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BRUTAL DEATH  |  STUDIO

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HATE ETERNAL - I, Monarch (2005)
Par T-RAY le 28 Décembre 2007          Consultée 5114 fois

Ah, le syndrôme du troisième album... On a coutume de dire qu'il s'agit d'un cap pour chaque groupe et que c'est à ce moment qu'un groupe confirme ou sombre. Personnellement je n'ai jamais vraiment cru à cette légende, ou alors uniquement dans le cas des groupes médiocres qui n'ont de toute façon pas le talent nécessaire pour pérenniser les éventuelles bonnes idées développées sur leurs deux premiers disques. En revanche, dire que le troisième album d'un groupe est souvent synonyme d'évolution est davantage réaliste.

Dans le cas de Hate Eternal, ce constat est vérifiable. Après avoir pondu deux premiers albums excellents et démontrant déjà des évolutions de l'un à l'autre, le groupe d'Erik Rutan parvient, avec ce « I, Monarch », à peaufiner encore davantage son identité. En alliant le côté massif de « Conquering The Throne » au côté plus varié de « King Of All Kings », ainsi qu'en gardant la brutalité sans failles qui la caractérise depuis le début, la formation atteint encore un niveau supérieur.

De nouveau produit aux Mana Recording Studios, le son de ce troisième opus, toujours très puissant, se révèle encore plus profond que sur les précédentes oeuvres du groupe floridien. Ce qui a pour effet d'épaissir encore l'atmosphère occulte voulue par Erik Rutan. De quoi crédibiliser davantage le discours de ce "monarque" ténébreux et disposer l'auditeur à s'incliner devant son écrasante majesté. Car il fallait ça pour que les morceaux écrits par le groupe donnent leur pleine mesure.

Avec « I, Monarch », Erik Rutan a en effet choisi de franchir un pallier en terme de composition, de violence, de noirceur et d'affirmer la place de son projet tout en haut de la hiérarchie death-métal. A nouveau épaulé par un Derek Roddy toujours aussi monstrueux et tentaculaire derrière les fûts, le guitariste a cette fois fait appel au jeune Randy Piro pour assurer les parties de basse, en lieu et place de son ami Jared Anderson, une nouvelle fois parti vers d'autres cieux (sans mauvais jeu de mots). Et si Rutan a composé la majorité des morceaux de ce disque, hormis "Path To The Eternal Gods", co-écrit avec Roddy, et "It Is Our Will", composé par le seul batteur, Piro a tout de même apporté son aide à son leader sur "Behold Judas" et "Sons Of Darkness". Plus ronflante que celle de Anderson, la basse de Piro est l'une des composantes du son si profond de ce disque.

Musicalement, cette troisième offrande du combo américain est d'une grande subtilité et dévoile à chaque morceau une nouvelle facette du talent du trio. Rutan a parfaitement réparti les titres de l'album pour donner à celui-ci un équilibre remarquable entre déferlantes de brutalité et morceaux plus accrocheurs. "Two Demons" ouvre le bal telle une batterie de missiles inarrêtable. Il s'agit là sans conteste de l'un des ouvrages les plus violents du groupe : le monarque est prêt à sortir l'artillerie lourde pour maintenir sa position dominante. Puis "Behold Judas" sonne comme une réminiscence des morceaux de « King Of All Kings », avec son refrain terrible. Rutan prouve ici une nouvelle fois qu'il est un chanteur à part dans le monde du death, en éructant ses phrases haineuses sur des rythmes toujours imprévisibles. C'est là l'une des principales caractéristiques de l'identité du groupe, et c'est l'une des choses qui rend Hate Eternal aussi original. "To Know Our Enemies", "It Is Our Will" ou l'imparable "I, Monarch" (qui rentre très vite dans la tête) rendent eux-aussi grâce au talent de hurleur et de parolier du guitariste.

Les rythmes se montrent originaux également dans les riffs, en témoigne l'intro de "The Victorious Reign". Chaque titre offre une variété de plans de guitare qui permet d'aérer quelque peu les déferlements brutaux, comme sur la partie précédant le solo rampant de "To Know Our Enemies". Dans une certaine mesure, le disque possède quelques aspects progressifs bienvenus, le meilleur exemple étant l'ultime morceau, "Faceless One", un instrumental ! Une chose très rare dans le death. Ce titre se révèle très réussi et rend hommage aux qualités techniques des musiciens. Témoin d'une volonté de pousser plus loin les champs des possibles du groupe, ce morceau démontre également l'esprit d'expérimentation qui habite Rutan sur ce disque. L'utilisation d'instruments exotiques comme le didjeridoo (sur "To Know Our Enemies") et d'un sample malsain de Zero Kama en ouverture et en clôture du morceau-titre en sont les autres exemples.

Définitivement, Hate Eternal a acquis avec « I, Monarch » un statut de très grand du death et cet album est bien plus qu'un simple troisième opus. C'est avant tout la "masterpiece" du groupe d'Erik Rutan et un disque dont on ne se lasse pas, qui parvient encore à surprendre à chaque nouvelle écoute. Ceux qui ne s'arrêteront pas à l'extrême brutalité de la musique pourront alors apprécier à sa juste valeur l'immense talent du trio. Et ce disque est la meilleure manière de légitimer l'ambition du groupe.

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   T-RAY

 
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- Erik Rutan (guitares, vocaux)
- Randy Piro (basse)
- Derek 'one Take' Roddy (batterie)


1. Two Demons
2. Behold Judas
3. The Victorious Reign
4. To Know Our Enemies
5. I, Monarch
6. Path To The Eternal Gods
7. The Plague Of Humanity
8. It Is Our Will
9. Sons Of Darkness
10. Faceless One



             



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