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PRONG - Rude Awakening (1996)
Par POSSOPO le 23 Juillet 2004          Consultée 6299 fois

Alors que Phil Anselmo compte méticuleusement les dollars accumulés ces dernières années au bord de sa piscine en forme de guitare ou de phallus (les deux sont possibles vu le bon goût légendaire de l’énergumène), Tommy Victor continue de jouer avec ces capsules de bière dans son studio kitchenette new-yorkais. Tandis que les deux frangins Dimebag Darrell et Vinnie Paul tripotent les fesses d’actrices de x siliconées, le leader de PRONG s’astique le poireau en matant une vulgaire chaîne à péage sur sa vieille télé vingt-sept centimètres. Quand Rex Brown va s’acheter une nouvelle Harley rutilante pour étoffer sa collection déjà enviable, l’ancienne femme de ménage du CBGB’s part revendre ses cinquante premiers numéros de Picsou Magazine afin de récolter de quoi payer le loyer dont l’échéance approche irrémédiablement.
Vous trouvez que la vie est injuste ?

"Cleansing", sorti à la même époque que le honteusement multi platinisé "Far Beyond Driven", était déjà nettement plus fin que son contemporain mais 1996 voit PANTERA nous proposer un "The Great Southern Trendkill" claudicant entre ambiances mal assumées venues du bayou et brutalité texane ne menant à rien, et PRONG offrir un petit bijou de Metal intelligent. Comme l’histoire se répète toujours, le premier se vendra par cagettes et presque personne ne daignera même poser une simple oreille sur le second.
Tout cela est fort dommage et constitue une nouvelle preuve, s’il en fallait encore, que musique et business font un ménage turbulent.

"Rude Awakening" est riche des atouts que PRONG nous a déjà montrés dans le passé, c’est-à-dire ce son de guitare froid et ces rythmes hachés qui n’ont apparemment pas convaincu les foules leur préférant un bourinage plus consensuel. Mais c’est cet extraordinaire groove qui propulse l’album vers les sommets ("Caprice", "Face Value" et "Innocence Gone" étant parmi les plus contaminés). Tommy Victor et ses deux acolytes vous invitent à une danse infernale qui vous prendra aux tripes et dévoilent enfin sans pudeur aucune leur amour immodéré pour KILLING JOKE. Le groupe parle lui-même de vibration "technocore" pour évoquer ce nouveau style de composition. Pourquoi pas ?

Il est impossible de passer outre la collaboration de Charlie Clouser qui est pour beaucoup dans cette nouvelle couche ajoutée à une musique déjà brillante. L’incorporation de samples du batteur et programmeur de NINE INCH NAILS donne une dimension nouvelle à la musique de PRONG, qui gagne en volume et en densité.

Terry Date, producteur de…hmm, PANTERA mais aussi WHITE ZOMBIE, a parfaitement su étoffer le son autrefois rugueux du trio. Ces fameux samples remplissent idéalement l’espace sonore et les lignes de basse vrombissantes de Paul Raven sont parfaitement mises en valeur. La voix du leader est plus apaisée qu’autrefois et se fond merveilleusement dans cet ensemble aux contours plus harmonieux qu’auparavant.
Un bon exemple de cette évolution au niveau du son est "Mansruin", dernier rescapé d’un passé plus typiquement Metal, qui lui aussi sonne simplement mieux que les titres de "Cleansing", par exemple.

En se faisant moins âpre mais sans se départir de cet aspect clinique et sévère qui fait tout son charme, PRONG a tout GAGNÉ artistiquement sauf une reconnaissance du public pourtant plus que méritée. Pendant que les avinés du Texas continuent à se pisser dessus, à ruiner les palaces du monde entier et à filmer tout ça pour le plus grand bonheur de leur fans abêtis, Tommy Victor, Ted Parsons et Paul Raven se sépareront peu après l’enregistrement de "Rude Awakening", certainement las d’attendre que la chance VEUILLE enfin leur sourire.
La vie est décidément trop injuste.

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- Tommy Victor (chant & guitare)
- Ted Parsons (batterie)
- Paul Vincent Raven (basse)
- Charlie Clouser (claviers & programmation)


1. Controller
2. Caprice
3. Rude Awakening
4. Unfortunately
5. Face Value
6. Avenue Of The Finest
7. Slicing
8. Without Hope
9. Mansruin
10. Innocence Gone
11. Dark Signs
12. Close The Door
13. Proud Division



             



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