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MISANTHROPE - Variation On Inductive Theories (1993)
Par POSSOPO le 2 Novembre 2006          Consultée 5004 fois

MISANTHROPE, tout le monde connaît. Il ne s’agit ni plus ni moins que du plus grand représentant du metal encore en réelle activité dans notre pays (abandonnons LOUDBLAST que je considère comme en demi hibernation depuis déjà longtemps). Par grand, je n’entends pas grand-chose de précis et je me garderais bien d’entrer dans de pathétiques explications menant à d’infinis débats électroniques. Admettons simplement qu’en terme de respectabilité, de longévité et de popularité, le groupe possède un statut plus qu’enviable et que son assise sur la scène hexagonale est supérieure à celle de tous les autres. N’allons pas jusqu’à dire que MISANTHROPE fait l’unanimité, certainement pas, son chef d’orchestre encore moins. Mais enfin, voilà, MISANTHROPE, tout le monde connaît…et Variations On Inductive Theories, bah, non à peu près personne, enfin très peu. Et pour cause, la distribution de ce tout premier album n’a jamais été réellement suffisante. Et pour conséquence, Nightfall ne s’intéresse qu’aujourd’hui à ce disque alors que ses successeurs ont tous été décortiqués par la plume d’untel ou untel depuis lurette.

Aussi original soit-il, et j’y reviendrais, Variations On Inductive Theories trempe à fond dans son époque. Celle de la grande dépression du death metal cherchant à échapper à la mort par l’originalité, celle des premières années chatoyantes d’un doom à l’anglaise fortement teinté de death. Car loin d’empiéter sur les plates-bandes de PARADISE LOST ou MY DYING BRIDE, MISANTHROPE peut être platement jugée comme une formation de death metal (quelques vocaux caverneux, des guitares lourdes et sombrement accordées) au tempo irrégulier, donc parfois ralenti, et jouant la carte, bien que partielle, de la mélancolie. Et ils sont aussi nombreux qu’encore tout à fait méconnus, à cette époque, les artistes à quitter les méandres du death metal pour picorer un peu partout et se chercher ainsi une nouvelle niche aussi douillette mais moins encombrée. Mais cela est pire que réducteur, presque insultant. MISANTHROPE picore dans de nombreuses directions, c’est évident, mais pour aboutir à une digestion aussi compacte que naturelle.

La voix changeante de Philippe de L’Argilière inonde la galette d’une atmosphère décadente et littéraire. Climat original, baroque, bohème, pédant et capricieux servi par une pochette évocatrice…et par une musique ne sachant jamais tout à fait se poser, symphonie à l’humeur inconstante, jouissant de son propre désordre lascif et vaniteux. MISANTHROPE fait déjà état de la plus grande immodestie. L’indécence sonore ne lui fait pas peur, il la savoure. Grâce à Dieu, l’ambition est ici soutenue par la technique irréprochable de musiciens à la précision vicieuse. Car comment faire cohabiter ces derniers lambeaux death, nostalgie d’une époque révolue, avec une basse à la volubilité immorale, des claviers, certes timides, mais qui ne demandent qu’à laisser exprimer leur goût du grandiloquent, d’infinies ruptures rythmiques et mélodiques propres à perdre l’auditoire et des élucubrations poudrées aux manières affectées, symbole avant tout du raffinement sophistiqué d’un artiste qui mise sur une vaniteuse unicité? Le décor est planté, immuable. MISANTHROPE ne se départira jamais de son discours supérieur.

Fort heureusement, si le groupe en agace beaucoup, Variations On Inductive Theories saura peut-être en réconcilier certains avec une musique qui, à l’époque, conservait un relent d’amateurisme terriblement sympathique, adjectif pour le moins étonnant pour qualifier l’artiste. Les racines death encore présentes, ce fourmillement d’idées adolescentes (la discrète utilisation pour le moins inattendue de quelques notes de Полюшко Поле, classique du folklore russe et la conclusion du disque au saxophone n’en sont que les exemples les plus surprenants), les délires d’un Jean-Jacques Moréac déjà immense et omniprésent…Oublions les dernières productions aseptisées et la maîtrise trop parfaite des opus de milieu de carrière et sachons apprécier un orchestre encore immature et au talent bouillonnant.

Il me paraît essentiel d’ajouter qu’à l’inverse de certains combos aux premiers essais méconnaissables, MISANTHROPE est ici MISANTHROPE, celui de Libertines Humiliations comme de Metal Hurlant, immédiatement identifiable même si forcément différent…et sacrément réjouissant, car multiple, essayant tout et parfois n’importe quoi, mais jamais totalement n’importe comment.

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