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POST-GRUNGE  |  STUDIO

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THREE DAYS GRACE - One-x (2006)
Par BAAZBAAZ le 31 Juillet 2006          Consultée 6958 fois

Des tubes, des tubes monstrueux à la pelle, des refrains énormes lâchés l'un après l'autre comme des obus, jusqu'à l'épuisement : ce disque est à consommer sur place, sans attendre. Comme une vodka glacée sous la canicule. Ce n'est pas une œuvre subtile à découvrir peu à peu et à apprécier un peu plus à chaque écoute. Ce n'est pas l'une de ces montagnes sonores complexes et denses dont les discrets joyaux seraient à découvrir doucement, patiemment. Non, ce disque est fulgurant : il plaît à la première seconde. Une chanson, une autre, la suivante. Chaque fois un tube, chaque fois un couplet, un refrain, et on continue. Peu d'originalité, pas besoin. Peu d'inventivité. Pour quoi faire ? Seul compte le plaisir instantané, la futilité radicale de compositions qui n'ont pas d'autre but que de nourrir l'immense satisfaction – directe et éphémère – de celui qui les écoute.

La plus belle cargaison de hits depuis … allez, Slippery When Wet de BON JOVI. C'est-à-dire des chansons simples, voire simplistes. Sans prétention artistique. Sans véritable tentative pour rendre plus intelligents les fondements bruts et primaires du rock. Tout ça sera fini dans un ou deux mois. Ce disque n'ira pas plus loin que l'été. Après une petite dizaine d'écoutes, il est déjà pesé et emballé. Mais c'est précisément dans l'intervalle que tout se joue. Dans ce court laps de temps pendant lequel les tubes extravertis et fiers qui composent cet album donnent tout ce qu'ils ont, toute leur efficacité, leur puissance consumériste : là réside l'art jubilatoire et enivrant de s'envoyer une série de petites perles post-grunge terriblement mélodiques et heavy qui renvoient d'une pichenette NICKELBACK dans les cordes et STAIND au bac à sable.

THREE DAYS GRACE est un groupe canadien qui existe depuis 1997, et One-X est son deuxième album. Voilà pour la petite histoire, et maintenant l'essentiel : les tubes. D'un classicisme éhonté. Les ancêtres – PEARL JAM, ALICE IN CHAINS, et certainement CREED et TOOL – ont été bien digérés et assimilés. Il n'en reste pas grand-chose, tant les compositions du groupe sont d'abord obsédées par une terrible instantanéité, presque minimaliste. Mais ça et là, on reconnaît sans peine quelques allusions sonores à la grande famille grunge. A la manière de NICKELBACK, sans doute. Mais alors un NICKELBACK qui ne débrancherait jamais les guitares, qui ne se noierait pas dans sa propre soupe simili-unplugged, et surtout qui n'aurait pas perdu sa capacité à écrire des hits. THREE DAYS GRACE, c'est une sorte de NICKELBACK plus constant dans l'écriture, et moins prétentieux aussi.

On retient d'abord les refrains, gigantesques, surdimensionnés, appuyés sans finesse – ce n'est pas le but du jeu – par une production en or massif : aucune originalité, et époustouflant quand même. Pour peu qu'on accepte de se laisser entraîner par le chant rocailleux, il n'y a aucune parade. Sur « On My Own » ou « Over and Over » (on remarque au passage la merveilleuse simplicité rythmique des titres), c'est du pur délire. L'atmosphère est littéralement envahie par une musique obstinément et exclusivement fondée sur l'ivresse hystérique et l'enthousiasme le plus basique et le plus béat. Un peu de DISTURBED, un soupçon de néo-punk – si léger – et on est déjà accroc. Il en faut encore : « Pain », qui se chante à tue-tête, en hurlant, ou la bombe qui explose vers la fin, pour achever les derniers survivants, « Time of Dying », à tomber par terre.

Sans négliger les riffs ravageurs et sauvages que le groupe dégaine à chaque coin du disque. Avec « Riot », ou avec « Animal I Have Become », on révise les fondamentaux du genre. Au beau milieu trône la pièce épique, plus torturées, plus complexe – merci TOOL – même si tout est relatif : « Get Out Alive » surprend brièvement par sa montée en puissance, sa soudaine incartade heavy et son ambiance plus sombre. Un petit hymne. Mais THREE DAYS GRACE, la plupart du temps, ne fait pas dans la dentelle. Pas de place ici pour les retombées anémiques dont le post-grunge s'est fait une spécialité. Même la ballade « Never Too Late », écoutable mais dispensable, garde ce côté un peu braillard et vulgaire, ou disons fier-à-bras et mal dégrossi, qui caractérise la musique du groupe. C'est du lourd, du calibré. Ils cherchent le hit, et ça se sent.

Sur une bonne moitié du disque, ils le trouvent d'ailleurs sans problème. On tient là plus d'une demi-douzaine de rengaines potentielles, qui pourraient tourner en boucle tout l'été sur MTV et autres. Avec une durée de vie forcément limitée. C'est ce qui fait la force du disque, mais on peut aussi trouver ça dommage, tant on sent que le groupe possède un sens inné de l'efficacité et qu'il pourrait l'exploiter dans des compositions plus pérennes. Pour l'instant le plaisir est total, mais l'ennui guette, la prise de tête aussi. Des chansons construites quasiment autour du seul refrain – NICKELBACK, encore – peuvent aussi bien provoquer à long terme un rejet assez violent. Comme un litre crème anglaise qu'on ingurgiterait jusqu'à la dernière goutte, avec l'impossibilité ensuite d'en revoir ne serait-ce qu'en photo pendant les dix années qui suivent.

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   (2 chroniques)



- Adam Gontier (chant, guitare)
- Barry Stock (guitare)
- Brad Walst (basse)
- Neil Sanderson (batterie)


1. It's All Over
2. Pain
3. Animal I Have Become
4. Never Too Late
5. On My Own
6. Riot
7. Get Out Alive
8. Let It Die
9. Over And Over
10. Time Of Dying
11. Gone Forever
12. One-x



             



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