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BLACK METAL  |  STUDIO

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GORGOROTH - Destroyer (1998)
Par T-RAY le 4 Mai 2008          Consultée 5924 fois

1998. Au moment d'enregistrer « Destroyer, Or About How To Philosophize With The Hammer », titre complet de son quatrième album studio, Gorgoroth n'est plus un groupe. C'est devenu un collectif regroupant pas moins de neuf musiciens reconnus de la scène black metal norvégienne, parmi lesquels (entre autres) T.Reaper - venu de Obtained Enslavement et de Malignant Eternal - Frost, éternel batteur de Satyricon, Daimonion, alias Ivar Björnson d'Enslaved, ou encore Gaahl, qui allait devenir le nouveau vocaliste du groupe. Toujours mené de main de maître par Infernus, compositeur de l'intégralité des titres de Destroyer (sauf la reprise de Darkthrone qui clôt le disque), le combo devient alors un outil d'expérimentation pour le leader.

En effet, Roger Tiegs, de son vrai nom, a fait ici appel à huit de ses comparses. Non pas pour les faire jouer tous ensemble, mais pour se servir de leurs talents respectifs à bon escient, selon les besoins de chaque titre de cet album. Ainsi, jamais cette horde noire n'est réunie dans son intégralité, certains titres n'étant même joués qu'à trois musiciens, mais elle diffuse son savoir-faire malfaisant de manière différente sur l'intégralité du disque.

De manière sauvage tout d'abord, sur un "Destroyer" qui ouvre l'album de manière agressive et malsaine. Seul titre hurlé par Gaahl, ce morceau, débordant d'une énergie tout à fait punk dans l'âme, fait la part belle aux guitares black tranchantes qui assaillent immédiatement l'auditeur. "Open The Gates" voit au contraire les guitares développer des riffs moins crus et plus épiques, distillés à quatre mains sur un rythme moyen par Tormentor et Infernus, qui empoigne là sa six-cordes pour la première fois de l'album (après avoir tâté de la basse et avant de s'asseoir derrière les fûts). Sous l'écho d'un ciel orageux, ces guitares ouvrent la voie vers un paysage de ténèbres mythique, d'où même des voix psalmodiées s'élèvent, et où les vocaux de Pest induisent immédiatement un contraste avec ceux de Gaahl, entendu plus tôt.

"The Devil, The Sinner And His Journey" reprend dans la sauvagerie, avec un Frost déchaîné à la batterie, un T.Reaper dont la voix fait absolument froid dans le dos (quel charisme, ce vocaliste !), et un Daimonion dont les effets donnent un côté halluciné et froid au morceau. L'un des meilleurs de la carrière de Gorgoroth à n'en pas douter. "Om Kristen Og Jodisk Tru" lorgne quant à lui vers le passé du groupe, avec un côté "true norvegian black metal" renforcé non-seulement par le rythme lancinant mais aussi par le chant en Norvégien. Les ambiances glacées déferlent ici encore par la voix des deux guitares. Par le son de celles-ci et l'ambiance globale, ce titre n'est par ailleurs pas sans rappeler le Immortal de "Battles In The North", même si l'aspect contemplatif est ici supérieur.

"Pa Slagmark Langt Mot Nord" confirme ce retour vers les racines du groupe. La lead guitar prend paradoxalement une place importante sur ce titre, faisant le lien entre le début et la fin du morceau, tous deux plus agressifs. "Blodoffer" déboule ensuite avec une ambiance résolument digne d'une salle de torture moyen-âgeuse. Le son strident des guitares, les bruits métalliques sortis des ténèbres qui parcourent le morceau, ainsi que la voix d'Infernus (pour la première et seule fois du disque derrière le micro) qui fait preuve ici d'une rare démence. Un titre malsain à souhait et diablement réussi. "The Virginborn" clôt l'album en installant une ambiance glaciale par ses guitares lentes et écorchées. Un petit côté doom s'en dégage même, par le désespoir que le titre véhicule, bien aidé par la voix traînante de Pest. Long, le titre s'enfonce progressivement vers un abysse de mal-être que la basse, subitement mise en avant, permet presque de palper.

Un huitième titre, reprise de Darkthrone totalement cataclysmique (dans le bon sens du terme), achève définitivement le disque sur une note maladive et primitive, sur un lit de guitares hurlantes et de vocaux sinistres. Ce qui, au fond, symbolise de belle manière le jusqu'au-boutisme de la démarche de Gorgoroth ici : plus d'âmes noires et de talents malfaisants ne pouvait que faire de « Destroyer... » un album des plus sombres. Le meilleur de Gorgoroth à ce jour.

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   T-RAY

 
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- Infernus (guitares, basse, batterie, effets, vocaux)
- Tormentor (guitares, effets)
- Pest (vocaux)
- Vrolok (batterie)
- Ares (basse)
- Gaahl (vocaux)
- Frost (batterie)
- T.reaper (vocaux)
- Daimonion (claviers, machines)


1. Destroyer
2. Open The Gates
3. The Devil, The Sinner And His Journey
4. Om Kristen Og Jödisk Tru
5. Pa Slagmark Langt Mot Nord
6. Blodoffer
7. The Virginborn
8. Slottet I Det Fjerne (hidden Track)



             



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