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METALCORE  |  STUDIO

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- Style : Bullet For My Valentine

ATREYU - A Death Grip On Yesterday (2006)
Par BAAZBAAZ le 25 Avril 2006          Consultée 3488 fois

Aujourd’hui il y a deux façons d’évaluer un disque de metalcore. La première consiste à se demander s’il est original, s’il apporte quelque chose de neuf, et pas seulement une copie brouillonne de ce que l’Europe connaît depuis déjà longtemps sous le nom de death mélodique. Et dans ce cas, la critique ne peut pas être positive. Que les américains se passionnent pour un style inventé loin de chez eux, et qu’ils s’échinent à en reproduire les codes, tant mieux. C’est assez flatteur : Dark Tranquillity, qui est sans doute le groupe le plus pompé outre-atlantique, est l’une des meilleures choses qui soit arrivée au métal – et à la musique – ces dernières années. Mais enfin, on commence à en faire le tour. Les vocaux hurlés, rauques ou criards, associés à des petits riffs heavy, entraînants et pleins d’emphase, on connaît. Depuis l’inégalable The Damage Done, tout a été dit. Alors que là-bas, notamment en Californie, on en remette une couche, ce n’est pas forcément la chose la plus excitante du moment. D’autant plus que le seul apport notable, devenu presque un cliché, est ce chant clair et ces lignes mélodiques piqués à l’emo. En gros : Dark Tranquillity + Good Charlotte (ou Simple Plan ?) = Atreyu.

Et là, chacun peut déjà choisir son camp. Mais il faut savoir que le « core» de metalcore ne renvoie plus trop à une réalité bien définie. A la base, il s’agissait de mélanger le death mélodique européen et le hardcore, avec ses sonorités abrasives, ses rythmes en dent de scie et ses thèmes plus sociaux ou politiques. Mais tout ça – et Atreyu le prouve –, a été rattrapé par le marché, par la mode, par les recettes faciles. Et ce qui était à l’origine une sorte d’expérimentation intéressante est devenu un genre ultra-codifié et répétitif dont le seul avantage est de fournir aux camés du death mélodique des tonnes de groupes à écouter alors même que la scène européenne a presque disparu. Entendre aujourd’hui Atreyu, Darkest Hour ou Bullet for My Valentine, c’est s’offrir un petit retour en arrière dans le temps, et juste se faire plaisir. Et c’est sans doute la meilleure façon d’écouter un disque de metalcore : laisser de côté les exigences artistiques – introuvables – et simplement se demander si la musique proposée est au moins efficace, sinon jouissive. C’est une forme de défaite ou de démission : la critique devrait être plus dure. Mais comme on ne peut pas passer son temps à casser des disques, on va juste considérer que A Death Grip on Yesterday est assez bon. Mais dans les limites d’un genre déjà épuisé et vidé.

Quelques écoutes suffisent déjà pour comprendre qu’Atreyu, en plus du death « Göteborg», vient de découvrir Iron Maiden : « Our Sick Story », peut-être le meilleur morceau du disque, révèle un groupe au top de sa forme et capable de faire le grand écart entre deux mondes métalliques lointains. Une intro heavy de bonne facture, des couplets emballés sur la voix torturée de Varkatzas, avant que le second chanteur (Saller, le batteur) ne prenne le relais en voix claire – correcte – avec un refrain finalement très pop. Et au milieu de tout cela, des gentils riffs piqués à la vierge de fer, histoire de donner un frisson d’exotisme au consommateur américain lambda. Parfois, on entend même un solo de guitare – cette étrange pratique que le grunge et le néo avaient peu à peu enterrée : avec de vraies réussites, comme sur « Ex’s and Oh’s», autre bonne chanson plombée comme souvent par la banalité et le manque d’inspiration de passages emo un peu mièvres ou trop convenus. Quand on écoute du metalcore, en effet, il faut se méfier du refrain : c’est là que la voix claire peut déraper, que l’enthousiasme des morceaux, qui démarrent immanquablement sur les chapeaux de roue, peut s’éteindre en quelques secondes.

Alors du bon côté de la balance, il y a aussi la power ballade, très clinquante avec ses petits chœurs, où les deux voix font des merveilles. Et c’est bien quand l’alternance des vocaux trouve son équilibre – entre agressivité death et amabilité emo –, comme avec « My Fork in the Road», qu’Atreyu cartonne : grosse intro, gros couplets, gros refrain, de la fureur, des jolis sentiments et quelques larmes, une belle efficacité qui rappelle que le death mélodique a été une trouvaille géniale. Le groupe ne fait que quelques faux pas, à l’image de « Shameful» ou encore de « Your Private War », l’un trop classique, l’autre un peu pataud. Mais lorsque le plaisir est un peu moins fort, alors désolé : on est forcé de se souvenir que tout ça a déjà été fait ailleurs, et souvent mieux. Bien sûr, dans le genre, le disque est presque parfait, mais le problème est ailleurs. Peu d’originalité, peu d’ambition, une gestion à courte vue d’un style qui rapporte, mais pour peu de temps encore. Ne pas bouder son plaisir, c’est l’écouter intensément, à fond, et en profiter. Ne pas se faire avoir, c’est se souvenir que le metal américain entre régulièrement en putréfaction par excès d’auto-parodie.

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   BAAZBAAZ

 
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- Alex Varkatzas (chant)
- Brandon Saller (batterie, chant)
- Dan Jacobs (guitare)
- Travis Miguel (guitare)
- Mark Mcknight (basse)


- A Death Grip On Yesterday
1. Creature
2. Shameful
3. Our Sick Story (thus Far)
4. The Theft
5. We Stand Up
6. Ex's And Oh's
7. Your Private War
8. My Fork In The Road (your Knife In My Back)
9. Untitled Finale



             



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