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DEFTONES - Saturday Night Wrist (2006)
Par ALANKAZAME le 18 Décembre 2006          Consultée 11552 fois

De tous les albums de DEFTONES, celui-ci aura sûrement été le plus attendu. Pas moins de deux ans de gestation, de multiples producteurs, des rumeurs concernant un éventuel split suite à quelques disputes entre les membres du groupe… On a bien cru qu’à un moment tout cela allait foirer et qu’il allait en être fini de DEFTONES. Fort heureusement, il n’en fut rien. Quelques parachutages de nouveaux titres sur myspace et divers pochettes et noms d’albums véhiculés sur le net auront vite eu raison des inquiétudes des fans.

Chino Moreno l’a confirmé lors de multiples interviews : Saturday Night Wrist allait être différent. A cela s’ajoutaient les propos d’autres membres du groupe affirmant que le son de ce nouvel album allait être proche de celui de son grand frère, White Pony. La dernière nouvelle m’a plutôt fait flipper, car c’est précisément ce que je reprochait à l’album éponyme : trop de similitudes avec la galette au poney blanc. Puis je suis tombé sur un premier extrait, "Beware The Water", démo de "Beware". Et là j’ai su. Oui j’ai su que ce que DEFTONES allait nous offrir sur ce nouvel album n’allait ressembler à rien de ce qu’ils avaient pu réaliser jusqu’à maintenant. Quand Moreno a dit que l’album allait être différent, il s’est justifié en affirmant que l’état d’esprit du groupe avait changé, que les thèmes abordés dans les lyrics allaient être différents, moins torturés, moins déprimants, et surtout que la musique allait suivre la même voie… Diantre, DEFTONES serait-il donc devenu un groupe cul-cul-la-praline ?!

Eh bien non ! DEFTONES a tout simplement mûri. Se jouant des styles de manière encore plus flagrante qu’à leur habitude, nos 5 californiens ont décidé de balancer leur couronne de roi du neo-metal à la décharge, pour "entrer dans la cour des grands", la vraie. Car avec Saturday Night Wrist, un cap a bel et bien été franchi, et cette fois-ci l’excellence a été atteinte comme jamais auparavant. DEFTONES a en effet décidé d’assumer à 100% sa deftonie, reniant la banalité qui avait douloureusement pourri l’album précédent. En cette année 2006, DEFTONES fait bien du DEFTONES, et rien d’autre, accouchant d’un album très inaccessible qui en fera succomber plus d’un et donnera des nausées à beaucoup d’autres.

Il est bien difficile de décrire cet album, étant donné l’étendue de la variété de ses compositions. "Hole In The Earth" laisse d’emblée sur le cul en appliquant cette nouvelle recette au pied de la lettre : les gros riffs très caractéristiques du sieur Carpenter se mêlent aux samples aériens d’un Delgado devenu omniprésent, et Moreno, plus sentimental que jamais, donne toute son ampleur à un titre mélodique extrêmement complexe et hautement sentimental. Fini le tandem "couplet-refrain" propre au néo metal, tout s’enchaîne merveilleusement bien, aucun temps mort n’est à déplorer, le plaisir reste intact du début à la fin. Et alors qu’on s’attendait à une digne suite, le redoutable "Rapture", délaissant ces premières influences pop-rock pour s’aventurer sur les plates-bandes d’un franc hardcore, arrive pour nous balancer une bonne grosse mandale à travers la gueule. Ce titre, le plus agressif que DEFTONES ait jamais composé, met en avant la très grande maturité acquise par les musiciens au fil des ans : la batterie s’est complexifiée, rompant avec les répétitions propres au neo-metal, alors même qu’un final indus digne de NINE INCH NAILS, à grand renfort de synthétiseur, saura parfaire notre jouissance.

DEFTONES semble avoir pris goût à la prise de risque, ne craignant pas de faire succéder à ce déluge d’agressivité un titre à nouveau très mélodique et sentimental, aux lignes vocales extrêmement complexes. "Beware" est bien ce genre de titre propre à DEFTONES, qu’on ne pourrait imaginer provenir d’aucun autre groupe. Même topo pour Cherry Waves, l’une des plus grandes réussites de ce nouvel album, qui incarne à lui seul l’esprit du DEFTONES apaisé. Petite déception avec le plus traditionnel Mein, qui s’inscrit dans la droite lignée d’anciens titre tels que Be Quiet And Drive, et ce malgré la présence de Serj Tankian (SOAD), qui occupe à proprement parler un rôle de figuration sur le refrain, alors même qu’on l’attendait sur un titre plus déjanté… Passons ! Son successeur, l’instrumental (une nouveauté chez DEFTONES) "u, u, d, d, l, r, l, r, a, b, select, start", fera vitre fondre les amoureux de rock industriel. Alors que "Xerces" reste dans le domaine du planant, un peu comme "Cherry Waves", "Rats!Rats!Rats!" envoie la sauce, rapidement relayé par un "Pink Cellphone" étrange au possible. Et puisqu’il fallait finir en beauté, le monumental "Combat", et les plus conventionnels mais tout aussi efficaces "Kimdracula" et "Rivière" mettent fin à cet album dans le plus pur esprit deftonien.

A la fois plus lourd, plus expérimental, plus personnel, plus particulier, plus étrange que d’habitude, cet album ouvre une nouvelle porte aux DEFTONES, leur évitant de sombrer dans la banalité qui les menaçait sur l’album précédent. Les structures se sont complexifiées, les influences sont légion, la musique est devenue plus professionnelle, plus équilibrée, les membres sont enfin sur un pied d’égalité, contribuant, chacun de leur côté, à ériger ce merveilleux monument qu’est Saturday Night Wrist. Comme toujours, certains ne comprendront pas, mais une chose est sûre aujourd’hui, DEFTONES, survolant de manière insolente toute une masse de groupe plus banals les uns que les autres, détient un secret qu’il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir partager… Dans ce nouveau DEFTONES, exemple de modernité, il y a sûrement un peu de l’avenir du metal. Cet album, qui incarne pour moi l’excellence, est bien le meilleur de DEFTONES… L’album de l’année toutes catégories confondues.

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- Abe Cunningham (batterie)
- Chi Cheng (basse)
- Chino Moreno (chant & guitare)
- Frank Delgado (keys & samples)
- Stephen Carpenter (guitare)


1. Hole In The Earth
2. Rapture
3. Beware
4. Cherry Waves
5. Mein
6. U, U, D, D, L, R, L, R, A, B, Select, Start
7. Xerces
8. Rats!rats!rats!
9. Pink Cellphone
10. Combat
11. Kimdracula
12. Rivière



             



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