quasi générale en 2001, les Allemands n'ont plus été les mêmes ; l'ajout de la deuxième guitare dans les mains de Whyrhd, en échange de sa basse, a contribué à renforcer le son du groupe et à chasser les squelettes dans son placard. Les deux albums qui suivront cet échec artistique auront été brillants, car bien imprégnés du caractère des premiers opus mais aussi d'une amélioration marquante au niveau de la complexité et de la densité des charpentes. "Elixir Of Sorrow" et surtout "Zyklus" (le meilleur selon moi de LUNAR AURORA en frais de concept et de composition), offraient donc au fan de la première heure deux chances de rédemption.

Donc, nous sommes à la fin septembre 2005, un après la sortie fracassante de "Zyklus". LUNAR AURORA a réglé ses problèmes d'instabilité « labelienne » grâce à la création de Cold Dimensions par Whyrhd. Cette nouvelle fut sans aucun doute un soulagement énorme pour le groupe, constamment charrié d'un producteur à l'autre depuis ses débuts. Cela aura notamment permis de rehausser la qualité du son et de faire entrer les Allemands dans le 21e siècle pour de bon, jeune époque caractérisée par des albums Black à la production archi soignée avec un minimum de distorsion. Si les formations veulent en tapisser leurs créations, ce n'est sûrement pas l'ingénieur derrière sa table de contrôle qui leur occasionnera ce genre de désagrément à cause de son matériel désuet. "Zyklus" était clair comme de l'eau de roche, à des années lumières de "Weltengänger", alors "Mond" devait en principe posséder une fourrure aussi duveteuse. Et ce fut le cas.

C'est également à ce moment que beaucoup de fans de Black Atmo ont connu LUNAR AURORA, ces fans frileux de Black sans clavier, de Black à l'apparence louche derrière ses pochettes dessinées à la hâte. Le mot s'est passé que le groupe avait trouvé la touche parfaite afin de ravir les amateurs de cristallisation retentissante ; je parie que des supporteurs ayant abandonné le navire après l'ovni "Of Stargates and Bloodstained Celestial Spheres" ou le raté "Ars Moriendi" ont repris contact avec le vaisseau. Peut-être aussi qu'ils ont tenté de nouveau le coup après avoir consulté les critiques majoritairement positives ayant plu sur cet album à la pochette fort originale et mémorable : un visage bestial fondu dans une Lune. De quoi torcher le graphisme « astral » de SAMAEL…

Même s'il allait lâcher son chant du cygne en janvier 2007 après la sortie d'"Andacht", LUNAR AURORA pourra se targuer d'avoir diverti son auditoire jusqu'à la fin. "Mond" est tatoué de six titres en allemand coulés dans l'acier le plus résistant, du LUNAR AURORA enragé et mélodique comme on le connaît. Sindar est intense derrière son synthé et chie des atmosphères prenantes, alors qu'Aran (très en voix) laisse la batterie à un nouveau venu plutôt calé dans le bourrin et l'annihilation des cymbales, Profanatitas.

Parmi les meilleurs moments de ce brûlot, notons les dernières minutes de "Groll" qui fait très Black Mélo, "Aufgewacht" et ses cuivres factices et sa mitraillette, le climat obscur et spatial de "Heimkehr" et "Grimm", avec sa trame de film d'horreur couchée sur les grattes agiles d'Aran et Whyrhd, une magnifique conclusion à ce septième chapitre de LUNAR AURORA.

"Mond" ne donne pas trop de répit avec ses tempos vitesse grand "V". C'est le principal reproche qu'on lui collera, il est somme toute assez primitif comparativement au fouillis de qualité qu'est "Zyklus". LUNAR AURORA ne parvient pas toujours à se différencier de ses pairs avec cet album « professionnel » et c'est dommage, car le niveau technique et le travail en studio sont immaculés. Un poil plus faible que son crime précédent, le tueur peinturluré conserve avec "Mond" ses quatre étoiles, qu'il traîne depuis longtemps, mais à la baisse cette fois.

Cette note ambiguë pourra s'avérer aussi pesante qu'un boulet, si elle est considérée comme un plafonnement, mais je n'irais pas jusque là. Les atmosphères infernales et débridées des Allemands ne dérougissent pas, mais il manque quelques onces de folie qui survolait leurs meilleurs opus, cette saveur subtilement underground ponctuant leur boulot depuis "Weltengänger".

"Mond" ne déboîte pas la mâchoire, pas plus qu'il ne « rotoculte » les tripes. Il assure proprement, c'est tout. LUNAR AURORA inflige une blessure trop superficielle, comme un tireur d'élite qui n'aurait effleuré que le front de sa cible. C'est parfait pour le néophyte du point de vue émotions fortes et c'est suffisant pour l'initié qui décortique sans passion. Bref, ça déchire, mais ça n'arrache pas.

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- Aran (chant, guitare)
- Whyrhd (guitare)
- Sindar (basse, synthé)
- Profanatitas (batterie)


1. Groll
2. Aufgewacht
3. Rastlos
4. Schwarze Winde
5. Heimkehr
6. Welk
7. Grimm



             



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